JerichoFr Forum

Les forums francophones du site JerichoFr.net - Accéder au Chat

Vous n'êtes pas identifié.



#51 27-03-2008 14:38:24

irajonas
Rédacteur
Lieu: Meyrargues (13)
Date d'inscription: 09-04-2007
Messages: 229
Site web

Re: Acte 2 : Terre Sans Nom

Part 35: Je suis un soldat
Jonas
78 jours après les bombes   
15h40

  Il y avait l’impact de la balle entre mes pieds, au sol, fumant encore. Je regardai le tireur fixement, sous le choc. J’avais à peine entendu le hurlement de Cynthia.
« - C’est un avertissement. Si je vous reprends encore une fois en train de foutre la merde, je tirerai plus haut, m’adressa le garde en rangeant son flingue. »
  Les deux autres me jetèrent alors à terre, la tête dans le sable. Je toussai, manquant d’avaler du sable… ou de la poussière, peu importe. Cynthia m’aida à me relever, alors que les gardes aidaient l’homme à se relever.
« - Pas d’esbroufe, hein ? me fit Cynthia. »
  Je crachai du sable, puis la regardai.
« - Merci, me fit-elle. Mais tu aurais pas du le…
- Il s’en souviendra, la coupai-je.
- N’empêche, tu n’aurais pas dû… »
  Je ne répondis pas. Je me relevai, me massai l’épaule.
« - Où tu vas ? me demanda Cynthia.
- Au camion. La radio. J’ai un contact qui pourra m’éclaircir, au moins un peu. »

16h
  Dans le camion, je bidouillai la radio.
« - This is Jonas Aminati from France, is there anyone ? appelai-je. »
  J’attendis une réponse. Elle fut longue à arriver, alors que les autres m’entouraient. Je les regardai, rapidement.
« - C’est pas la même heure, là-bas, me fit Marine. Il est probablement pas devant sa radio.
- De qui vous parler ? demanda Patrice. »
  Victor leur expliqua, rapidement, qui était mon contact aux Etats-Unis. Patrice soupira.
« - Bordel, Jonas… commença-t-il.
- Robert Hawkins. I told you to wait for a secured line.
- I know, and you’re not giving me orders until I decide to obey, répondis-je sèchement. Look, things are moving pretty fast in here. I need some informations.
- Are you THAT naïve? S’exclama-t-il. How could you be sure I’m a reliable contact? And how can I be sure YOU are a reliable contact?
- I guess there’s no other way that telling each other things we’re both supposed to know.
- You’re taking me for a fool.
- New-York and Columbus are the only cities who made it on your territory. Both Helsinki and Marseille did, I don’t know for the rest of the world. It’s been organized by groups of terrorist cells with no other common purpose but taking over your country. And I just discovered that somebody else is responsible for what happened to the rest of the world.
- Wow, wow wow, are you fucking stupid?
- Maybe… probably. But it’s the only way to start a trust circle. »
  Il y eut un silence.
« - You’re taking risks, Mr Aminati.
- Yeah, I know. And I need you to tell me what you know about a company called Jennings&Rall.
- If you do want my help, I’ll have to ask you a favour. To see if you’re reliable.
- Come one, what the…
- Will you do it? Me demanda-t-il. »
  J’expliquai à Cynthia que Hawkins essayait de prouver que j’étais digne de confiance. Elle m’encouragea, ainsi que les autres, à accepter.
« - What do you want from me ? »
  Il m’expliqua qu’il communiquait par cryptographie avec un contact du nom de Bobby Lazarus, lié à la survie de New-York. Il me confia le message codé à lui transmettre, et que, quand Bobby Lazarus aura reçu le message vocal, Hawkns lui communiquera une ligne sécurisée. Une idée me vint.
« - I’ve found a laptop. »

17h
« - Montvalant, on a de l’essence. Pas autant de cuivre et de céramique que l’on voudrait, mais on a tous les dispositifs qu’on recherchait, annonça Marine. On peut partir.
- Je pourrai regarder les dispositifs et essayer de redessiner leurs plans, rajouta Patrice. Ca pourrait nous prendre du temps, mais si vous voulez reconstruire votre ville, je vous aiderai.
- Vous êtes prêt à abandonner Jiaire ? lui demanda Montvalant.
- Ce qu’il se passe à Jiaire, c’est pas ce qu’il devrait se passer. On repasse là-bas pour leur prouver votre bonne foi, puis on se casse tous pour Beauréveil.
- Dans l’immédiat, on a un problème plus important à résoudre : retrouver Bermuda, annonçai-je.
- On n’a pas eu de nouvelles, et les militaires doivent se douter qu’on va s’inquiéter, ajouta Victor.
- Heureusement pour nous, ils nous prennent pour des citoyens, des survivants, mais pas pour des combattants. Ca nous laisse l’effet de surprise, et un plan à mettre en œuvre, ajoutai-je. »
  J’étais sûr de moi, et cela ne me ressemblait pas. Une nouvelle fois : Légion refaisait surface.
« - On doit leur montrer qu’on leur fait confiance, même si c’est faux. On range tout, on fait comme si on allait partir. On passe devant les militaires postés aux environs, on leur pose la question d’où se trouve Bermuda. Ils nous répondront un bobard, et il faudra faire comme si on les croyait. Puis on va se casser avant 21h.
- Pourquoi ? me demanda Cynthia. Attends… le couvre-feu ?
- Au couvre-feu, toutes les troupes se rassemblent aux murs de Barricade. C’est là seulement qu’on pourra retrouver Bermuda sans prendre le risque d’être surpris par des troupes supplémentaires.
- Tu parais confiant, Jonas, mais il y a un truc que tu oublies : Bermuda est peut-être absent pour de bonnes raisons, me signala Marine.
- Si c’est le cas, on le comprendra en posant la question aux militaires. Bermuda nous connaît, il sait comment on réagit. Il sait que, si il ne nous dit pas de lui-même qu’il reste avec eux, on ne les croira pas.
- Et une fois qu’on aura infiltré leurs troupes, on fait quoi ? demanda Patrice.
- Pas toi. Toi, je veux que tu restes au Camion. Quelqu’un doit veiller sur Marine et Cynthia.
- Quoi ? s’exclamèrent Marine, Cynthia et Patrice d’une même voix.
- Montvalant est un bon tireur, et Victor connaît beaucoup de gens à Barricade. Je ne veux pas que nous soyons trop nombreux sur le terrain, sinon, nous courrons tous à notre perte.
- Je ne suis pas d’accord, protesta Cynthia.
- Il a raison, fit Marine. Finalement… si on est trop nombreux, on va s’handicaper. »
  Elle murmura à l’oreille de Cynthia.
« - Fais lui confiance. On dirait pas, mais il sait ce qu’il fait. »
  Je fis mine de ne pas avoir entendu.
« - Une fois dans le campement, Montvalant, Victor, vous suivez mes ordres à la lettre. C’est une mission de sauvetage, je ne veux ni de blessés, ni de morts. Ni chez nous, ni chez eux.
- OK, général, fit Victor. »
  Je frissonnai désagréablement. Légion prenait poids en moi et commençait à prendre la grosse tête. Et, finalement, une partie de moi accepta quelque chose qui me répugnait jusqu’alors :
  Je suis un soldat.
****

I'J'


Nuts !

Hors ligne

 

#52 02-04-2008 03:09:34

irajonas
Rédacteur
Lieu: Meyrargues (13)
Date d'inscription: 09-04-2007
Messages: 229
Site web

Re: Acte 2 : Terre Sans Nom

Part 36: La radio
Jonas
78 jours après les bombes   
18h50

  D’après les soldats à qui je l’avais demandé, Bermuda avait décidé de les suivre au « Quartier Général ». C’est là que nous avions compris, définitivement, que quelque chose ne tournait pas rond avec cette faction militaire, quelle qu’elle soit.
  Au Camion, un peu à l’horizon de Barricade, Montvalant sortit une carte.
« - Barricade est circulaire, donc il y a des chances pour que les hommes soient déployés tout autour de la ville. Il y a une route plus loin à l’est, qui passe derrière le village de Bordrière. Victor m’a dit que ce village était désert, vous pourrez nous attendre là en sécurité. C’est à peu près à seize kilomètres de Barricade.
- J’imagine qu’on utilisera le Hummer des Ravenwood pour rejoindre le Camion le plus rapidement possible, en cas de problème, ajoutai-je. Mais il faudra quand même le cacher.
- Bordrière est assez isolé pour mettre le Camion et les autres hors de danger, mais on pourra cacher le Hummer sur une route un peu plus au nord. »
  Montvalant me montra la situation de la route.
« - Patrice, Marine, Cynthia, vous allez vous diriger vers Bordrière et vous allez attendre la nuit là-bas. Je fais confiance à Marine pour assurer votre sécurité. Si demain, à la première heure, nous ne sommes pas revenus, vous ne nous attendez pas. »
  Marine s’approcha et vint me toucher deux mots.
« - Je vais sûrement regretter de poser cette question, mais tu es sûr de ce que tu fais ? me demanda-t-elle.
- Comme d’habitude, Marine. Je n’en suis pas sûr. Je me contente simplement de faire…
- Ce que tu crois devoir faire. Je sais. Je te connais, Jonas. »
  Elle se tut. Je souris, nerveusement.
« - Pas de remontrances, tu me dis pas de pas faire le con ? demandai-je.
- Ca va, me cherche pas ! fit-elle en souriant. »
  Mais elle perdit son sourire tout de suite.
« - Je reviendrai. Je reviens toujours, lui intimai-je. »
  Elle me prit dans ses bras. Je la serrai contre moi.
« - Tu as intérêt à revenir. »
  Patrice, Cynthia et Marine montèrent dans le camion. Victor, Montvalant et moi le regardâmes partir.  Puis, quand le camion disparut, nous nous regardâmes.
« - On commence par quoi ? demanda Victor.
- Par les combi des Ravenwood, répondis-je. »

20h
  Les uniformes des Ravenwood disposaient de protection pare-balles. Bien qu’elles ne soient pas d’une discrétion optimale, elles passaient suffisamment inaperçues pour que nous n’en soyons pas handicapés.
  Une fois le Hummer planqué, nous marchâmes, en discrétion, vers Barricade. Montvalant se servit d’un viseur de sniper trouvé dans le Hummer comme d’une longue-vue pour observer la faction militaire déployée autour de la ville.
  Il nous avait fallu près d’une heure pour isoler différents repères.
« - Il y a un camion qui reste en stand-by à l’ouest, m’informa Victor. C’est le seul qui n’a pas changé de position, il y a de chance pour que ça soit là que se trouve Bermuda. D’autant plus que la sécurité est très forte autour du camion.
- Ca veut dire qu’il nous faut une diversion, ajoutai-je. Quelqu’un a une idée ? »
  Silence gêné. Non mais, sans déconner, ils pensaient que j’avais tout prévu de A à Z ?
« - Les gardes de Barricade laissent leur radio allumée sur un certain canal, dit Victor. Je peux les prévenir par radio pour leur demander un service. Ils m’en doivent une.
- Pourquoi ? demandai-je.
- C’est pas le moment, me coupa Montvalant. Vous comptez utiliser les talkies-walkies des Ravenwood pour émettre sur leur canal ?
- Non, ça ne marcherait pas. Le canal est sécurisé. Il faudrait une radio plus sophistiquée, comme celle qu’ont ces soldats.
- Curieusement, j’avais peur que tu répondes ça, grognai-je. »

20h13
  Mon visage était reconnu depuis que j’avais défendu Cynthia contre l’autre con à Barricade, et d’autant plus que j’étais celui qui avait demandé où se trouvait le Caporal Bermuda. C’était Montvalant qui s’était infiltré dans les lignes. Avec Victor, on attendait patiemment le retour de Montvalant, retranchés en bord d’une route, dans un champ.
« - On aurait dû y aller avec lui, grognai-je.
- Tu te serais fait choper, me lança Victor. »
  Je grimaçai.
« - Ouais. »
  Montvalant arriva alors en courant.
« - Ok, on a une embrouille les gars, ils se sont aperçus de ma présence et ils ont renforcé la sécurité. Victor, si vous avez un coup de fil à passer, faites vite. »
  Montvalant nous rejoint dans notre pauvre trou retranché lamentable, et il donna la radio à Victor. Il bidouilla les commandes, tentant de retrouver une fréquence précise. Le temps commençait à nous manquer quand j’entendis, au loin, des bruits de moteur et de voix.
« - Victor… prévins-je.
- Ouais, je cherche la fréquence, fit-il, nerveux. »
  Il bidouilla de manière nerveuse.
« - Lecoeur pour Barricade, vous me recevez ?
- Barricade pour Lecoeur, fit une voix féminine dans la radio. T’étais pas sensé être déjà reparti pour le sud ?
- Sarah, j’ai besoin d’un coup de main. Il me faut une diversion au nord-est, sur la route qui repart pour Sangrevant.
- Victor, qu’est-ce que tu mijotes encore ?
- C’est comme la première fois que je suis venu, Sarah. J’ai besoin d’une diversion, est-ce que tu peux m’arranger ça ?
- C’est bien parce qu’on te le doit, Victor. Je vais contacter Henri, donne moi dix minutes.
- J’ai pas plus de trois minutes, Sarah. Fais avec. Over. »
  Je regardai Victor, haussant un sourcil.
« - Lecoeur ? répétai-je.
- La traduction en français de mon nom de famille, me répondit-il.
- Ok… grommelai-je. J’espère vraiment que ça va être efficace. »
  Je regardai la route, en tentant de rester en retrait. Il n’y avait qu’un pick-up qui s’approchait, avec cinq hommes à l’arrière.
« - Pas d’entourloupe, Jonas, me prévint Victor alors que je pensais à un moyen de les mettre hors d’état de nuire. On doit pas les énerver. »
  J’eus envie de protester, mais agréai. Le pick-up passa quasiment juste au dessus de nos têtes, alors que nous nous glissions au sol, dans les herbes hautes. Et le pick-up s’arrêta au dessus de nos têtes. Mon sang fit un tour violent et remonta douloureusement mon échine. Je lis sur les lèvres de Montvalant :
« - On a un problème. »
****

I'J'


Nuts !

Hors ligne

 

#53 04-04-2008 01:50:43

irajonas
Rédacteur
Lieu: Meyrargues (13)
Date d'inscription: 09-04-2007
Messages: 229
Site web

Re: Acte 2 : Terre Sans Nom

Part 37: Andrea
Jonas
78 jours après les bombes   
20h17

« - Retrouvez-moi l’enfoiré qui nous a chipé cette radio !
- C’est qu’un vol, fit un autre.
- Il nous l’a volée, c’est pour une bonne raison ! Trouvez-le, c’est un ordre ! »
  J’entendis les hommes se disperser. D’une seconde à l’autre, ils allaient…
« - Monsieur ! Monsieur ! hurla l’un des hommes. J’ai le quart nord en radio, ils signalent qu’un camion a franchi la ligne en défonçant les barrages.
- Alors éteignez-moi cette radio, hurla celui qui devait être le chef de troupe, et foncez vers le quart nord ! »
  Je les entendis se rassembler à proximité du pick-up.
« - Pourquoi éteindre ?
- Parce qu’ils ont volé une radio, ils entendent toutes les conversations radios. Ils peuvent anticiper nos manœuvres, alors BOUGEZ-VOUS ! »
  Le pick-up reprit sa route, fit demi-tour, et regagna leur campement.
« - Ils se dirigent vers le nord. Avec un peu de chance, la sécurité va être affaibli aux environs de Bermuda, signala Victor.
- On y va, fit Montvalant. »

  Par l’ouest, nous pénétrâmes dans l’ombre dans le camp, nous faufilant là où personne ne pouvait nous voir. Le silence n’était pas de rigueur, du fait de la grande masse bruyante des soldats. Et heureusement, car nous n’avancions qu’avec peu de discrétion. Mon exercice d’infiltration à Ventabren n’avait pas été de la même envergure que l’improvisation de ce soir. D’autant que nous étions trois.
  Nous arrivâmes rapidement vers le camion où étaient postés les gardes que nous avions repérés, sans pour autant parvenir à s’en rapprocher sans prendre le risque de se faire tirer à vue.
  Nous étions derrière une tente à proximité du camion.
« - On se fait repérer si on passe directement, signala Montvalant. Il y a des gardes des deux côtés du camion.
- Comment on fait notre compte ? demanda Victor.
- Les tours de garde. Il y a forcément des tours de garde. On peut essayer de miser là-dessus, ou…
- … Sur les anti-inflammatoires, pourvu que vous cessiez de forcer sur votre épaule ! fit une voix féminine à travers la toile de la tente. »
  Une voix qui m’était familière, mais sur laquelle je n’arrivais pas à mettre de nom.
  Je fis signe aux autres de ne pas faire de bruit, et je pris le risque. Je fis le tour de la tente, non sans entendre Montvalant murmurai avec colère :
« - Aminati ! »
  Et quand j’entrais dans la tente.
« - Sacré nom d’une sainte merde ! »

Katia
78 jours après les bombes
20h20

  Finalement, tout se passait bien avec Théo.
  Si je m’en préoccupais, c’était pour Jonas. Il avait passé tellement de temps hanté par son célibat constant, à l’époque où tout était normal, qu’une partie de moi voulait s’assurer qu’il ne souffrirait pas. Alors, oui, Théo lui tenait toujours rigueur de lui avoir volé Malory et de lui avoir tiré dans la main. Mais, parallèlement, il ne cherchait plus à « reprendre » Malory. Elle lui avait clairement dit qu’elle resterait avec Jonas. Ce qui faisait la différence à ses yeux, je l’ignore.
  Je passai à l’hôpital pour un examen de ma jambe.
« - Ca cicatrise bien, ça s’est pas infecté, commenta Malory. Attends-moi là, je dois avoir de quoi calmer la douleur. »
   Elle s’isola. Alice passa alors, regarde Malory passer en courant, puis entra dans la salle où j’attendais.
« - Ta jambe a une sale gueule, commenta-t-elle. »
  Je grimaçai, puis souris.
« - Ca fait longtemps qu’on s’est pas vues, lui dis-je.
- Je m’occupe pas mal des gosses. Si je n’avais pas peur de laisser Céleste de côté, je demanderais à faire partie du service médical. J’étais formée au secourisme, avant les explosions. »
  Je souris sans rien dire. Elle me demanda alors :
« - L’expédition pour Barricade met du temps à revenir. Ils avaient dit deux jours.
- Ca fait deux jours. Ils ont certainement dû prendre des détours, fis-je, confiante.
- Je m’inquiète quand même. On sait comment Jonas fonctionne, à tous les coup, il les a fait plongé la tête la première dans une histoire de fou. »
  Une partie de moi espérait qu’elle avait tort.

Marine
20h20

  Je regardai ma montre. L’heure tournait.
« - Ca commence à faire long, fis-je en frappant contre le camion.
- On les attend encore, m’intima Patrice. Tu sais comment ils fonctionnent ?
- Ils improvisent. Enfin, Jonas improvise. Victor aussi, à sa manière. Et Montvalant, c’est certainement le seul qui sait ce qu’il fait quand il le fait. »
  Cynthia grimaça.
« - Vu comme tu fais confiance à Jonas, on se demanderait vraiment si vous êtes amis.
- J’ai l’impression d’entendre Katia… Je connais Jonas, il improvise parfaitement sur l’urgence. Mais les plans anticipés, il les gère très mal. Et ça, c’est un plan anticipé. »
  La radio grésilla alors.
« - Is there anybody on this frequency ? Is there anyone? Fit une voix feminine. »
Prise au dépourvu, je regardai le camion avec un moment de latence.
«  Is there anybody ? This is Bobby Lazarus from Conrad-Light Wood. Please answer! Aminati!
- This is Marine Elgim, from France. I’m a friend of Jonas Aminati, and…
- Where is he? Demanda-t-il brusquement.
- I don’t know. He’s trying to rescue one of us, I don’t know when he’ll be…
- I don’t know you, I don’t trust you. If you’re a friend of his, tell him I’ve found the dog. He has to contact “who he know” ASAP. Tell him !
- Lazarus ? appelai-je. Lazarus ? »
  Pas de réponse. Je regardai les autres, non sans être perturbée. C’était quoi encore que ce bordel ?

Jonas
20h21

  L’infirmière. Celle qui m’avait vacciné à Barricade. Celle qui doutait de la mauvaise foi de Ravenwood.
« - Vous, ici ? m’exclamai-je.
- Vous, ici ? répéta-t-elle. »
  Le militaire qu’elle soignait se leva et dégaina son arme si vite que je ne l’ai pas vu venir. Je levai les mains brusquement.
« -Wow ! m’exclamai-je.
- Ravenwood ! me cracha-t-il.
- Je suis pas un Ravenwood, répondis-je.
- Lève tes mains !
- Ca va, Laurent, pose ton flingue, lui intima l’infirmière. Je le connais, il est de notre côté.
- De votre côté ? m’étonnai-je. »
  Le dénommé Laurent ne baissa pas son arme.
« - Ok, soupira l’infirmière. Laurent, Monsieur…
- Aminati, marmonnai-je. Jonas Aminati… »
  Je restai les mains en l’air, avec une grimace.
« - Monsieur Aminati, continua l’infirmière, vous vous asseyez, tous les deux, et… Bon dieu, Laurent, POSE CETTE ARME ! »
  Laurent finit par la baissai, et se rassied. Montvalant et Victor arrivèrent alors derrière moi et sortirent leurs armes.
« - Wow, les gars, il a baissé son arme, les stoppai-je, faut qu’on soit réglo.
- Ils ont Bermuda quelque part, on n’a pas de temps à perdre, me signala Montvalant.
- Attendez, attendez… »
  Je me tournai vers l’infirmière.
« - Vous vous appelez comment, en fait ?
- Andrea Merica, me répondit-elle.
- Andrea, on doit retourner dans notre village au plus vite, et notre ami Caporal n’est pas réapparu à la surface. Je sais pas ce qu’il se passe dans ce camp, mais y a des trucs qui collent pas.
- Bon, Monsieur Paranoïa, prenez le temps de m’expliquer exactement ce que vous voulez. »

20h41
  Nous expliquâmes la situation à Andrea. Avec flegme, elle me confia enfin :
« - On a eu du mauvais troc la nuit. Comme la surveillance descend la nuit dans Barricade, des gens essayaient de faire rentrer des armes dans Barricade, et ça coïncidait avec des braquages réguliers.
- Et les militaires, ils sortent d’où ?
- Comme votre Caporal Bermuda. Ils servaient un point de contrôle, mais devant la montée des Ravenwood, et une violence omniprésente sur le territoire, il aurait fallu descendre tous les civils qui se pointaient au poste. Du coup, ils ont zoné de territoire en territoire  Jusqu’à Barricade.
- Ils sont arrivés au bon moment pour assurer la sécurité, termina Andrea. »
  Je hochai la tête.
« - Et vous avez soutenu Ravenwood devant moi ? Alors que vous savez leur…
- Je suis comme vous, me fit-elle. Je sais qui sont les Ravenwood. Je sais ce qu’il se passe en France. Mais, comme vous, je ne dis pas tout, parce que je ne veux pas causer la panique.
- Eh, fit Laurent. »
  Je me tournai vers lui.
« - Vous êtes là pour quoi exactement ? me demanda-t-il.
- Notre ami Adam Bermuda, répondit Victor. Il nous a dit qu’il venait à votre rencontre, et il ne nous a pas donné signe de vie.
- Il doit prendre son temps, proposa Laurent. »
  Montvalant secoua la tête.
« - Le Caporal sait comment on fonctionne. Il sait que, si il ne nous fait pas signe, on débarquera comme ça, affirma-t-il.
- Alors, c’est lui l’agent suspect qu’ils ont mis en garde à vue, murmura Andrea.
- On se calme, on se calme ! m’exclamai-je. »
  La conversation me paraissait aller trop vite, je n’y comprenais plus rien du tout.
« - En gros, vous avez mis Bermuda en garde à vue parce que vous redoutez qu’il soit un faux-agent ?
- On nous a signalé des villages où des gens se sont fait passé pour des militaires pour pousser la population à leur donner des vivres. Vous savez dans quel monde on vit, on ne peut faire confiance à personne. »
  J’en avais ma claque de cette conversation. Non pas que ça m’énervait, mais je perdais patience. Tout ce qu’il s’était produit pendant cette nuit était grotesque.
« - Andrea, Laurent, j’ai besoin que vous nous conduisiez auprès de Bermuda.
- Je n’ai pas l’autorité pour ça, me répondit-elle.
- Moi, je l’ai, fit Laurent. Enfin, pas exactement, mais je peux vous conduire à l’autorité. »
****

I'J'


Nuts !

Hors ligne

 

#54 05-04-2008 00:06:44

irajonas
Rédacteur
Lieu: Meyrargues (13)
Date d'inscription: 09-04-2007
Messages: 229
Site web

Re: Acte 2 : Terre Sans Nom

Part 38: Harry Prahersk
Jonas
78 jours après les bombes   
21h30

  « - Tenez. C’est la radio volée que vous recherchez tant, fit Montvalant en donnant la radio à Laurent. Certains d’entre vous nous recherchent dans la partie nord des environs, mais c’est une diversion. Vous devriez faire envoyer des hommes pour les ramener.
- On a une radio, pour ça, répondit Laurent.
- Ils l’ont coupé. Ils croient qu’on se sert de la radio pour les anticiper.
- De toute façon, je ne suis pas habilité à donner des ordres. »
  Il nous dirigea vers une camionnette grise, dont sortait des bruits de conversations, probablement radio.
« - C’est le Colonel Harry Prahersk.  Quand il nous a dit que le gouvernement était mort, à peu près le tiers de nos hommes ont désertés, mais la majorité d’entre nous est restée sous son commandement.
- C’est quel genre de gars ? demandai-je.
- Le genre qu’il vaut mieux avoir avec vous que contre vous, me répondit simplement Laurent. Mais je ne crois pas qu’il se sentirait en confiance si… si vous entriez tous les trois. »
  Je me tournai vers les autres.
« - Comme d’hab, Jonas ? me demanda Victor. »
  Je le regardai un instant, mais ne répondis pas. Je me tournai vers Andrea.
« - Vous me suivez ? lui demandai-je. »
  Elle secoua la tête soudain, brusquement.
« - Je prends mes distances dans les conflits. J’ai été envoyée par la Croix-Rouge, mais je reste une infirmière. J’ai une obligation de neutralité.
- Ecoutez, vous êtes la seule garantie de ma bonne foi face à Prahersk. Je dois ramener le Caporal Bermuda au plus vite à Beauréveil. Vous pouvez m’aider.
- Je…
- Avant d’entrer, vous devez savoir ce que vous allez dire à Prahersk. Il est intransigeant, si il considère que le motif de votre venue n’est pas valable, il n’hésitera pas à vous expulser de son campement sans crier gare, et vous n’aurez plus aucune chance de revenir chercher votre Caporal. »
  J’acquiesçai, peu confiant. Je me tournai vers Montvalant.
« - Le mieux, c’est que vous jouiez la carte de l’honnêteté. On a pas le beau rôle, dans l’histoire, alors… »
  J’acquiesçai, puis me tournai vers Andrea. Elle accepta de me suivre.
  J’ouvris la porte de la camionnette et montai.

  Le Colonel Prahersk était un homme qui n’avait pas grand-chose d’un Colonel. De petite taille, il était trapu et paraissait capable de mettre ma tête sur orbite d’une seule baffe tellement ses bras étaient musclés. Et il y avait de fortes chances qu’il en soit effectivement capable.
  Il se tourna vers nous avec un moment de réflexion, puis concentra son attention sur sa radio.
« - Terminé, fit-il simplement. »
  Sans se tourner vers moi, mais en repliant une carte sur sa gauche, il me fit :
« - Vous balader avec un uniforme des Ravenwood dans le coin, c’est pas une chose très intelligente.
- Qu’est-ce qui vous fait dire que j’en suis pas un ?
- Votre arme, votre accent, et le fait que Mademoiselle Merica ne soit pas en train de vous cracher à la figure. »
  Je me tournai vers Andrea. Elle haussa simplement les épaules.
« - Colonel Prahersk, cet homme s’appelle Jonas Aminati. Il s’est infiltré dans le camp dans le but de libérer son ami, le Caporal Bermuda, détenu captif.
- C’est exact. Mes amis et moi pensions que vous étiez des mythomanes, continuai-je.
- En arborant l’accoutrement des Ravenwood, vous ne pensez pas que c’est à moi de vous prendre pour un mythomane ? »
  Un peu pris au dépourvu, je lui racontais néanmoins notre parcours depuis Beauréveil jusqu’à Barricade. Le but de notre voyage. Je lui expliquai, rapidement, que je savais que le gouvernement était mort et que je passais une partie de mon temps à me battre pour protéger les survivants de cet état de fait. Que Bermuda était dans mon équipe, qu’il connaissait autant de chose que moi, que nous ne travaillons que dans le but de reconstruire notre village.
« - Il y a plus que votre village à reconstruire. Nous doutions de la bonne foi du Caporal Bermuda, et encore après votre témoignage qui corrobore, les doutes subsistent.
- Même si je me porte garante ? demanda Andrea. »
  Je me retrouvai dans une situation étrange. De toute évidence, André, Prahersk et leurs co-équipiers avaient vécus une bonne partie des derniers jours côte à côte. Il devait s’ensuivre un mode de fonctionnement de confiance du même type que Bermuda et moi. Ou Katia et Descordes. Ou Marine et Owardy. Ils partagèrent un regard lourd. Je sentais soudain que la suite des évènements allait se jouer sur le jugement d’un homme.
  Il me regarda. Jaugea mon attitude, mon accoutrement. Ma façon d’être, la façon dont j’avais parlé, les mots que j’avais choisi, mon argumentation, mon honnêteté. Je me sentais passé au rayon-X jusqu’au plus profond de mon âme. Comme si même mes intentions étaient jugées.
  Je compris alors ce qu’entendait Laurent en ce qui concernait Prahersk. Ce type fout les j’tons.

21h45
« - Monsieur, faites sortir le détenu, ordonna Prahersk.
- Vous êtes sûr ? demanda le garde.
- Est-ce que j’ai l’air d’hésiter, nom de Dieu ? rétorqua Prahersk. »
  Le garde ne répondit pas. Il se contenta d’ouvrir la porte du camion, et fit descendre Bermuda, qui était menotté. Il le libéra alors que Bermuda restait silencieux.
« - Vous avez de la chance Caporal Bermuda. Vous avez des amis plutôt loyaux.
- Nos buts sont les mêmes, mon Colonel, fit le Caporal Bermuda avec respect. J’ai essayé de vous le répéter.
- Vous savez nos problèmes de confiance. »
  Je ne disais rien. L’attitude de Bermuda jouait sur la façon dont j’allais parler à Prahersk. Si Bermuda lui montrait du respect, je ferai preuve de respect. La confiance allait de pair.
  Et Bermuda se mit au garde à vous face au Colonel.
« - Repos, Caporal. Les institutions ne répondent plus vraiment à ce qu’elles étaient.
- Monsieur le Colonel… Monsieur Prahersk, hésitai-je. Andrea m’a expliqué que vous organisiez la défense de Barricade contre le trafic d’armes à feux.
- Vous êtes sensé m’apprendre quelque chose ? me rétorqua Prahersk sèchement.
- Peut-être le fait que Beauréveil est en bonne passe de se reconstruire, vu l’état actuel des choses. Nous sommes bien organisés, et hormis les Renégats d’un village situé à à peu près 40 km, nous disposons d’une zone sécurisée qui peut accueillir de nombreuses personnes.
- Et ? me fit-il avec impatience.
- La campagne de vaccination de la Croix-Rouge. J’aimerais que vous puissiez descendre dans la région PACA, une fois la campagne terminée pour le nord. Victor Elcuore, mon collègue ici présent, connaît les routes sécurisées.
- Je peux vous tracer un itinéraire fiable. Enfin, fiable à court terme, affirma-t-il.
- Vous êtes en train de me proposer de venir dans votre région ?
- Précisément, fis-je. L’un de vos hommes m’a dit de jouer la carte de l’honnêteté avec vous, avec je ne vous en cacherai pas davantage. »
  Je pris une inspiration, et lui déclarai :
« - Beauréveil sera bientôt une ville opérationnelle. Plusieurs villes sont déjà sécurisées, dont une ville portuaire. A terme, je voudrais que l’influence de Beauréveil s’étende à tous le territoire Provence Alpes Côte d’Azur, que nous puissions rétablir l’ordre sur le territoire, et sortir de l’influence de Ravenwood. Je souhaite empêcher à la France d’être sous une dictature américaine, et le travail me sera beaucoup plus difficile sans votre aide. »
  Car c’était là mon plan. Le siège à l’UDE, les contacts avec Hawkins. La reconstruction de Beauréveil était pour moi bien plus que la reconstruction d’une ville.
  Je voulais reconstruire un territoire entier.
  Deux heures plus tard, nous rejoignions Marine, Cynthia et Patrice. Victor et moi dans le Hummer, les autres dans le camion, nous prîmes la route du sud. Quant à Prahersk, il m’assura que, s’il pouvait espérer venir dans le Sud, il me le ferait savoir d’une façon ou d’une autre.
  Nous avions un nouvel allié, d’une nature tout à fait étrange. Faisais-je confiance à Prahersk ? j’avais encore des doutes. Mais je me fiais à l’instinct du Caporal. Et, pour l’instant, son instinct était optimiste. Et c’était ce dont nous avions besoin.
  D’optimisme.
***

I'J'


Nuts !

Hors ligne

 

#55 05-04-2008 15:17:18

irajonas
Rédacteur
Lieu: Meyrargues (13)
Date d'inscription: 09-04-2007
Messages: 229
Site web

Re: Acte 2 : Terre Sans Nom

Part 39: Retour à Beauréveil
Jonas
79 jours après les bombes   
10h

  Nous avions fait une pause en cours de route, mais la plupart du temps, nous faisions tourner les rôles au volant. Les derniers jours avaient été si éprouvants… Et quand bien même nous mangions, nous avions un régime pour le moins limité.
  Chaque fois que je fermais les yeux, pendant les quelques minutes qui me restaient avant de tomber de sommeil, tout me revenait en tête d’une manière exagérément rapide.
  L’erreur de jugement que j’avais faite vis-à-vis des militaires de Barricade était à double tranchant. Cela me prouvait qu’il y avait des gens qui se battaient pour les mêmes raisons que moi. Protéger leur territoire, les gens avec qui ils vivent. Cela me redonnait l’espoir de croire que la reconstruction était accessible.
  Mais en même temps, je ne pouvais m’empêcher de faire la corrélation avec les Renégats. Oui, ils m’avaient maintenu captifs, et m’avaient clairement démontré des intentions sauvages et malsaines. Par deux fois. Mais, quand j’étais revenu, pour leur faire peur, les empêcher d’attaquer La Croisée quand j’étais en route pour Carry, était-ce justifié ? J’avais failli tuer l’un de leurs hommes. Et ça, ça me hantait encore. Si j’avais fait fausse route ? Si Ventabren était redevenue une zone libre ?
  Je devais m’en assurer. Et, parallèlement, j’avais promis à Malory de ne plus la quitter. C’était une sorte de « Catch 22 » : Quelque soit mon choix, je perdais quelque chose. Je n’étais qu’en transit en attente de me confronter à mon Catch 22. Ce monde avait la fâcheuse habitude d’apporter deux problèmes chaque fois que j’en résolvais un.
A huit heures, nous traversions de nouveau Jiaire, dans le chemin inverse. Patrice fit un compte-rendu à Vorenzo, l’adjoint à Jiaire. Il lui dressa une éloge de l’équipe d’intervention de Beuréveil. Après concertation avec Montvalant, Bermuda et Marine, nous leur proposâmes l’exode de Jiaire jusque dans le sud. Nous avions un village complet, en bord de mer, aussi prêt de la reconstruction que Beauréveil. Nous pourrions, une fois Beauréveil reconstruite, assurer la sécurité des deux villes. D’autant plus si les militaires de Barricade nous rejoignent.
  Vorenzo ne cracha pas sur la proposition, et nous assura qu’il allait y réfléchir. Le voyage nous offrait deux alliés possibles. Nous ne perdîmes néanmoins pas de temps. Il fallait avancer.
  Le temps était précieux, et une fois le jour clairement levé, nous ne nous arrêtâmes de conduire que pour faire le plein du Hummer et mettre de l’essence dans le Camion. Cela provoquait une surconsommation de carburant, mais le Hummer assurait une sécurité supplémentaire au camion, et un atout non négligeable, d’après moi, pour Beauréveil.
  D’autant plus, il fallait bien que je l’avoue, que cette bestiole était agréable à conduire.
  A l’entrée du territoire PACA, nous reprîmes l’organisation du chemin pour Barricade : Cynthia avec moi dans le Hummer,
  Quand Beauréveil se profilait à l’horizon, Victor prit la radio, et la régla sur la fréquence de Beauréveil. La Mairie disposait d’une radio qu’il nous fallait contacter pour leur assurer que nous n’étions pas une menace.
« - Jonas. Owardy et Descordes sont prévenus de notre arrivée. Je leur ai dit que tu conduisais un Hummer Ravenwood, on ne court aucun danger.
- Reçu, Victor. C’est bien la première fois depuis un bon bout de temps. »
Beauréveil nous ouvrait ses portes. Nous y étions.

Katia
11h

« - Katia ! m’appella John. »
  Je me retournai, dans la cuisine, alors que John débarquait en trombe.
« - They’re back ! me fit-il. »
  En comprenant, je fus au moins aussi vive que lui. J’accourus le rejoindre, et je le suivis dans les rues de Beauréveil, en direction de la place centrale. Celle-là même où nous avions allumer le grand feu le premier soir où nous nous sommes installés à Beauréveil.
  Le camion arrivait par la route principale, précédé par un Hummer Ravenwood. Je tressaillis.
« - It’s just Jonas, m’affirma John. »
  Je fus rassuré. Nicolas Descordes sortit alors de la Mairie. Malory également.
  Le Hummer tourna, et laissa le Camion s’avancer devant la Mairie. Le premier à descendre fut le Caporal Bermuda, qui fut accueilli par une salve d’applaudissements de la part des Beauréveilliens. Suivi par Victor, Marine et Montvalant. Un homme sortit également du camion, mal à l’aise, en cherchant quelqu’un des yeux.
  Puis, Jonas et une jeune fille blonde sortirent du Hummer. La première surprise que j’eus, ce fut de voir Victor, Montvalant et Jonas revêtus des uniformes Ravenwood.
  Jonas vit alors Malory et accourut vers elle. Il la prit dans les bras, et Owardy, à côté de moi, sourit. Il me regarda.
« - We’re on our way to rebuild the town, me murmura-t-il. »
  Je ne compris qu’en devinant. Mais ces deux personnes, qui m’étaient inconnues, me perturbaient.
  Jonas s’approcha alors de moi. Marine rejoint Descordes, qui fit un signe dans notre direction.
« - Je dois les rejoindre, me fit John. Le Triumvirat… »
  Il m’embrassa, et me quitta pour les rejoindre. Le Caporal Bermuda, Victor et Montvalant s’occupaient déjà du camion, alors que Jonas, Malory, et les deux personnes qui m’étaient inconnues s’approchaient de moi.
« - Hey, Katia ! me fit Jonas dans un salut souriant. »
  Je lui souris à mon tour.
« - Salut, Jonas. Ca a été sur la route ?
- Un véritable bordel, me répondit-il en soupirant de fatigue. J’attends qu’une chose, c’est de me jeter dans mon lit. Tu peux conduire Patrice auprès de sa femme, s’il te plaît ? »
  Je lui lançai un regard incrédule. De quoi parlait-il ?
  L’expression du visage de Jonas changea. Il quitta Malory, et me prit à part. Il m’expliqua :
« - Quand on est passés par Jiaire, Patrice et Cynthia nous ont suivi. La mère de Cynthia a pris la route pour Beauréveil, je lui ai montré l’itinéraire. Elle a dû arriver avec un ami.
- Personne n’est arrivé, Jonas. Vraiment personne. »
  Jonas se mordit les lèvres, et grogna. Il se retourna vers Patrice et Cynthia.
  Il leur annonça que leur femme et mère n’était pas encore arrivée. Il leur expliqua que les routes étaient partiellement détruites sur le chemin, qu’il était possible qu’ils soient retardés par des détours. Il tenta de paraître confiant, mais quiconque le connaissait, savait qu’il n’était pas rassuré.
  Je ne dis rien. Je restai en retrait. Puis, mal à l’aise, je passai à côté d’eux, et rejoint le camion.
  Je ne pouvais pas m’impliquer là-dedans. Et j’avais du travail. Nous en avions tous.
  Cela ne m’empêcha pas de voir Patrice pleurer, et cette Cynthia étonnement inexpressive. Jonas restait avec eux pour les rassurer, Malory lui tenant le bras, mais je ne pouvais pas venir les voir en leur disant que cette femme n’avait probablement pas survécu au trajet.
****

I'J'


Nuts !

Hors ligne

 

#56 05-04-2008 18:30:39

irajonas
Rédacteur
Lieu: Meyrargues (13)
Date d'inscription: 09-04-2007
Messages: 229
Site web

Re: Acte 2 : Terre Sans Nom

Part 40: Un mois plus tard
Jonas
79 jours après les bombes   
13h

  L’habitation directement voisine avec la mienne fut attribuée à Patrice et Cynthia. C’était dur pour moi, car je me sentais coupable.
  Et j’avais à peine le temps d’y penser. J’avais une réunion urgente auprès du Conseil. Tous les membres actifs entourant le Triumvirat étaient là, rassemblés dans la salle de réunion de la Mairie.
  En plus de Descordes, Marine et John Owardy, se tenait Katia, Bermuda, Victor, et moi-même.
  Après un compte-rendu des derniers évènements, nous en vînmes à parler de l’UDE. Le Triumvirat exprima une idée similaire à la mienne de reconstruire la région.
« - Nous devons penser à une échelle supérieure, m’exprimai-je. Nous sommes confrontés à un problème, face à l’UDE. Une fois que le territoire français entier saura que le gouvernement est mort et que le premier arrivé à l’UDE sera responsable du territoire, ce sera la course au pouvoir.
- Nous n’avons pas les moyens de nous imposer, Jonas, me contredit Descordes.
- Nous, pas encore. Mais nous sommes en bonne voie pour cela. Et, dans l’immédiat, nous sommes la seule institution stable que je connaisse. Hormis Ravenwood, qui est une menace de dictature sur le pays. »
  D’un ton lourd, j’annonçais :
« - Je n’aurais jamais cru en arriver à exprimer cela, mais nous devons établir une institution plus puissante. »
  Le Triumvirat agréa. Bermuda se prononça :
« - Vouloir s’étendre sur la France est une absurdité. Mais le territoire PACA a les moyens d’aboutir à une stabilité politique. Dans la mesure où le territoire entier est mort, sans gouvernement, nous disposons des ressources potentielles pour bâtir… »
  Bermuda n’osa pas le prononcer. Personne n’osa le prononcer. Mais tous le monde y penser.
« - Dans l’immédiat, nous rétablissons le courant. Nous chargeons chaque personne de Beauréveil d’un rôle précis. Nous attendons une réponse des militaires de Barricade et des habitants de Jiaire. Quant à vous, Aminati, faites de votre mieux pour garder contact avec votre informateur américain. Si ce que vous me dîtes est vrai, il est probablement votre meilleur atout pour l’avenir, m’intima Descordes. »
  J’acquiesçai. Les jours suivants allaient être reposants. Après quoi, il allait falloir penser plus haut. Penser plus fort.
  Penser « Etat ».

Un mois plus tard
110 jours après les bombes

  Sylvie Gallor était arrivée le lendemain avec son beau-frère. Ils avaient dû éviter une partie du territoire PACA et faire un détour parce qu’un groupe de survivants leur avait signalé la présence d’une troupe de Ravenwood. Finalement, tout rentrait dans l’ordre.
  Après avoir repris contact avec Hawkins, et remis l’électricité en route, tout s’est déroulé très vite. Les changements sont survenus tout aussi vite.
Même mon emploi avait changé. J’étais, selon Descordes, « Administrateur des Services de Renseignements ». J’avais un bureau officiel qui disposait de la Salle des Théories. Une fois en communication sécurisée, Hawkins m’avait guidé pour que je manipule des paraboles satellites et des branchements artisanaux, ainsi que des configurations informatiques pour que nous communiquions en visioconférence, et surtout, en sécurité.
  La première conversation fut étrange. Je découvris un black d’à peu près quarante, peut-être cinquante ans maximum, à l’expression particulièrement dure. Il découvrit avec surprise un jeune d’une vingtaine d’années, à l’apparence frêle. Il en rigola.
  Il m’expliqua que Jennings&Rall, appelé communément « J&R », était une société disposant d’une quantité de filiales. Entre autre, Ravenwood est affiliée à J&R, ils sont leur propre armée privée. J&R entretenait des relations privilégiées avec le gouvernement américain.
  Il ne pouvait pas m’en dire davantage. Quant à moi, je partageais avec Hawkins ce que je savais du reste du monde. Il crédita ou discrédita mes différentes hypothèses.
  Il m’expliqua qu’il était probable que Valente ne soit qu’un opportuniste qui a profité du chaos pour imposer son pouvoir, dans un nouveau gouvernement basé à Cheyenne et nommé « Etats-Alliés d’Amérique » regroupant les états à l’ouest du Mississippi jusqu’au Pacifique. Les autres, hormis l’Etat Indépendant du Texas, dépendaient de l’ancien gouvernement, retranché à Colombus. Mais, d’après lui, quelqu’un d’autre avait peut-être orchestré les attentats. Je proposai « John Tomarchio ». Il me prit de haut, m’expliqua que Tomarchio était le président des ASA. Je lui expliquai qu’il était, à la base, un cadre de J&R. Hawkins était suspicieux.
  L’ordinateur portable me donnait accès à plusieurs dossiers confidentiels, renfermant plusieurs noms. « Robert Hawkins », « Sarah Mason », « John Goetz », et d’autres encore. Ainsi, Robert Hawkins m’apparut sous son vrai jour : un agent de la CIA, infiltré dans une cellule terroriste. Il était dans l’équipe rattachée au projet « RedBell », qui devait récupérer les bombes « perdues » par le gouvernement. Il était, dans sa cellule terroriste, chargé de porter la bombe de Colombus, Ohio. Il m’informa qu’il avait toujours la bombe, qu’il appelait « The Package ». Egalement qu’il n’avait jamais entendu parler d’un complot mondial, et que, trop occupé par ce qu’il comptait faire du « package », je devais me débrouiller avec mon équipe.
  Ah, oui. Mon poste d’Administrateur du Service des Renseignements était aussi couplé avec un statut « nouvellement militaire ». Beauréveil disposait d’une force d’intervention naissante baptisée « FIRAI ». Forces d’Intervention et de Reconstruction Autonomes et Indépendantes, dont j’étais à la tête, détachée du commandement militaire. C’était un conseil de Bermuda. Il m’expliqua qu’au cas où un gouvernement émergerait, il serait obligé de le rejoindre. Pas les FIRAI. Ainsi, j’étais « Coordinateur Réglementaire » des FIRAI. Ou, Co-Reg, comme on avait fini par diminuer.
  Ainsi, les FIRAI seraient la force d’intervention dédiées aux missions de mon ressort : sauvetages, urgence, et renseignements. Une équipe polyvalente et surtout, indépendante. La première mission des FIRAI était déjà fixée. Mission diplomatique.
  Bobby Lazarus, celui à qui Hawkins m’a demandé d’envoyer un message, avait atteint la République Indépendante du Texas. Il devait rejoindre la France dans les jours à venir. La première mission officielle des FIRAI serait d’escorter Bobby Lazarus auprès du Triumvirat.
« - Qu’est-ce qu’on a en vue ? demanda Victor.
- Lazarus demande l’asile politique et le soutien de Jonas, contre sa coopération pour soutenir Beauréveil auprès de l’UDE.
- En quoi il peut soutenir notre cause ?
- Il est lié à un groupe constitué de Hawkins et d’un autre type dénommé Chavez. Ils veulent amener la bombe au Texas pour dénoncer le gouvernement corrompu de Cheyenne. Si ça se passe, le Texas ne signe pas avec Cheyenne, reste indépendant, et avec un allié comme le Texas, nous pourrions obtenir l’indépendance du pays, répondis-je.
- Le Texas ne risque pas de vouloir annexer le territoire ? s’inquiéter Descordes.
- Non, répondis-je, sûr de moi. D’après Hawkins, le Texas est d’un jugement intransigeant et droit. Par contre, si Ravenwood étend son pouvoir sur le territoire et rejoint le siège de l’UDE avant nous, la partie sera perdue et nous serons sous le contrôle indirect de Cheyenne. Les Etats-Alliés nous auront annexés. »
  Dans la salle, nous nous regardâmes avec lourdeur. Beauréveil reconstruite, nous étions en passe de reconstruire le territoire. Les cartes étaient entre les mains d’un village reconstruit, peut-être l’un des seuls de ce qu’on appelait autrefois la France.
  Marseille était encore sur pied. Les FIRAI allaient vérifier qu’elle n’était pas une zone dangereuse.
  La région PACA était un territoire presque accessible. Il fallait convaincre Ventabren de cesser les hostilités avec l’extérieur. Quand bien même avais-je commis plus de dégâts sur les Renégats que eux sur moi, ils ont détruits des villages entiers pour les piller. Il fallait retourner ce fait.
  Enfin, Jiaire allait rejoindre la région, occuper une ville voisine désertée, Calissonne. D’autres villages commençaient à croire à la région PACA comme à une terre de salut. La reconstruction de Beauréveil, nos rencontres, avaient eu un effet « catalysant ». Nous avions une chance, une forte chance, de reconstruire le pays.
  Les choses changeaient. Beauréveil, les FIRAI, allaient changer l’histoire.

14h
  J’étais assis derrière mon bureau. J’étudiais une carte de la région, et traçait un itinéraire qui me paraissait fiable, entre Beauréveil et Marignane. Quelqu’un frappa alors à la porte du bureau.
« - Entrez, fis-je. »
  Malory passa le pas de la porte. Je me levai, et vint l’embrasser.
« - Salut. Désolé de ne pas avoir pu rentrer, j’avais un meeting avec le Triumvirat.
- T’inquiètes pas. On rattrape ça ce soir. »
  Son regard était mutin. Ses yeux brillaient. Elle était magnifique. Vraiment magnifique.
« - C’est ton nouveau bureau ? me demanda-t-elle en observant.
- Ouais, répondis-je. On essaie d’attribuer aux gens un emploi qui a un nom et une routine, pour essayer de redonner des repères. Ils m’ont nommé « Administrateur des Services de Renseignements ». Un bien beau nom pour un service où je travaille seul.
- Et ça consiste en quoi ?
- Principalement du boulot de recherche et d’organisation. En plus de mes contacts avec Hawkins aux Etats-Unis, je dois retrouver des contacts ailleurs en France par communication radio, et ça donne pas grand-chose. La majeure partie du temps, je redessine la carte de France. Et je prépare aussi la première mission des FIRAI. »
  Malory me sourit.
« - Monsieur l’Administrateur Aminati. J’ai un petit ami influent. »
  Elle m’embrassa. Je souris.
« - Je dois aussi étudier les dossiers finalisés des habitants de Beauréveil. J’ai vu le tien. Ils t’ont nommée officiellement infirmière, à l’Hôpital.
- C’était pas ma vocation, mais en attendant, ça me convient. »
  Je perdis mon sourire en lui prenant la main, et en la regardant dans les yeux.
« - Malo… J’ai une piste sur la théorie de la conspiration mondiale. Hawkins m’a mis en contact avec un type, Bobby Lazarus, qui doit arriver à Marignane par avion.
- Tu vas devoir repartir ? me demanda-t-elle, soucieuse.
- Avec les FIRAI. J’ai une équipe de six personnes qui vont m’accompagner et former une escorte pour notre invité. On a même fait refaire les uniformes de Ravenwood. »
  Je lui montrai l’uniforme qui m’était attribué. L’uniforme des Ravenwood dont nous avions retiré le logo rouge à l’image de corbeau noir, et remplacé par un logo bleu avec la silhouette d’un oiseau en envol, et les lettres FIRAI.
« - Tout va être organisé. Tout devrait bien se passer.
- Tu vas quand même repartir.
- Pas loin, mais je sais que ça te perturbes. Et je dois voir trois employés du service médical pour nous accompagner. En cas de problème. Je voudrais que tu en fasses partie. »
  Elle marqua un silence.
« - Je sais que ce n’est pas loin, mais je dois y aller et je sais que tu n’aimes pas que je m’en aille, répétai-je. Alors… tu resterais avec moi, et tout ira bien. »
  Elle m’étreint, puis m’embrassa, avant de se réfugier dans mes bras. Je n’avais pas de craintes. Malory était avec moi, me l’avait prouvé. M’avait prouvé qu’elle le resterait. C’était à moi de faire mes preuves. De répondre aux promesses que je lui ai faites. Même si elles me paraissaient impossibles.
  Elle accepta de m’accompagner. Tout allait enfin s’améliorer. Tout avait une chance de s’améliorer. L’histoire allait changer. La Nation allait renaître.
  Je m’appelle Jonas Aminati, et nous allons reconstruire notre pays.

FIN DE L’ACTE 2


***
I'J'


Nuts !

Hors ligne

 

#57 12-05-2008 11:42:30

opahl
Banlieusard de Jericho
Lieu: ché pas...
Date d'inscription: 30-03-2008
Messages: 17

Re: Acte 2 : Terre Sans Nom

ouahhh!!! je sais pas quoi dire tellemnt c'est génial!!
ya un acte 3??? j'espère sinon je vais déprimer, tu m'as rendue accro!!

franchement continue à écrire, parce que tu as du talent.
allez bon courage pour la suite


vaut mieux mourrir que d'en perdre une miette.
un jour un sage m'a dit: "un brin de bravoure pour trois grains de folie."
http://karutchev.antiville.fr
lol

Hors ligne

 

#58 12-05-2008 12:29:32

irajonas
Rédacteur
Lieu: Meyrargues (13)
Date d'inscription: 09-04-2007
Messages: 229
Site web

Re: Acte 2 : Terre Sans Nom

opahl a écrit:

ouahhh!!! je sais pas quoi dire tellemnt c'est génial!!
ya un acte 3??? j'espère sinon je vais déprimer, tu m'as rendue accro!!

franchement continue à écrire, parce que tu as du talent.
allez bon courage pour la suite

Je te remercie Opahl !

L'acte 3 s'appelle "La renaissance d'une nation" et j'ai commencé à l'écrire, il doit y avoir 14 parties en ligne dans le sujet qui porte son nom.

I'J'


Nuts !

Hors ligne

 

Pied de page des forums

Powered by PunBB
© Copyright 2002–2005 Rickard Andersson