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#26 04-05-2008 17:51:06

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Pour ma part, je vais sûrement prendre pas mal de retard, vu qu'en ce moment je travaille :

--> Un projet de scenarii de série baptisé "Versus"
--> Un scenario de court-métrage baptisé "Parce qu'il faut courir"
--> Et le fait que je cherche d'urgence du travail.

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#27 06-05-2008 12:11:13

Rashkar
Résidant de Jericho
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

J'ai prit du retard sur la mienne, mais vu que je suis malade comme un chien aujourd'hui, il est possible que je quitte le taf pour me planquer au chaud chez moi. Je pourrais finaliser, et je mettrais aussi en ligne "journal d'un survivant" qui est sans rapport avec Jericho.

Ca sera le journal d'un survivant apres une epidemie qui a transforme l'humanite en zombi.

Pour ta fic irajonas, tu le sais, j'aime beaucoup. C'est simple a lire, agreable a lire, bref, un bonheur smile continu et poste tes autres ecrits (et bon courage pour ton job)

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#28 07-05-2008 19:53:41

irajonas
Rédacteur
Lieu: Meyrargues (13)
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Part 13 : Le calme
121 jours après les bombes
17h

  Carsellier m’expliquait que le Luberon était un parc naturel dans lequel des ours en provenance des Pyrénées avaient trouvé refuge. Je l’avais contredit, pensant que l’instinct des ours ne les pousseraient pas à l’exode, mais il m’affirma que la faune du coin était devenue totalement incontrôlable. Les loups se mettaient à attaquer les hommes, et les ours avaient fuit tant bien que mal les retombées des explosions. Par instinct.
  Je lui expliquai alors les plans de Beauréveil.
« - Vous êtes ambitieux. Vous savez que ça a peu de chances de se réaliser ? me demanda Carsellier, perplexe.
- Nous préférons tenter le tout pour le tout, lui répondis-je. On sait de quoi Ravenwood est capable, et d’après les informations qu’on a pu rassembler, on redoute qu’ils tentent de faire main basse sur la juridiction du territoire.
- J’admire votre ambition, reconnut Carsellier. Mais je crois que vous menez une guerre perdue d’avance.
- Vous avez perdu espoir, Carsellier. Il n’y a que quand on se bat pas qu’on peut considérer qu’on a perdu, rétorquai-je sèchement. »
  Je lui parlai alors des projets à court terme.
« - Nous avons de l’essence. Beaucoup d’essence, m’assura Carsellier. Avant l’épidémie, on avait déjà commencé à se concentrer sur le château. Avec le parc naturel à côté, nous nous remettions à chasser.
- Vous chassiez dans un parc naturel ? s’étonna Calan.
- Je veux bien que le lieu soit protégé, mais il ne faut pas abuser, rétorqua Carsellier. Quand on a commencé à avoir faim, on a vite oublié la loi. On a seulement pensé à survivre. Quoiqu’il en soit, on n’a pas cherché à utiliser l’essence. Toutes les stations sont pleines, il y a même un camion citerne qui n’a pas bougé du centre commercial. Nous avons également de très bons techniciens, malades pour la plupart, qui sont
- Vous êtes prêt à nous les donner ? demandai-je.
- Contre la prise en charge totale des soins anti-variole, et la promesse de l’insertion des Tourrains dans la société Beauréveillienne.
- Vous voulez dire une promesse d’emploi ? »
  Carsellier acquiesça.
« - Vous signez donc avec Beauréveil ? demandai-je.
- C’est exactement ce que nous voulons.
- Considérez alors que nous avons un accord. »
Ce furent parmi les négociations les plus simples de toute l’histoire de l’humanité. Je viens, je parle, je signe. Sauf que.
« - Mr Carsellier ! vint appeler un Tourrains. »
  Nous nous retournâmes vers lui. Il s’agissait d’un homme d’un âge assez avancé, aux cheveux longs, grisonnants, portant une barbe fournie.
« - Yvan Sinalval, présenta Carsellier. C’est un météorologue, il fait partie des rares immunisés.
- Monsieur Carsellier, je crois qu’on a des problèmes.
- Des problèmes à long termes, on en a à revendre, grogna Carsellier.
- Et des problèmes à très, très court terme ? »
  Carsellier grogna davantage. Et je ne tardai pas à en rejoindre le ton.

Marine
17h45

« - La tempête sera là dans une heure, une heure et demi si on a de la chance, annonça Descordes. »
  Victor arriva, suivi des policiers de Beauréveil.
« - Il va falloir passer une annonce en public de la part du Triumvirat. On a essayé de prévenir les habitants, mais ils refusent de sortir de chez eux à cause de la pluie.
- Pourquoi donc ? demandai-je. »
  Il leva les bras au ciel.
« - Y a un truc que la fin du monde changera pas : les gens ont rarement confiance en l’autorité. »
  Owardy se tourna vers nous.
« - For some reason… They trust Katia. I can… you know…
- C’est quoi, exactement, votre idée, John ? demanda Descordes. »
  John nous expliqua alors son idée. Je me chargeai de la traduction. Et, d’une idée surprenante, il n’avait pas tort.
  Parmi les grandes erreurs que les précédents gouvernements avaient fait, il y avait celle-ci : en situation de crise, la sécurité des dirigeants primait sur la sécurité des citoyens. Les dirigeants pensaient avant tout aux dirigeants. Le Triumvirat ne doit pas agir comme ça.
« - Qu’est-ce qu’on doit faire, d’après vous ? demandai-je.
- If we wanna go to a secured place, everyone should go with us. »
  Nous convînmes alors que toute la population allait se rassemblait en hauteur.
« - M. Elcuore, prévenez l’Hôpital et le Centre Commercial qu’ils doivent rassembler suffisamment de vivres pour deux jours, peut-être même trois dans les derniers étages des Immeubles Bellevue, ordonna Descordes.
- Combien il y en a ? demanda Victor.
- Trois immeubles. Suffisamment haut pour protéger des inondations, suffisamment bas pour ne pas souffrir des vents. M. Owardy, continua Descordes, vous disiez que les gens avaient confiance en Katia. Pouvez-vous lui demander de faire passer le message aux habitants ? »
  Owardy hésita, ne comprenant pas tous les mots que Descordes prononçait. Je me contentai de faire la traduction.
« - Mademoiselle Elgim, me fit Descordes. Vous avez quelque chose à ajouter ? »
  Je sortis de mes pensées, un peu surprise. Je me repris, un peu perturbée.
« - Euh… On ne sait pas où en sont Prahersk et les FIRAI. On devrait prendre une radio avec nous et les contacter. »
  Descordes acquiesça. Je me sentis un peu à une place qui ne m’appartenait pas, en tant que Consul. Mais la réalité revint rapidement, et m’appela à
« - Ordonnez aux équipes de maintenance de commencer à isoler hermétiquement l’Hôpital et la Mairie, m’intima Descordes.
- La Mairie ?
- Les travaux d’Aminati sont capitaux pour l’avenir du territoire, on ne peut pas risquer de les perdre, me répondit-il.
- On peut les isoler aux immeubles Bellevue.
- Non. Ce que font Aminati et les FIRAI sont indépendants de notre décision, nous n’avons pas le droit de toucher à ses recherches. »
  Descordes regarda dehors. Il eut soudain l’air paniqué.
« - On doit se dépêcher, Mademoiselle Elgim. Le vent tourne, et j’ai bien peur que la tempête ne nous prenne de court. »
  Et c’est ce qui arriva.
****
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#29 13-05-2008 20:37:45

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Part 14 : La tempête
121 jours après les bombes
18h30

« - Ici Jonas Aminati, Coordinateur-Réglementaire des troupes FIRAI, articulai-je dans le microphone de la radio à onde courtes de Carsellier. Beauréveil, vous me recevez ? »
  La réponse ne fut que parasite, entrecoupés de bip asynchrones et particulièrement désagréables, en partie couverts par le bruit d’une pluie presque diluvienne qui venait taper sur les fenêtres du Château.
« - On a une réponse ? demanda Calan.
- Que dalle. Il doit y avoir un orage magnétique qui brouille les signaux, répondis-je.
- Qu’est-ce que vous en savez ? me demanda Calan.
- J’en sais rien, je suppose, c’est tout, ajoutai-je simplement. »
  Je donnai un coup de poing sur le bureau. Dehors, c’était une pluie digne du déluge. Jamais de ma vie je n’avais vu une pluie pareille. Et la question qui me vint à l’esprit, c’est
« - Pour combien de temps vous croyez qu’on en a, là ? demandai-je à Carsellier et à Sinalval.
- 24, peut-être 48h. C’est dur d’établir de bons pronostics sans équipement. »
  Je grognai. En attendant, je réfléchissais à ce qui allait se passer dans tous le temps où la pluie allait nous immobiliser ici.
« - En attendant, pendant que les médecins s’occupent de vos citoyens, je vais placer des hommes aux alentours des différentes zones fragiles pour qu’ils renforcent la structure, et évitent les inondations. Vous me permettez de…
- Vous êtes ici chez vous, M. Aminati, me coupa Carsellier. »
  J’acquiesçai. La confiance de Carsellier semblait être la confiance d’un homme désespéré. J’aurais voulu faire quelque chose pour donner plus d’espoir, plus de sourire, aux Tourrains, mais de tout évidence, ils avaient tellement souffert qu’ils en étaient… blasés. Je regardai par la fenêtre, et vit la Cour commencer à former un petit lac d’eau de pluie.
« - Calan, où sont parqués nos véhicules ? demandai-je.
- Ils sont parqués sous le préau du Château, me répondit-il. Légèrement en hauteur par rapport à la Cour.
- Envoyez des hommes pour qu’ils rentrent les véhicules à l’intérieur, et qu’ils isolent les entrées. Je ne veux pas qu’on découvre que les véhicules sont hors d’usage quand la pluie cessera.
- Comment voulez-vous qu’ils s’y prennent ?
- Ils se sont engagés pour trouver un moyen, répondis-je sèchement. Carsellier, dans quel état est la toiture du Château ?
- Le Château était notre seule source de sécurité, nous en avons bien pris soin. Nous sommes bien isolés, si c’est la question que vous vous posez, ajouta-t-il.
- Toiture en pente, j’espère ?
- C’est un Château, pas une maison. »
   Je me pressai alors de rejoindre l’équipe Deux, et d’en isoler l’administrateur.
« - Isolez-moi les deux derniers étages du bâtiment. Trouvez n’importe quoi, mais j’ai peur qu’avec une pluie pareille, le toit ne cède.
- Sauf votre respect, Co-Reg, vous n’êtes pas un peu pessimiste ?
- Je préfère friser la paranoïa au risque d’être idiot, que friser le doute au risque d’être mort, répondis-je simplement. »
  Le fait était que j’avais un mauvais pressentiment, et que je languissais que la pluie se termine.

Marine
18h20

  Le déluge s’était déclaré d’un coup, mariant le vent et la pluie. Par endroit, cela paraissait même être des tornades d’eau qui parcouraient les rues. Et moi, j’étais coincée à la Mairie, avec Bobby Lazarus, et Malory.
  Jonas avait encore hésité à intégrer Lazarus à ses troupes, et l’agent américain a été contraint de rester à Beauréveil. J’étais allée chercher Malory, par acquis de conscience, et aussi parce qu’elle connaît très bien le bureau de Jonas. Mais, une fois à la Mairie, la pluie s’est déclarée, et nous y étions bel et bien prisonniers. La pluie et le vent étaient tels que ça devenait trop risqué de sortir. Déjà des torrents d’eau de pluie circulaient dans les rues.
  Tant bien que mal, nous nous attelâmes tous les trois à renforcer chaque fenêtre et chaque porte par des planches, et à boucher toute entrée d’eau possible par autant de couvertures et de tissus que nous pouvions trouver.
« - Et maintenant, on fait quoi ? demanda Malory, un peu sur les nerfs.
- On n’a plus qu’à attendre. »
  Heureusement, nous avions des provisions à la Mairie, mais il restait la menace que les protections cèdent et que nous nous retrouvions avec une inondation sur les bras.
  Vers 18h30, on a reçu des bribes sur la radio de la Mairie. Je crus reconnaître la voix de Jonas, mais le message était brouillé. Quand j’ai essayé de recontacter, je n’eus aucune réponse.
  Nous étions donc retranchés, tous les trois, dans le bureau de Jonas. Je regardais ses différents documents avec attention, quand je tombais sur une affiche étrange, où Jonas avait écrit en gros « L’Arche ? ».
  La vérité, c’est que ça m’intriguait, moi aussi, mais que ces murs recouverts de photos, de cartes et de plans, de notes et d’hypothèses, me donnait la sensation que Jonas faisait une obsession. Cette histoire était malsaine, et Jonas, autrefois, n’aurait pas pu être celui qu’il fallait pour s’occuper de cette histoire.
  Si Dieu existe, il a un sacré sens de l’humour. Il m’avait mise sur le chemin de la politique, alors que tout m’éloignait de cela. J’étais Consul au Triumvirat, et le pire, c’est que ça ne me choquait pas. Non, je m’y étais habituée. Encore pire : ça me plaisait.
  On m’écoutait. Ma parole influait sur la ville. Je surkiffais ça, mais j’avais peur que ça soit le même effet grisant que ceux que ressentaient les meneurs d’une manifestation. J’essayais de garder la tête sur les épaules.
  En fait, si on y réfléchit bien, l’idée du Triumvirat, on aurait dû y penser bien plus tôt. Gauche, droite, centre. C’est le gros combat en politique. Gauche, Droite, Centre. Un, deux, trois. Trois personnes pour le Triumvirat. John Owardy est le centriste. Nicolas Descordes, le droitiste. Et moi, la gauchiste. Pas d’extrême, mais les trois côtés sont présents, côte à côte. Peut-être que le système « gauche droite » est défaillant, mais nous n’avions pas le temps d’en chercher un autre. Pour l’instant, nous étions un gouvernement tripartite, et nous nous complétions sans se faire la guerre.
« - Vous croyez qu’on pourrait tenter de rejoindre les immeubles Bellevue ? demanda Malory. Il doit bien y avoir un moyen. »
  Je la sentais mal à l’aise. Et je la comprenais. Elle était enfermée avec Lazarus, qui était une montagne de muscle et de mystères très froid et, il fallait le dire, impressionnant, et avec moi, avec qui elle n’avait pas tant de lien que ça hormis Jonas. Au moins, aux immeubles Bellevue, elle aurait quelque chose à faire. Quelque chose à quoi penser.
« - Je préfère pas prendre le risque. T’as vu les torrents qu’il y a dehors ? On n’est pas loin d’avoir des coulées de boue, répondis-je. »
  Ce n’était pas un ordre. Mais elle l’interpréta comme tel, et se braqua contre moi.
« - Des fois, je me demande comment Jonas fait pour te supporter, me dit-elle.
- Comment ça ? demandai-je, piquée à vif.
- Tu crois toujours avoir raison, et le pire, c’est que tous le monde te croit. Même quand t’as tort.
- Calm down, girls, nous intima Lazarus, sentant que les nerfs nous gagnaient. »
  Sauf que justement, les nerfs nous gagnaient. Je n’écoutais même pas ce que disait Lazarus.
« - J’essaie de réfléchir moi, je t’oblige à rien. Si tu veux courir aux travers des rues et risquer ta peau, libre à toi ! Sauf que t’es la copine à Jonas, et qu’il m’en voudrait à mort si je te laissais courir au suicide.
- Toi et lui, vous avez le même défaut, vous êtes persuadé de savoir ce qu’il y a de mieux pour m… »
  Elle se tut. Un bruit de vitre cassée se fit entendre. Nous nous regardâmes tous les trois, silencieux, et alertes. Lazarus sortit alors son arme, sans l’ombre d’une hésitation… ni l’ombre d’une parole. Et il s’engouffra dans les couloirs de la Mairie. Je murmurai à Malory, chargeant mon arme :
« - Reste ici. »
  Elle n’était pas rassurée, mais accepta. Je suivis Lazarus dans les couloirs, non sans être morte de trouille. Et puis, à l’angle d’un mur, il me fit signe de m’arrêter, et de ne pas faire de bruit. Trois voix s’élevaient dans le Hall.
« - … Qu’est-ce qu’on risque ? Ils sont tous planqués aux Immeubles Bellevue. Y a personne ici.
- Ouais, t’as raison. Et puis, ils se rendront compte de rien. De toutes façons, ils pourront pas prouver qu’on est venus.
- Allez, autant en profiter. On fout un peu le bordel dans leurs bureaux. De toutes façons, ils feront pas mieux qu’avant les explosions. C’est exactement les mêmes : des profiteurs. Tu verras que quand ils remettront le fric en marche, ils en profiteront pour s’en mettre plein les poches. »
  Lazarus me fit signe, et il s’avança dans le Hall. Je le suivis, et Lazarus leva une lampe torche, regardant fixement les trois jeunes qui étaient rentrés par effraction.
« - WHO ARE YOU ? hurla Lazarus, les aveuglant du faisceau lumineux.
- Oh, merde, v’là l’autre ricain, grogna l’un des individus. Il a rien à foutre ici, lui !
- Toi non plus, tête de nœud, ajoutai-je à son égard, levant mon arme. »
  Quand Lazarus dévia un peu la lampe torche, ils virent nos visages. Ils me reconnurent.
« - Oh Merde… »
  Je les tins en joue, mais Lazarus n’hésita pas à tirer. Les trois individus s’écartèrent alors en criant, courant dans les couloirs.
« - nom de Dieu, LAZARUS ! hurlai-je en le forçant à baisser son arme. »
  Il me regarda, froid.
« - We’re in France, pour l’amour de Dieu ! We’re not in America, you’re not allowed to kill just like that !
- They are guilty.
- Guilty of what? M’exclamai-je.
- Just find them, Miss Elgim. We’re gonna catch’em. »
***

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#30 15-05-2008 10:57:11

opahl
Banlieusard de Jericho
Lieu: ché pas...
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

la sute la suite la suite!!!!
ouahh irajonas c'est trop bien ce que tu nous fait là!!!

je suis préssée de voir la suite, bientot une baston de filles???? oula ca promet.
allez continue, c'est tellement bien que je ne peux plus m'en passer.


vaut mieux mourrir que d'en perdre une miette.
un jour un sage m'a dit: "un brin de bravoure pour trois grains de folie."
http://karutchev.antiville.fr
lol

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#31 17-05-2008 04:21:33

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Part 15 : Impact
121 jours après les bombes
20h00

  Des coups de feu résonnèrent dans les couloirs. Et ce n’étaient pas les notres.
« - What the f… grogna Lazarus en se planquant derrière un mur.
- They have guns ! hurlai-je. »
  J’économisais mes munitions. J’avais vraiment, vraiment, vraiment pas besoin que des énergumènes comme eux sur les bras !
  Surtout qu’ils se dirigeaient vers le bureau de Jonas… et vers Malory.
« - Bobby, two on your left.
- Are you saying…
- Yeah, Bobby Yeah ! I’m saying ! »
  Lazarus s’engouffra alors dans le couloir, et je me sentis possédée par un instinct de survie impossible à dominer dès le moment où je vis une silhouette passer sur ma droite. La silhouette me suffit pour me lancer dans le couloir, dans la direction opposée, en tirant derrière moi à bout portant. Pressée, ignorant si une balle avait atteint son objectif, je rechargeai mon arme à l’aveuglette, quand je percutai quelqu’un.
  Horrifiée, poussant un cri de terreur et dans un geste nerveux, je frappai la personne du bas de la crosse, au visage.
« - Hey ! hurla une voix féminine.
- Quoi ? gémis-je. »
  Je baissais les bras. La personne que j’avais frappée étais
« - Malory ? m’exclamai-je.
- Derrière toi ! »
  Sur le coup, je ne compris pas pourquoi Malory m’avait arraché des mains mon arme, ni pourquoi elle m’avait plaquée contre elle, ni pourquoi elle avait tiré quelque part dans mon dos.
  Elle sursauta au coup de feu qu’elle-même tira, lâchant un gémissement choqué. Je me retournai. Un corps était à terre.
  Je regardai Malory. Hormis la marque du coup que je lui avais porté, il y avait de l’horreur sur son visage. Je n’osais pas même bouger, elle non plus. Elle était parfaitement immobile. En état de choc.
  Bobby Lazarus arriva alors en courant, en disant :
« - I reached to shot two of them… »
  Puis, perplexe, nous regarda, chacune dans les bras de l’autre. Je me dégageai de l’étreinte de Malory.
« - That was weird, commenta-t-il.
- Shut up, rétorquai-je. We’ve got a problem. »
  Parce qu’on avait tué trois civils. Ce qui me semblait être de la self-défense. Ce qui me le semblait.
  Lazarus fouilla les corps. Ils étaient tous les trois armés, et bourrés de munitions. L’un d’eux portaient même un fusil à pompe.
« - I thought you didn’t let civilians walk with guns, affirma Lazarus. »
  C’est ce qu’on avait décidé. Personne hormis le personnel de sécurité ne devait conserver une arme. Et même le personnel de sécurité ne conservait qu’une arme, chargée sans munitions supplémentaires, après le service. Lazarus avait une dérogation, car il était rattaché au service de Renseignements de Jonas. Ce qui incriminait les trois intrus, que leurs papiers désignaient sous les noms de Jonathan, Emile, et David.
« - Qu’est-ce qu’on va dire quand le déluge sera terminé ? demandai-je à Lazarus.
- La vérité, m’avait-il répondu en anglais. Qu’ils sont entrés par effraction, et qu’ils nous ont agressés.
- C’est faux, Bobby ! m’exclamai-je. Ils sont juste entrés par effraction, c’est vous qui avez ouvert le feu.
- Chez moi, ça s’appelle de la légitime défense.
- Oui, mais on n’est pas chez vous, Bobby ! m’exclamai-je. »
  Il y avait une autre problématique à régler dans l’immédiat.
« - Malory… murmurai-je.
- I’m gonna fix the window. Check the girl, me fit Lazarus. »
  Je m’occupai de Malory. Jonas avait dit qu’elle était plus forte qu’on le croyait. On allait bien voir si il avait raison.

Jonas
21h00

  Bien la peine d’avoir raison.
  Je courais dans les couloirs, me dirigeant vers la montée d’escalier, avec pas moins de douze hommes.
« - Le plafond a lâché sous la pression de l’eau dans l’aile Ouest, mais les débris ont provoqué une sorte de… de barrage qui bloque l’eau, comme une cuve, expliquai-je à mes hommes.
- C’est un bon point, non ? demanda un jeune membre des FIRAI.
- C’est tout sauf un bon point, répondit Calan. OK, l’eau ne se propage pas, mais elle va s’accumuler dans la cuve et risquer de briser le barrage formé par les débris, et là, ça sera un véritable torrent. Sans compter le risque que le sol de l’étage ne lâche.
- Qu’est-ce qu’on peut y faire ? demanda alors le jeune.
- J’ai un plan, affirmai-je. Mais on n’a pas beaucoup de temps, et j’ai besoin de le peaufiner. C’est pour ça que vous êtes là. Calan, vous étiez dans les chantiers autrefois, et vous, Monsieur Dalalinea, dans l’industrie chimique ? »
  Ils acquiescèrent.
« - Que voulez-vous faire, exactement, Monsieur le Co-Reg ? me demanda Calan. »
  Je m’arrêtai, et me retournai, face à mes hommes.
« - Si l’un de vous a une meilleure idée, il a intérêt à me la soumettre, parce que la seule solution que je vois, c’est de faire exploser un mur pour pouvoir drainer l’inondation.
- Vous y allez pas de main morte, me répondit Calan, sceptique.
- Une meilleure idée ? »
Calan grogna, comme contrarié. Le fait était que ma solution était mauvaise, mais que nous n’en avions pas d’autres.
« - La chance qu’on a – si on peut appeler ça de la chance – c’est que le plafond à cet endroit ne s’est écroulé qu’il y a cinq minutes. Ca nous laisse le temps d’improviser une solution pour faire exploser le mur. Mais on doit être méthodique, parce que si on gère pas l’explosion, c’est l’étage du dessous qui y passe avec. »
  Calan et Dalalinea s’organisèrent rapidement. Sous la panique, je demandais, succinctement, à Dalalinea de me fabriquer une bombe.
  L’instant où mes hommes et moi nous efforcions d’évacuer l’étage inférieur, je réfléchissais, tentais d’anticiper chaque éventualité. Je réalisai que ma place consistait en bien plus que donner des ordres et trouver des solutions. Car, jusqu’à maintenant, j’avais presque toujours improvisé mes plans sur la panique. Et, il fallait le dire, dans notre malheur, j’avais eu beaucoup, beaucoup de chances. Et là, je ne pouvais pas laisser la chance ou la malchance interférer, car c’était plus ma survie qui dépendait de mes choix, mais la survie des Tourrains et de toutes les troupes des FIRAI. Je n’avais pas le droit à l’erreur.
  Et, malgré toute la concentration du monde, je n’avais qu’une seule chose en tête, si égoïste fut-elle, de retrouver Malory au plus vite. Car je redoutais la situation à Beauréveil ne soit pire encore que celle de la Tour d’Aigues. Et j’espérais que Malory était en sécurité. Légitimement ou non, pour moi, c’était la seule chose qui comptait.
***

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Dernière modification par irajonas (17-05-2008 04:21:55)


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#32 18-05-2008 14:19:33

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Part 16 : Début du choc
121 jours après les bombes
21h50
Jonas

  Calan, et quelques hommes spécialisés dans le bâtiment, venant de Beauréveil comme de la Tour d’Aigues, s’attelaient à renforcer les autres zones à risques du Château. Pendant ce temps, Dalalinea me briefait :
« - C’est un mélange instable et volatile qui réagit au phosphate monoamonique, m’expliqua Dalalinea après avoir effectué de rapides recherches dans le Château, et en me tendant une bouteille en apparence vide, mais qui contenait sans doute un gaz. La réaction avec le phosphate monoamonique entraîne une explosion suffisamment puissante pour souffler le mur, d’autant qu’il est fragilisé par les eaux.
- C’est bien beau, mais où est-ce qu’on trouve du phosphate monoamonique ? demandai-je.
- Les extincteurs, affirma un de mes hommes, prénommé André Valenmont. Ceux qu’ont utilise contre les feux de type…
- Peu importe, coupai-je. Trouvez moi un extincteur, M. Valenmont. Est-ce qu’on risque pas de fragiliser le sol ? demandai-je à Dalalinea alors que Valenmont partait.
- En théorie, non. Le gaz est volatile et plus léger que l’air. Il devrait normalement se diriger vers le plafond, et il suffirait de diriger la poudre de l’extincteur pour provoquer l’explosion. L’ennui, c’est que celui qui va s’occuper de l’explosion risque de prendre le choc de plein fouet, et d’être expulsé avec l’eau à l’extérieur du bâtiment. Et vue la hauteur…
- Ca va, j’ai compris, fis-je. Il doit bien y avoir des cordages ou des câbles quelque part, on devrait pouvoir improviser un harnais.

22h00
  L’ambiance était des plus bizarres. J’étais harnaché, un extincteur dans mon dos, la petite bouteille donnée par Dalalinea dans une de mes poches, et une armée de lampes torches qui indiquaient ma direction.
  Le niveau de l’eau en était jusqu’à ma taille, alors que des rideaux de pluie tombaient du plafond détruit. J’avais l’impression de me noyer dans l’air, et mon ancienne peur paralysante de l’eau revenait. J’étais hésitant, avec une appréhension en regardant l’eau sombre m’entourer. Quoique les lumières des lampes torches venaient donner à la surface de l’eau des reflets bizarres, je percevais l’eau comme un gigantesque monstre informe venu dans l’unique but de me gober.
Mais je n’avais pas le droit de me soucier de ma peur. En fait, je devais carrément l’affronter, et la surmonter. Je ne pouvais pas ordonner à un de mes hommes d’aller faire ce travail à ma place. C’était abuser de ma place. Alors j’avançais. Lentement, mais j’avançais, vers le centre de la pièce. Derrière moi, il y avait la montagne de débris qui faisaient barrage, avec les lueurs des lampes torches surplombant la digue artificiel et miraculeuse. Mon harnais formé de câble et de lourdes cordes remontaient en haut de la digue, et me tenait par les cuisses et les épaules, limitant mes mouvements. Néanmoins, j’avançais.
« - Vous êtes suffisamment proche, Co-Reg ! me hurla la voix de Dalalinea. »
  Je ne voulais pas perde de temps. L’eau me paniquait. Elle était tout autour de moi, elle me tombait dessus, elle me hantaient. Elle était sur moi, autour de moi, sous moi, dans l’air, partout, partout, c’était… elle était un parasite, elle m’oppressait, elle m’agressait, comme si elle me mettaient dans un étau pour me détruire. Je jetai la bouteille contre le mur et éclata. Dalalinea voulait que j’attende une minute, pour laisser le gaz se montrer suffisamment volatile, mais l’eau me poussait. L’eau me terrorisait, pire encore que si elle tenait une arme à feu plaquée contre ma tempe. J’ai attendu dix secondes, à peine, et j’ai utilisé l’extincteur.
  BOUM.

Marine
22h13

  Malory ne bougeait toujours pas, et tant bien que mal, j’essayais de comprendre le fourmillement de ses pensées. Comprendre comment elle fonctionnait. Elle nous avait raconté que les Ravenwood, quand ils occupaient St Martin, l’avait forcée à traîner les corps que les mercenaires avaient abattus. Un travail sans âme dont elle faisait encore des cauchemars. Mais là, les corps qui gisaient était le fruit de son propre chef. Traîner des morts est une chose. Faire des morts, en revanche, est une autre histoire dans laquelle la sensibilité ne fait qu’accentuer la difficulté. C’est en cela que le paradoxe subsistait chez Jonas, et en cela que Malory risquait de très mal le vivre.
« - Malory, tu m’entends ? lui demandai-je.
- J’ai tué quelqu’un que je connaissais même pas, me répondit-elle. »
  Elle en avait même oublié le coup que je lui avait porté, involontairement, et qui l’avait fait légèrement saigner d’une tempe. Elle avait essuyé le sang d’un geste nonchalant, comme si sa propre douleur n’importait pas.
« - Tu m’as défendue, Malory. Je suis désolée pour le coup que je t’ai donné, mais tu dois oublier le gars que t’as descendu. Tu dois oublier ce qu’il s’est passé, t’es pas fautive.
« - Y a plein de trucs que je devais dire à Jonas aujourd’hui, me fit-elle. Et ça en fait un de plus. Et je sais toujours pas comment je vais les lui dire. »
  Je la regardai, soudain perplexe. Elle paraissait plus en intense réflexion qu’en état de choc. Comme si l’acte qu’elle avait commis n’était pas plus grave que ça, mais seulement un problème parmi tant d’autres.
« - Ca aurait pu être un type bien, et je l’ai tué, marmonna-t-elle. Je sais pas où est Jonas, ni ce qu’il fait, ni quand il va revenir, mais quand il reviendra, la seule chose à laquelle je penserais, c’est à comment lui dire que je suis… »
  Sacré nom de Dieu !
****
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#33 19-05-2008 12:32:11

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Part 17 : Morpheus
121 jours après les bombes   
??h ??
Jonas

  Tout autour de moi, le carrelage scintillant d’un blanc immaculé m’aveuglait. Je recouvrais doucement la vue, et le paysage trop propre me paraissait surréaliste. L’espace d’un instant, d’un court et infime instant, je me crus au paradis. Et après, je suis revenu sur cette pensée, constant que le paradis ne pouvait pas être un Centre Auto.
  Car c’est au Centre Auto que j’étais. Là où j’avais commencé ma folle épopée pour la survie.
  J’étais debout. En parfaite santé, vêtu du treillis Ravenwood retravaillé aux couleurs des FIRAI. J’avais la sensation de faire tâche dans le décor. Je regardai autour de moi. Il y avait de voitures, tout aussi propres que le sol, qui reposaient sur le carrelage. Je distinguais un Qashqai, un Q7. Une 407, un Tucson, une Clio 3. Toutes noires. Noires sur fond de carrelage blanc. Ca faisait tâche. Comme moi.
  Je me sentais bien. Pour une raison obscure. Ou peut-être pas si obscure que ça. Après l’explosion, le Centre Auto avait longtemps été chez moi. C’est le premier endroit où j’ai logé avant… Avant. Avant de partir pour St Martin. De trouver Malory. De trouver un nouveau foyer à ses côtés.
  Je remarquai alors que l’une des voitures était immatriculée. Une seule. 8513 AQB 13. Ca me perturbait, j’ignorais pourquoi. La plaque était fendue au milieu, tranchant le Q en deux.
  Un bruit dans mon dos. Je me retournai, nerveusement, sortant mon arme. Et devant moi, je trouvais des gens. Il y avait des gens au Centre Auto.
  Malory. Habillée comme le premier jour où je l’ai vue. Exactement comme le premier jour où je l’ai vue. Toujours aussi belle, toujours aussi fragile. Avec elle se tenait Alice, vêtue strictement. Comme si elle partait bosser. Ou qu’elle revenait du boulot. Juste à côté, Marine. Habillée strictement aussi. Elle dégageait cette aura respectueuse, solennelle, étrange, qui ne lui ressemblait pas. Encore à côté d’elle, Katia, avec John Owardy. Et Victor, armé, en vêtements stricts, portant un écusson que je ne parvenais pas à distinguer.
  Il y avait mes parents, aussi. Exactement pareils que le jour où je suis parti de la maison, en voiture, pour aller chercher Alice à Aix, et ne jamais revenir. La force du destin m’avait séparé d’eux. J’avais fait mon deuil, faute de mieux. Je m’étais dit qu’ils étaient partis avec l’Exode vers l’Est. Mais ils étaient là, au Centre Auto. C’était bizarre.
  Il y avait aussi Frank. Et Yannis Messaoui. C’était fou, ça commençait vraiment à être très, très bizarre. Et, avec eux, juste devant eux, il y avait une jeune fille au visage familier. Etrangement familier.
« - Je suis où, là ? demandai-je. »
  Ma voix résonna en écho. Ce fut Malory qui répondit.
« - Me lâche pas, Jonas. J’ai besoin de toi.
- On a besoin de toi, rajouta Marine. »
  Je les regardai, sans comprendre. Je ris nerveusement.
« - J’ai pas l’intention de vous lâcher.
- C’est ce que t’es en train de faire, mon gars. T’es en train de lâcher, me fit Victor. »
  Je sentis alors une sensation étrange. Mon cœur battait de manière totalement irrégulière. Je faisais de l’arythmie. Pourquoi ? C’était quoi encore ce bordel ?
  Pourtant, j’allais bien. Je tenais sur mes jambes.
« - Il se passe des trucs, là haut, me fit la voix résonnante d’Alice. Les choses commencent à bouger.
- Comment ça ? demandai-je alors que l’arythmie cardiaque s’accentuait.
- Pense à Cadarache, Jonas. Pense à Cadarache. »
  Je la regardai, perplexe.
« - Qu’est-ce que tu veux que j’aille foutre là-bas ? ITER ? Non… »
  Mais j’étais où, là ? C’était quoi ce bordel ?
« - C’est quoi ce foutu bordel, merde ? demandai-je aux autres. J’ai rien à foutre ici, c’est même pas sensé exister, ici ! »
  Je me tournais vers mes parents.
« - Qu’est-ce que vous fichez là ? Ca fait quatre mois que je vous ai pas vu, que j’ai dû survivre sans vous et faire mon deuil, putain ! Pourquoi vous apparaissez maintenant ?
- Parce qu’on veut pas que tu lâches, Jonas, me répondit mon père. »
  J’éclatais.
« - Mais je comprends rien, à la fin ! Qu’est-ce que vous voulez ? »
  Je me tournais vers la jeune fille au visage familier.
« - Et c’est qui elle ? Vous existez pas, ni vous, ni Frank, ni Yannis, vous avez RIEN A FOUTRE LA !
- Elle n’existe pas non plus, me fit Malory. Pas encore. »
  Je la regardai perplexe.
« - Je sais pas ce que vous me voulez tous, mais j’ai pas l’intention de lâcher, ok ? Même si j’en sais rien, de ce que je lâche, je lâcherai pas !
- Sans déconner, fit la jeune fille. »
  J’eus un moment où je fus pétrifié. Je compris qui était la jeune fille, pourquoi son visage était familier. Je me rendis compte alors que j’étais en train de mourir. Que j’étais en train de « passer de l’autre côté ». Et je regardai les gens. Malory. La jeune fille. Et je me rendis compte que j’avais une raison de ne pas lâcher. De m’accrocher.
  Et là, je me réveillai.

23h00
« - Je suis où, là ? demandai-je d’une voix faible. »
  J’étais à peine réanimé. Je voyais tout flou. C’était sombre. C’était plein de monde. Ca ressemblait pas du tout au Centre Auto. En plus, ma tête battait la chamade, et mon cœur battait en arythmie, avant de se stabiliser.
  Je me levai en douceur, et des mains vinrent me forcer à rester allongés. Les mots m’arrivaient au cerveau complètement déformés, entrecoupés de silence total.
« - Res… longé… Amina… mourir. »
  Je devais sans doute grimacer. Je sentais en tout cas mes traits crisper.
« - Qu’est-ce qu’il s’est passé ? demandai-je. »
  Je me rendis compte alors d’un rythme. J’entendais pas exactement les mots comme je les prononçais. C’était même carrément du babillage du gamin… Saloperie !
  J’étais mort. J’étais miraculé, réanimé, putain. Et là, je faisais de l’aphasie.
  Non, j’étais pas aphasique. Non, je pouvais pas l’être. J’étais seulement bousculé. J’inspirai un grand coup, me détendis.
« - Qu’est-ce qu’il s’est passé ? répétai-je. »
  Cette fois, les mots sortirent convenablement. Je regardai les gens autour de moi.
« - Je me suis noyé ? demandai-je.
- Non, me répondit Dalalinea. Vous avez fait un arrêt cardiaque en vous retrouvant engloutit par les flots. »
  Je reformai les évènements dans ma mémoire, aussi floue fut-elle. En effet, après l’explosion, dont j’avais reçu le choc, l’eau qui était sur le toit s’est déversée sur moi, et j’ai été emportée par le courant de l’eau présente dans la salle. Tout le torrent d’eau m’est tombé dessus, et ça m’a terrorisé.
« - Je fais de l’aquaphobie, informai-je les autres. J’ai une peur inexpliquée de l’eau.
- Pourquoi avez-vous tenu à aller faire le travail vous-même, alors ? me demanda Calan.
- Pour une raison simple. Je suis votre supérieur, mais je suis pas un parvenu. Je vais pas vous envoyer au casse-pipe à ma place sous prétexte que j’ai peur.
- Sauf votre respect, c’est ridicule, Monsieur Aminati, m’affirma un de mes hommes. »
  Je grimaçai. Puis je me levai.
« - Doucement.
- Ca va, j’suis pas en porcelaine, rétorquai-je. Et on a encore du boulot. »
  Cela dit, j’étais faible. Affaibli par les derniers évènements. Mais qu’importe. J’avais du boulot. Beaucoup de boulot.
***

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#34 20-05-2008 19:15:29

opahl
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

j'ai du ouvrir le dico!!
aphasie: perte de la paroleou trouble du language consécutif à une lesion cerebrale.
et ben je me coucherais moins bête ce soir!
je suis préssée de lire la suite.

moi aussi je commence à écrire une fic, quand je l'aurais postée, tu pourras me dire ce que tu en penses??? mais t'inquiète, ce n'est pas pour tout de suite, je n'en suis qu'au chapitre 3.

voilou, en attendant patiemment la suite.
opahl


vaut mieux mourrir que d'en perdre une miette.
un jour un sage m'a dit: "un brin de bravoure pour trois grains de folie."
http://karutchev.antiville.fr
lol

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#35 28-05-2008 22:06:11

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Je lirai et te dirai ce que j'en pense. Mais, ces derniers temps, vu que je travaille le matin de 5h à 9j, j'ai beaucoup de mal à me tenir à jour dans les écrits. voilà la suite. Un peu de nouveau dans le quotidien de Jonas (pour changer)

Part 18 : L’annonce
123 jours après les bombes   
10h20
Marine

La pluie cessait enfin. Nous avions de la chance : le sol de Beauréveil absorbait bien la pluie. La Mairie n’avait pas subi d’inondation, et les rues s’étaient rapidement écoulées de l’eau de pluie. Cela dit, Malory était toujours, deux jours plus tard, dans un état presque catatonique. Jonas était toujours injoignable par radio. De même que Prahersk. Seul Descordes, avec la population réfugiée aux immeubles Bellevue étaient joignables.
« - Je propose de rassembler la population à 12h, me fit Descordes par radio.
- 14h, rectifiai-je. On devrait leur laisser le temps de vérifier l’état de leurs maisons. »
  Silence.
« - Je suis d’accord. John Owardy l’est également. Rassemblement de la population à 14h sur la place du bûcher. »
  Avec Bobby Lazarus, nous vérifiâmes l’état des routes. Elles étaient moches, mais praticables. Il n’y avait, apparemment, pas trop de dégâts… si on oubliait les corps gisant à la Mairie.
  J’allais devoir m’expliquer, de même que Malory et Lazarus. Nous étions tous les trois responsables. Le problème, c’était que Malory avait beaucoup à gérer, autant dans sa vie professionnelle que sa vie privée, qui affectait de beaucoup son moral.
  Je parvins enfin à joindre Jonas, une fois la vérification des routes effectuées.
« - Co-Reg Aminati à Beauréveil. Je te reçois, Marine.
- Jonas, tu es sauf !
- Ouais. Je me suis tué, mais maintenant ça va mieux, ironisa-t-il. »
  Sur le coup, c’était impossible de savoir si c’était une blague. Ou pas.
« - On est parvenu à sécuriser La Tour d’Aigues et à aider médicalement les habitants. Tous le monde est sauf. J’aurais bien dit « sain et sauf », mais tu devrais voir leur gueule…
- Jonas, réprimandai-je.
- Désolé. Mea culpa. »
  Il redevint sérieux.
« - Ils ont accepté de signer avec Beauréveil. J’ai un représentant de la Tour d’Aigues qui s’apprête à prendre la route avec nous pour revenir à Beauréveil. Vous devriez vous apprêter à l’accueillir.
- Prenez votre temps sur la route, Jonas, lui fis-je. Vu l’état des routes après la pluie, c’est pas le meilleur accueil qu’on puisse donner.
- Ok, c’est noté. Et Malory ? Comment elle va ? »
  Je levai les yeux vers Malory, qui sortait de la Mairie.
« - Elle va, répondis-je. Mais elle a besoin de toi.
- Sans déconner. Over. »
  J’entendis le bruit significatif qu’il éteignait sa radio.
  Il était étrange. Pas comme d’habitude. Quelque chose avait changé. Mais je n’en tins pas rigueur.
  Je sortis de la Mairie, et découvrit le spectacle étrange de toute la foule des Beauréveilliens sortant des immeubles Bellevue. C’était… particulier. On ne peut pas dire que nous étions une grande masse. Nous comptions – exactement, après recensement des dossiers manuscrits – 2125 habitants dans Beauréveil même. 1789 à Carry. 312 à Armelan. Soit un total de 4226 habitants. Pour l’instant, la communauté de la juridiction Beauréveil n’était pas très conséquente. Mais, nous en étions convaincu, la communauté était prometteuse.
  Et là, c’était une marée humaine qui se dispersait. C’était comme se rend compte soudain que nous n’étions plus la petite communauté de 700 habitants réfugiés à La Croisée. On était une ville. Enfin, à l’échelle du territoire.
  Katia, John et Descordes sortirent alors des immeubles Bellevue. Derrière la foule. John me fit signe de les rejoindre alors que Katia s’éloignait avec Patrice et Cynthia.
« - We made it through, affirma John. Il n’y a pas eu aucun accident.
- Et vous, de votre côté ? demanda Descordes. »
  Je lui narrai alors les évènements. Les trois corps gisant à la Mairie.
« - Lazarus est resté là-bas. Il couvre les corps.
- Hum. Je crois qu’on devrait avoir une discussion avec Guest, marmonna Descordes.
- I can do this, fit John. Je suis américain, comme lui. C’est plus facile pour moi.
- Je suis d’accord, ajoutai-je. Ca sera plus simple de parler avec Lazarus si c’est un compatriote qui s’en charge.
- I’m not american any more, Ms Elgim. I signed up to Beauréveil. I’m one of yours now.
- Et vous en êtes le bienvenu, Monsieur Owardy, ajouta Descordes. »
  Nous avions fini par nous habituer aux conversations à deux langages. Ca donnait un air particulier à nos conversations. Puis, alors que John se dirigeait vers la Mairie, rejoignant Bobby Lazarus, je me tournai vers Descordes.
« - On a des nouvelles de Prahersk ? demandai-je.
- Il dit avoir conclu un marché avec les Ventabrennais. D’après lui, ils ont trouvé refuge parmi eux.
- C’est pareil pour Jonas. D’après lui, il amène un émissaire à Beauréveil pour signer. »
  Je marchai avec Descordes, plongés tous les deux en pleine réflexion.
« - J’ai presque envie de dire que c’est trop facile, affirma Descordes, perplexe.
- On devrait s’estimer heureux, justement, ajoutai-je. On aurait pu risquer la guerre ouverte. »
  Descordes grimaça.
« - J’ai un mauvais pressentiment, Mademoiselle Elgim. J’ai un très mauvais pressentiment. »

Jonas
13h15

  Mes troupes atteignaient enfin les bordures de Beauréveil. C’était désespérant de savoir Beauréveil aussi proche, et néanmoins de devoir faire tant de détours à cause de l’état des routes.
« - On y est, Co-Reg, me fit Calan. »
  A l’arrière du Hummer, je me tournais vers Carsellier, qui regardait par la fenêtre, le visage déformé par ses pustules et l’absence de tout espoir.
« - Comment voulez-vous procéder, Monsieur Carsellier ? demandai-je.
- Je sais comment les gens vont réagir en me voyant, me fit-il. J’y suis préparé.
- Vous voulez parler ?
- Je ferai ce qu’on m’ordonnera de faire, me répondit-il solennellement.
- Vous êtes un futur citoyen de l’administration de Beauréveil. Vous n’êtes pas un de mes hommes. Vous n’avez pas d’ordres à recevoir de ma part, répondis-je.
- Sauf si j’accepte de répondre à vos ordres, me fit-il. »
  J’encaissai le choc. Au début de mes… « péripéties », j’étais constamment remis en doute. Par les autres, et par moi-même, et on suivait mes directives plus par désespoir de cause que par confiance. Et maintenant, ce Carsellier se réclamait d’être sous mes ordres.
  Le monde est fou…
« - Suivez-moi, lui fis-je. Je parlerai en fonction de la réaction. Mais s’il vous plaît, ne vous offusquez pas des gens.
- Je ne m’offusquerai pas, me répondit-il d’un ton plat. »
  Je vous jure que c’est horrible de voir un homme aussi dépourvu d’espoir. Comme si rien ne le rattachait à la vie, et qu’il cherchait d’ailleurs ce qui l’y rattachait. J’ouvris la porte, et sortit. Je vis les rues encore en plein nettoyage par le personnel de la voie urbaine. Les gens se rassembler lentement sur la grand place. Le Triumvirat avait sûrement prévu une assemblée générale. Ce qui n’était pas pour arranger notre discrétion. Et, d’ailleurs, quand Carsellier descendit du Hummer, la réaction publique n’était pas surprenante.
« - Mon Dieu ! lâcha une femme.
- C’est horrible ! gémit un adolescent.
- Il a l’air d’un gratin dauphinois, fit un autre, moqueur. »
  Je le fixai intensément du regard. Croyez-moi, il en est devenu blanc. Tout blanc, blanc comme neige. Le prestige de l’uniforme, ça impressionne toujours. Néanmoins, je le fusillai tellement des yeux, que je crois bien qu’il a fini par s’évanouir.
  Alors que j’avançais avec Calan et Carsellier, les gens reculaient, horrifiés.
« - Calmez-vous, messieurs-dames. Je vous rappelle que vous avez tous bénéficié du vaccin contre la variole du 1er Octobre. De plus, l’état de Monsieur Carsellier est stable. Vous n’avez vraiment pas de quoi vous affoler, fis-je calmement.
- Mais c’est horrible ! lâcha un ado.
- Alors t’as certainement pas regarder ta gueule dans le miroir ce matin, rétorquai-je. »
  Tant pis pour la diplomatie. Je voulais simplement que les gens accueillent Carsellier en homme, et pas en victime de la Variole. C’était ma priorité. Depuis que je m’étais rendu compte que la foule se tournait toujours vers moi en temps de crise, mais me crachait dessus en temps de calme, j’avais fini par me foutre royalement de mon image. Tant pis si je devais en insulter un pour le calmer.
  D’ailleurs, je devrais me calmer là-dessus…
« - Monsieur Carsellier, fis-je en me tournant vers lui. Je vais vous introduire auprès du Triumvirat. Si vous voulez bien me suivre. »
  Son regard balaya la foule, puis il acquiesça.
« - Bien sûr. »

14h
  Le meeting s’était fait rapidement. Le Triumvirat avait promis une A.G. sur la grand-place pour faire l’inventaire des dégâts, déployer le personnel, et faire le rapport de l’Expédition à la Tour d’Aigues. Aussi, Nicolas Descordes expliqua rapidement le fonctionnement de l’administration de Beauréveil.
« - Tant que la crise n’est pas passé, nous tenterons de conserver la même institution. Le schéma du Triumvirat fonctionne plutôt bien pour l’instant, mais n’aura que peu d’influence sur votre ville, tant que l’UDE n’aura pas validé notre candidature. Vous aurez l’appui des militaires, dès leurs retours, et des FIRAI pour remettre en ordre votre ville, mais en dehors de ça, vous aurez la totale gestion de la Tour d’Aigues, et des livraisons de nourriture.
- Qu’en est-il de la protection ? demanda Carsellier.
- Pardon ? fit Marine.
- Contre les renégats. Contre les Ravenwood.
- Nous avons installé un système de police interne, répondit Marine. Il suffira que vous leviez une troupe, et si nous le pouvons, nous leur fournirons du matériel. »
  Carsellier paraissait satisfait, et signa alors l’accord avec le Triumvirat. Il rejoignait ce que le Triumvirat appelait la CSE. Communauté Sud Est.
  Puis, vint l’heure du meeting. Après l’inventaire des dégâts, qui était plus léger que ce que nous avions craint, je pris la parole. Toujours mal à l’aise, néanmoins. Le temps et l’expérience ne changeront rien à cela.
« - Aujourd’hui, nous avons signé avec Monsieur Carsellier ici présent l’annexion de la Tour d’Aigues à notre juridiction. La Tour d’Aigues a été victime de la Variole du 1er Octobre, et je ne cacherai pas mes mots : oui, leurs visages peuvent vous choquer de prime abord. Mais sachez que nous avons apporté l’aide médical nécessaire à la population, et les… survivants de la Variole sont à un état stable, au même titre que Monsieur Carsellier. La cohabitation est sans risque, je vous demanderai juste de faire preuve de respect envers les Tourrains. »
  Silence. J’ajoutai.
« - Je vous annonce également la volonté des FIRAI de sécuriser la zone couverte par le projet ITER, à Caradache. »
  Rumeurs dans l’assemblée. Je l’avais prévu.
« - Je vous demande de rester calme. J’essaierai de faire preuve de clarté : Vous savez tous que nous avons subi, il y a quatre mois, la plus grande catastrophe nucléaire de tous les temps. Il n’y a que deux choses qui nous ont protégé d’un Hiver Nucléaire : la chronologie des attentats, concordant avec les données météorologiques, ainsi que la Station HAARP, aux Etats-Unis, qui a nettoyé l’atmosphère des dernières particules nocives. Mais le projet ITER à Cadarache induit le risque de la présence de matériaux fissibles nucléaires.
- Ca veut dire quoi ? demanda quelqu’un dans l’assemblée.
- Que, dans la mesure où Ravenwood occupe une partie du territoire français, nous pouvons craindre qu’ils tentent de faire main basse sur le matériel nucléaire de Cadarache. Et vous savez ce que cela peut impliquer. »
  Nouvelles rumeurs, plus fortes.
« - C’est pour ça que je vais mener les FIRAI à explorer le site de Cadarache. Connaître la zone, les survivants. Si ITER a été laissé à l’abandon pendant ses travaux ou si quelqu’un y a élu domicile. Dans tous les cas, j’appelle la moindre personne ayant des connaissances en matière de physique à se présenter à mon bureau dans les jours à venir. Je vous remercie. »
  Ca ne ressemblait pas du tout à mes premiers speechs. Mais comment pouvais-je dire à la foule que j’avais fait une « Near Death Experience », et que j’avais eu une vision qui me disait de « penser à Cadarache » ?
  J’expliquai, en passant sous silence la « vision », mes projets pour Cadarache au Triumvirat. Marine ne parut pas convaincue, mais nous n’avions pas eu le temps d’en discuter davantage. Nous nous séparâmes, et je rejoignis Malory, que je pris dans mes bras.
« - Tu es saine et sauve, lui fis-je, rassuré. »
  Elle m’embrassa, passionnément.
« - Je craignais le pire, Jonas… avec tout ça, la tempête, les missions, la Variole. »
  Je lui souris.
« - Je suis en pleine forme. J’ai juste… »
Je lui expliquai les évènements. L’eau, ma crise d’aquaphobie. Je lui racontais tout, sur le chemin pour la maison. Je lui racontai aussi ma vision.
« - Ce qui était dingue, c’est que je voyais tous le monde, et que j’avais l’impression que… enfin, c’est dingue, je sais que c’était une hallucination, mais j’avais vraiment l’impression que les gens me parlait… enfin, comme si ils venaient du futur. »
  Malory parut alors sombre. Elle prit une grande inspiration, mais s’arrêta.
« - Malory ? Ca va ?
- Non, ça va pas vraiment. J’essaie de trouver un moyen de te dire ça en douceur, mais j’en trouve pas. C’est horrible.
- Tu sais que tu peux tout me dire, lui fis-je. »
  Je posai avec douceur ma main sur sa joue, lui tournai le visage vers moi. La fixai dans les yeux, plongeant dans son regard.
« - C’est pas ça, Jonas. C’est…
- Quoi ? demandai-je, sans comprendre. »
   Elle inspira alors un grand coup, et parla rapidement :
« - Je suis enceinte. »
****

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#36 30-05-2008 13:52:18

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Je commence un peu à prendre le syndrome Rowling >< j'ai écris deux fins pour "la renaissance d'une nation", je sais pas encore laquelle je vais choisir.

Part 19 : Invité surprise
124 jours après les bombes   
2h00
Jonas

  L’annonce de Malory m’avait fait l’effet d’un coup de poing. Nous avions passé l’après-midi, puis la nuit, entières, à parler de ça. De tout ce que ça voulait dire.
« - Je sais pas quoi faire, me fit-elle, au bord des larmes. »
  Dans ma tête, je réfléchissais à toute vitesse. Il y avait une réponse que je voulais éviter : le traditionnel « quelque soit ta décision, je te suivrais ». Parce que, même si ça part d’une bonne intention, ça laisse la fille toute seule dans la peur de son choix.
« - Malory… tu sais que je t’aime ? lui demandai-je.
- Je le saurais jamais assez…
- Ecoute-moi… si je te demande ça, c’est parce que j’ai besoin d’être honnête avec toi. La plupart des couples attendent bien plus longtemps avant de se risquer à prendre ce genre de décision. Nous, on est un couple encore récent.
- Où tu veux en venir ? me demanda-t-elle. »
  Je soupirai.
« - Je veux en venir au fait que je ne m’y attendais pas, et que je comprends que ça t’aies paniquée. Je comprends même que t’aies eu du mal à m’en parler. Mais je veux que tu comprennes que tu n’es pas toute seule. Si je suis avec toi, c’est pour qu’on règle ce genre de choses ensemble.
- Et tu crois quoi, toi ? qu’on devrait… »
  Elle n’osait pas parler. Si elle prononçait le moindre mot, elle fondrait en larmes.
« - Je pense qu’on est un couple jeune, mais qu’on a vécu des trucs, ces quatre derniers mois, qui nous ont un peu… vieillis. J’ai vingt ans, et toi dix-huit. Normalement, ça fait vachement jeune pour avoir un enfant, mais… est-ce que ça vaut encore maintenant ?
- Tu veux qu’on le garde ? me demanda-t-elle.
- Je veux que, si on le garde, on soit sûrs de nous. Je veux que tu sois sûre de toi. Je veux que tu sois sûre de moi. Et, je veux que, si on ne le garde pas, alors qu’on en ressorte plus forts. »
  Elle ne me répondit rien. Je lui demandai :
« - Dis-moi ce que tu veux faire, Malory. Dis-le moi, et je te dirai tout ce que je pense, mais je ne te laisserai pas seule. Jamais. »
  Et, au final, Malory était « sûre de nous ». Mais nous avons attendu une semaine avant de

131 jours après les bombes
12h30

« - …Vous annoncer que je suis enceinte, fit Malory à la Troupe des Orphelins. »
  Marine vint me prendre en aparté pour me dire qu’elle le savait avant moi. Je fus surpris.
« - Pendant la tempête, j’étais coincée avec Malory. Il s’est passé des trucs, et… enfin, elle a fini par me le dire.
- Et tu en penses quoi ? demandai-je. »
  Elle haussa les épaules.
« - Il s’est passé que quatre mois, et j’ai la sensation que nous avons vieilli de quatre ans. Moi, je pense que ça va renforcer ta relation avec Malory, et te donner une bonne raison de faire ce que tu fais. »

133 jours après les bombes
11h30

  Un professeur de physique, qui travaillait autrefois dans un lycée, était venu se présenter à mon bureau. Nous avions longuement parlé du site de Cadarache, quand John Owardy vint me chercher.
« - Dehors… »
  Il ne parvint pas à finir sa phrase, ne trouvant pas les mots.
« - Veuillez m’excuser, Monsieur Vacreniet. Vous pouvez disposer. »
  Je suivis alors John à l’extérieur. Dans le hall de la Mairie, j’entendis un bruit sourd et saccadé.
« - C’est quoi ? demandai-je alors que Descordes et Marine nous rejoignait.
- Un hélico, me répondit Descordes. »
  Nous sortîmes de la Mairie. Un hélicoptère, d’un bleu pétant, amorçait lentement sa descente. Nous le fixions tous, sans comprendre. Victor vint nous rejoindre, et nous partageâmes un regard inquiet. Puis, dans un même geste, nous avons levé nos armes, et nous avons suivi de nos canons la trajectoire de l’hélicoptère.
« - Monsieur Elcuore ! hurla Descordes pour couvrir le bruit sourd des pales de l’hélico. Evacuez les habitants de la grand place ! »
  Victor s’exécuta, me laissant seule défense potentielle contre le danger potentiel. En voyant des membres des FIRAI accourir, je leur fis signe de s’approcher et de tenir l’hélicoptère en joue.
  L’hélico se posa, en délicatesse. Je savais, plus ou moins, que manœuvrer un hélico était quelque chose de très subtil, quasiment mathématique. Ca expliquait sans doute la lenteur de la manœuvre.
  Les vitres de l’appareil étaient teintées, et m’empêcher de discerner distinctement les visages à l’intérieur.
  Les troupes se resserrèrent autour de l’appareil, avec précaution, alors que les pâles ralentissaient. Le bruit sourd s’apaisait, devenant un sifflement lourd tournoyant. Le disque formé par la rotation des pâles commençait à se dissiper, et à se transformer en quatre lignes. Puis, enfin, le bruit stagna.
  Personne ne sortit. Je vis des silhouettes s’agiter à l’intérieur. Nous nous resserrâmes davantage encore, et j’avançais vers la porte coulissante. Lentement, non sans appréhension. Et, le pire, c’était qu’en tant que Co-Reg, je n’avais pas le droit de laisser paraître la peur.
« - Sortez de là, les mains en l’air ! hurlai-je. C’est un ordre ! »
  Pas de réponse. Je restai parfaitement immobile. Je criai de nouveau :
« - Je répète, sortez…
- Monsieur le Coordinateur Réglementaire Jonas Aminati, fit une voix lourde résonnant au travers d’un haut-parleur, vous êtes priés de baisser vos armes et d’ordonner à vos troupes de s’écarter, sans quoi, vos gestes seront considérés comme un signe d’affront. »
  Je me tus. Je tentai tant bien que mal de distinguer un visage derrière les vitres teintées. Je remarquai alors le logo sur l’arrière de l’appareil. Trois demi-cercles, bleu, jaune, rouge, qui s’entrecroisaient. Je me rendis compte, quoiqu’avec un moment de décalage, que la voix dans le haut-parleur provenait de l’hélicoptère.
« - Vous êtes en présence du Sénateur Alain Pasquary, clama la voix dans le haut-parleur, représentant de l’Union Diplomatique Européenne. Ceci est une visite diplomatique. Je vous répète une dernière fois : baissez vos armes, ou vous serez considérez comme ennemi martial de l’UDE. »
****

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#37 30-05-2008 20:13:04

opahl
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

tiens, ils ont parlé de cadarache aux journaux tv.
que viens faire le sénateur de l'UDE ici???
vivementla suite
ps: pour ma fanfic ce n'est pas grave que tu ne puisse pas la lire tout de suite, de toute façon je ne l'ai pas encore finie...


vaut mieux mourrir que d'en perdre une miette.
un jour un sage m'a dit: "un brin de bravoure pour trois grains de folie."
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#38 03-06-2008 19:40:17

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Part 20 : Nuts
133 jours après les bombes
11h36
Jonas

  Je compris alors que le logo situé à l’arrière de l’hélico était celui du drapeau de l’UDE. Je cherchais dans ma tête toutes les solutions possibles et imaginables.
« - Monsieur Aminati, baissez votre arme, s’il vous plaît, me fit Descordes. »
  J’obéis.
« - FIRAI, champ libre ! hurlai-je. »
  Chacun de mes hommes baissa son arme. Pas comme à Armelan. Peut-être parce que la présence du Triumvirat jouait.
« - Nous avons coopéré, assura Descordes de vive-voix. Veuillez sortir à votre tour, en signe de collaboration. »
  Moment de latence, ou j’avais quand même les mains nerveuses sur mon arme. Puis, la porte de l’hélicoptère s’ouvrit latéralement. J’étais nerveux, ma main toujours serrée sur mon arme. Quand j’ai vu une silhouette gracieuse, féminine, descendre de l’hélico, vêtue d’un tailleur stricte. Une silhouette familière, qui laissa place à la surprise quand je reconnus le visage sous les cheveux blonds, lisses au lieu d’onduler.
« - Alice ? »
  Elle sourit légèrement.
« - Bonjour, Jonas, me fit-elle. »
  J’avançai vers elle, la pris dans mes bras, hébété.
« - Qu’est-ce que… »
  Un homme sortit à son tour de l’hélico, également habillé dans un costume très strict, des cheveux blonds plaqués qui lui donnait l’allure d’un aryen. Néanmoins, son visage était… inexpressif. Je présumai qu’il s’agissait d’Alain Pasquary. Le pilote, quant à lui, resta dans l’hélico.
Alice se décala sur le côté.
« - Monsieur le Sénateur Pasquary, je vous présente donc Jonas Aminati. »
  Le Sénateur me tendit la main.
« - Mademoiselle Manjero parle de vous comme un sauveur pour votre communauté, me fit-il alors que je lui serrai la main, suspicieux.
- C’est flatteur de sa part, fis-je d’une voix plate. »
  Je me tournai vers le Triumvirat, qui s’approchait.
« - Dans la mesure où Alice Manjero a commencé les présentations, je me permets de les continuer. Monsieur le Sénateur, voici le Triumvirat, chef du gouvernement temporaire de la Communauté Sud-Est. Nicolas Descordes, qui vient de la ville de Carry, membre de notre Communauté. Marine Elgim, originaire de Ventabren, dont le village est actuellement en négociation pour entrer dans notre Communauté.
- En négociation ? fut surpris le Sénateur.
- A vrai dire, le Colonel Prahersk sur place est sur le point de signer, il reste quelques points à éclaircir, assura Marine. »
  Le Sénateur parut soudain suspicieux. Je continuai les présentations.
« - John Owardy, américain, ex-Ravenwood qui a rejoint notre cause. »
  Je m’attendais à une remarque quelconque sur le fait que John provenait des mercenaires, mais non, rien, nada, sinon une poignée de main ferme.
« - Mademoiselle Manjero a dû vous expliquer le fonctionnement de notre institution, fit Descordes avec politesse.
- C’est justement un des points que je souhaiterais soulever, si vous me permettez de vous imposer une réunion. »
  Mort de rire. « Si vous me permettez ». Il se le permet tous seul, le gaillard.
  Enfin. On l’a quand même permis. En l’absence du Caporal Bermuda, et du Colonel Prahersk, c’était donc Victor qui représentait les forces de l’ordre. Dans la salle de meeting qui avait été récemment réaménagée à la Mairie, c’était le Conseil habituel qui était rassemblé, auquel s’ajoutait, par logique, le Sénateur Pasquary et Alice.
  Le Sénateur nous expliqua qu’Alice avait présenté le projet de la CSE auprès du Siège de l’UDE, mais que le projet ne pouvait avoir donné lieu à de récents votes.
« - Sous quel motif ? demandai-je.
- Sous le motif, commença Pasquary, que vous n’êtes pas les seuls à réclamer la légitimité de la gouvernance du territoire. »
  Silence pesant.
« - Il existe d’autres organismes, influents, qui revendique cette légitimé, et bien qu’une minorité soit en faveur de la CSE, comme vous l’appelez, le Siège s’apprête à donner son accord à un gouvernement déjà formé prêt à envoyer ses troupes et sa législation sur le territoire français.
- Même contre l’opinion des français ? rétorqua Marine.
- Nous sommes en temps de crise, jeune demoiselle. Je ne crois pas que vous ne compreniez le nouveau fonctionnement gouvernemental.
- Justement, nous pensions que vous veniez nous l’exposer, répondit Descordes. Pas que vous veniez nous annoncer que notre travail était réduit à néant.
- Ce n’est pas ce que j’ai dit, contredit Pasquary d’une voix monocorde. Vos efforts ne sont pas vains. Vous avez rapportés de l’ordre dans la région PACA, en pleine période de crise. Vous pourrez bénéficier de la légitimité cantonale de la région.
- Cantonale ? répétai-je sans comprendre. Depuis quand la région PACA est-elle un canton ? »
  Pasquary se leva. Il haussa alors le ton.
« - Depuis que le territoire français a été attribué à la juridiction de Cheyenne, Wyoming, Capitale des Etats-Alliés d’Amérique. »

11h45
  La chaise d’Owardy vola alors derrière lui, bruyamment. Je me levai également, révolté.
« - Vous me répétez ça ? rugis-je.
- You might be kidding, you bitch ! cracha Owardy au visage de Pasquary.
- Qu’est-ce qu’il raconte ? demanda le Sénateur.
- Grosso modo, vous avez pas envie de savoir, grognai-je.
- Nous savons que les Etats-Alliés d’Amérique sont à l’origine de l’envoi des troupes de Ravenwood sur le territoire français, fit Descordes avec assurance. Et, jusqu’à ce qu’on m’apporte la preuve du contraire, Ravenwood a contribué davantage à la pérennité du chaos qu’à sa résolution.
- En temps de crise, la réaction de la population est démesurée, contredit Pasquary. L’hystérie collective et les rumeurs ont poussé la population à dénigrer la présence d’américains sur notre territoire.
- Ah oui ? Et vous trouvez logique que la population n’aie pas dénigré la présence de John Owardy au sein de la CSE ? rétorqua Marine.
- This is insane, fit Owardy. Ravenwood ne peut pas assurer le gouvernement de la France.
- C’est pourtant ce que le Siège s’apprête à signer. Ravenwood, sous la tutelle de la Société Jennings&Rall, assurera la remise en place du gouvernement sur le territoire français, et aura la charge tutélaire de la France annexée aux ASA.
- Nom de Dieu, hurlai-je. Ravenwood a détruit des villages entiers, provoqué la terreur, et maintenant, vous voulez confier notre peuple aux Ravenwood ?
- Ce ne sont que des rumeurs, rétorqua Pasquary. »
« - CE NE SONT PAS DES RUMEURS ! hurlai-je, fou de rage. »
  Mon poing frappa alors brutalement la table. Un silence de plomb retomba sur la tablée, alors que je fixais Pasquary avec haine. Représentant de mon cul, ouais. C’était un messager du diable. Il fonctionnait comme avant les explosions. Avant le 1er Octobre. Il fonctionnait de la même façon que celle qui avait mené à « la fin du monde ».
« - J’étais là à St-Martin quand ils ont réduit le village à néant. J’ai du fuir de la ville avec 757 survivants, à pied, pour rejoindre La Croisée. A peine quelques jours avant que Ravenwood n’atteigne La Croisée pour lui faire subir le même sort. J’ai été pris en chasse sur les routes par les soldats de Ravenwood. Alors, osez me dire que ce sont des rumeurs, histoire que je me mette dans le crâne que j’ai inventé les dizaines de cicatrices qui me réveillent encore au milieu de la nuit. »
  Pasquary me fixa droit dans les yeux. Inexpressif de par son visage.
« - Vous avez sûrement dû provoquer les troupes, me répondit-il.
- Ah oui, vous avez raison. J’ai dû réclamer à pouvoir rentrer chez moi, ça les a vexés, alors ils ont massacré plus de mille cinq cents personnes. Maintenant, je devrais me sentir coupable ?
- Co-Reg Aminati… commença à me réprimander Descordes. »
  Je me tus. Je m’emportais. Ma colère me donnait tort.
« - En résumé, et malgré les différends qui peuvent vous opposez à la cession du pouvoir à Jennings&Rall…
- Je croyais qu’il était cédé aux Allied States of America, répliqua Owardy.
- Jennings&Rall représentera les ASA sur le territoire français, expliqua Pasquary. Donc, malgré ces différends, vous avez trois semaines pour confirmer votre accord quant à la légitimité de la cession. Sans quoi… »
  Pasquary hésita. Seule émotion que son visage trahit enfin : une certaine crainte. Un doute plutôt sombre.
« - Sans quoi, le territoire sous la juridiction auto-proclamée de la Communauté Sud-Est sera déclaré zone d’insurrection, et des mesures drastiques seront prises en conséquence. »
  Si jamais vous ne comprenez pas, je vous explique la situation : Nous avons le choix entre nous rendre, ou nous faire exterminer. Il me semble que c’était arrivé au Général Anthony MacAuliffe, près de Bastogne, au débarquement, face aux nazis. Un américain. Il était dans la même situation, avec ses troupes. Se rendre ou se faire tuer. Et il avait répondu
  Nuts.
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Dernière modification par irajonas (03-06-2008 19:42:52)


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#39 04-06-2008 17:41:32

opahl
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

jolie allusion au grand pere de jake
.opahl.


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#40 04-06-2008 19:38:02

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

opahl a écrit:

jolie allusion au grand pere de jake
.opahl.

Surtout que ça s'est vraiment passé, c'est une anecdote véridique. Le gars qui a retranscris la conversation entre McAuliffe et l'officier nazi a même eu beaucoup de mal à la retranscrire à l'écrit!

Et puis, dans l'univers de Jericho, je pouvais pas passer à côté ! tongue

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#41 05-06-2008 13:04:57

Rashkar
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Desole pour mon absence, vraiment trop de travail a faire ces dernieres semaines, mais je continues a suivre, et tournant tres interessant smile

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#42 05-06-2008 21:17:45

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Bon... Pour une raison obscure, je reçois des appels compulsifs qui me harcèlent. Le dernier appel en date fait allusion à ma fanfic JERICHO. je ne sais pas encore pourquoi. Quoiqu'il en soit, si cette personne me lit, qu'elle arrête tout de suite cette blague de mauvais goût, sinon, je lui colle une plainte au cul.

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#43 07-06-2008 10:55:46

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Part 21 : C.I Arche
133 jours après les bombes
14h20
Jonas

  Pasquary avait passé son temps à nous décrire toutes les faiblesses du gouvernement de la CSE. L’absence d’arme, une constitution non-écrite, et un pouvoir tricéphale qui était de fait bancal. Du moins, d’après lui.
  Chez moi, je frappais d’un coup de poing contre le mur. Malory m’attrapa le bras et m’empêcha de recommencer.
« - Jonas, épargne-moi tes crises de rage, s’il te plaît, me fit-elle froidement. »
  Elle m’avait vu dans le même état quelques temps auparavant, quand nous nous étions arrêtés dans cette maison où j’avais trouvé l’ordinateur. Quand je me suis rendu compte que la bombe était tracée, j’avais pété un câble… et elle a eu peur de moi. Mais maintenant, elle savait exactement comme je fonctionnais. Chacun de mes rouages lui était connu.
« - Qu’est-ce qu’ont dit Descordes, Marine et John ? demanda-t-elle.
- Ils ont défendu la cause de la CSE. Plutôt bien, d’ailleurs. Mais, d’après Pasquary, les papiers sont quasiment signés. Il faudrait un miracle pour que Jennings&Rall ne s’approprie pas le pays. »
  Quelqu’un frappa alors à la porte. Je croisai le regard de Malory.
« - J’y vais, lui fis-je. »
  Je me levai, et allai ouvrir la porte. Alice se trouvait derrière, toujours vêtue stricte, le visage impassible.
« - Jonas, me fit-elle. On doit parler, maintenant. »
  J’acquiesçai. Oui, il fallait qu’on parle. Il y avait énormément de choses à dire.

15h
« - Il y a un sénateur italien prêt à soutenir la cause de la CSE et à retarder la signature avec les ASA, mais il ne peut rien faire tant qu’on n’a pas de preuves tangibles des activités illicites des Ravenwood.
- On a des dizaines de témoignages, répondit Malory. Ils ne peuvent quand même pas accuser tout une population de mentir !
- Si, répondit Alice d’un ton sec. Il leur suffit de considérer que les gens étaient sous l’influence de l’hystérie collective. C’était le principal argument de Carole Ilmessia.
- Qui ça ? demandai-je.
- Carole Ilmessia, sénatrice suisse. C’est elle qui a représenté le projet d’annexion du territoire. »
  L’idée me paraissait, encore maintenant, incohérente. Nous n’étions plus au temps des colonies, et pourtant, c’était un fait : les ASA étaient sur le point de « recoloniser » la France.
« - Et qu’est-ce qu’ils savent de la station HAARP ? et de l’EMP ? demandai-je.
- Pour la station HAARP, ils ont accusé les coréens. Pour l’EMP, ils ont dit la même chose que ce que tu avais capté à la radio : pour stopper la progression des terroristes. »
  Je me passai les mains sur le visage, soudain pris d’un sombre désespoir. Tous ces efforts… pour rien. La seule façon que j’avais de pouvoir stopper tout ça, c’était de me servir de la bombe comme preuve incriminant les ASA. Mais je manquai d’infos, de preuves tangibles. Le dossier envoyé par Mr. X concernant l’Arche était flou, bien qu’il mentionnait le trafic de matériel nucléaire. Ils parlent notamment de l’expérience du « Enième pays ». Cette expérience consistait à laisser à un pays peu développé du matériel atomique. Les scientifiques de ce pays parvenant à développer une arme atomique, on avait démontré qu’il était à la portée de « presque tous le monde » de fabriquer une bombe. Le dossier contenait aussi un rapport sur Mykolaiv, en Ukraine, pendant lequel l’ONU et une organisation non-gouvernementale, prétendument secrète, dénommé le CINETIC, ont perdu une cargaison de bombes. 19 bombes, pour être exact.
  Je connaissais bien l’origine. Comment le matériel nucléaire était arrivé entre les mains des commanditaires. Mais il me manquait des noms. A moins…
« - Attend, qui a représenté les ASA devant le Siège, déjà ? demandai-je.
- Carole Ilmessia. Pourquoi ? »
  Le nom m’était soudain familier. J’avais la sensation de l’avoir déjà lu. Et j’avais la sensation que c’était dans le rapport de l’Arche.
« - Alice, va chercher Lazarus, s’il te plaît. Rejoins moi avec lui à mon bureau. J’ai un horrible doute. »
  Horrible, le mot était faible.

16h
  Je fouillais encore dans le rapport, quand je lus, devant Lazarus et Alice :
« - 25 mai 1983 : Le 20ème Sommet du CINETIC, basé à Turin, Italie, voit succédé à Roland A. Sinsay, la scientifique et stratège italienne Andra B. Dancelli. Egalement marque dans l’histoire du CINETIC la première tentative d’attentat orchestrée contre le Sommet. Aucun survivant parmi les terroristes, la source ne peut être déterminée. Néanmoins, le CINETIC soupçonne l’Arche. 14 mars 1987 : Andrea B. Dancelli est retrouvée morte par balle dans ses appartements. Les coupables demeurent inconnus, et Carole C. Ilmessia marque l’intérim à la tête du CINETIC. 25 mai 1987 : Le 24ème Sommet met fin à l’intérim de Carole C. Ilmessia et nomme Eli Krugger à la tête du CINETIC. »
  Je me levai, tentant de comprendre.
« - Quelque chose m’échappe. On sait, d’après Hawkins, et vous, Lazarus, que les ASA, Ravenwood et J&R sont liés, d’une manière ou d’une autre, aux attentats. Si j’en crois le rapport de Mr. X, on peut supposer que la véritable responsable des attentats, c’est l’Arche.
- L’Arche, contre qui luttait le CINETIC, ajouta Alice. Techniquement, donc, le CINETIC, c’est les gentils, et l’Arche, et les ASA, les méchants.
- Mais Carole Ilmessia y a assuré l’intérim pendant trois mois. Elle a lutté contre l’Arche, et maintenant, elle se range du côté des ASA. Pourquoi ?
- She’s a spooke, répondit Lazarus.
- Une quoi ? demanda Alice. »
  J’avalai ma salive.
« - Un espion, traduisis-je. »
  Quelques zones d’ombres s’éclaircissaient. John Tomarchio, et J&R, dominaient les attentats du territoire américain. Et l’Arche dominait encore plus J&R, et les attentats du territoire mondial. L’Arche était l’organisation responsable des attentats. Carole Ilmessia, elle, avait infiltré le CINETIC pour altérer leur fonctionnement, et maintenant, elle siégeait à l’UDE.
  Carole Ilmessia servait le monde aux enfers sur un plateau d’argent.
« - Lazarus, I need to talk to Hawkins, right now, fis-je à Lazarus.
- This is not an option, me répondit-il.
- And this is not a request. It’s an order, rétorquai-je. »
****

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#44 07-06-2008 21:53:57

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Part 22 : Plus depuis 1789
133 jours après les bombes
17h
Jonas

  Il m’avait fallu attendre près de deux heures pour que Lazarus parvienne à me donner Hawkins sur son cellulaire. Et c’est un black fou de rage que j’eus.
« - Why aren’t you reachable on your webcam ? demandai-je.
- Things are moving out there, Aminati, and I can’t be a part of your business, me répondit-il.
- Right now, I need to talk to you. Have you ever, ever, heard about the “Arche” ? »
  Non, Hawkins ignorait tout de l’Arche. Il disait, néanmoins, qu’il allait partir, prochainement, pour le Texas, et les convaincre de ne pas signer avec Cheyenne. Dans des jours très, très proches. Il accepta d’allumer son PC, et de partager avec moi un rapport accompli concernant un scénario catastrophe, qui, selon sa source, était « commandé par le gouvernement américain, conçu par J&R ». Il m’affirma également qu’à l’époque, John Tomarchio n’était qu’un cadre de Jennings & Rall. En d’autres termes, le rapport rendait explicite le fait suivant : Jennings & Rall avait anéanti les USA et s’était créé leur propre « pays privé ».
  Je lui expliquai que Carole Ilmessia avait travaillé pour l’Arche selon le même concept, et que, selon mes théories, le but de l’Arche était d’inverser la tendance politique Nord/Sud, et que la manœuvre de J&R était très probablement imbriquée dans cet objectif. Hawkins approuva ma théorie, mais ne la confirma pas.
  Il ajouta qu’il était fort probable que Carole Ilmessia ne soit que la face visible des dirigeants de l’Arche, et que d’autres étaient sans doute aussi impliqué qu’elle. Il affirma qu’il allait me transférer les dossiers complets de John Tomarchio et de Thomas Valente, pour que je puisse enquêter là-dessus. Il comptait également me transférer l’intégralité des informations dont il disposait.
« - Why ? avais-je demandé.
- Because, I got the will to leave my town and go to Texas to deliver the Package I have, and it’s probably a trip I won’t go back from. »
  Cela semblait être l’au revoir de mon « contact ». Je lui demandai une ultime question :
« - Why do you trust me ?
- Because you and I, we don’t have any right to fail, and if I do, I’m gonna need you to succeed.
- I’m a kid.
- Maybe, but your mission doesn’t care about it. And, if anything goes wrong, I hope you’ll save your country. »
  Je me suis alors rendu compte d’un truc dont j’aurais dû me rendre compte depuis bien longtemps : S’il ne restait plus que l’équipe de Hawkins et la mienne capable de remplir cette mission, alors… Cette fois, c’était réel. Ce n’était plus une expression. Je portais le monde sur mes épaules.

18h23
  Les pièces s’imbriquaient. Au bout de près de cinq mois, les choses s’éclaircissaient et devenaient dès lors bien plus compréhensibles. Mais, en plus de cette… conspiration – mot que je déteste – à élucider et exposer, j’avais bien d’autres soucis en tête. Soucis dont le Conseil vint discuter, chez moi.
  Toute la bande des Orphelins. Alice, Marine, Victor, Katia, Malory, et moi. Céleste, la sœur d’Alice, était restée au Luxembourg, sous la garde d’une connaissance d’Alice, digne de confiance.
  Se joignaient à nous, bien sûr, Owardy et Descordes. Et le Caporal Bermuda également, qui avait été appelé en urgence par le Triumvirat. Et, bien évidemment, notre réunion n’avait rien d’officiel. Parce que je savais d’avance où ça allait nous conduire, et quelque chose me dit que Pasquary aurait eu un bon prétexte pour nous déclarer expressément « insurgés ».
« - Il reste des gens qui sont prêts à soutenir la cause de la CSE et qui font tout pour contenir et retarder la signature. Paulo Federico, c’est son nom. Il représente l’Italie au siège de l’UDE. »
  Elle nous raconta alors son « séjour » au Luxembourg. Les 16 jours qui s’étaient déroulés. Une journée de voyage pour atteindre le Luxembourg. L’escorte qui accompagnait Alice n’avait rencontré ni Renégats ni Ravenwood, mais avait fait un arrêt à Jiaire pour leur signaler qu’ils se rendaient au Luxembourg pour représenter la CSE. Au Luxembourg, il a d’abord fallu qu’un ambassadeur l’accueille. Après quoi, elle a été présenté par un sénateur mandaté : Paulo Federico. D’après Alice, Paulo Federico avait contribué à la reconstruction depuis Turin, qui s’était servie de l’industrie automobile, et a forsuri du transport, pour réorganiser l’Italie.
  Sur place, un logement temporaire lui a été attribué à l’Ambassade d’Italie, sous la tutelle de Federico. Car, comme la CSE n’existait pas encore, et que la France était un pays sans gouvernement, il n’y avait pas d’ambassade attribuée à sa venue.
  Elle s’était baladée au Luxembourg, et la ville florissait. Bon gré mal gré, la population locale a dû laisser place à l’anglais comme langue prédominante, car toutes les origines européennes s’étaient rassemblées ici. D’un point de vue militaire, le Luxembourg est encore fragile. Ils ont des avions chasseurs, des avions cargo, mais n’ont pas de dispositif anti-nucléaire, pas de flottes marines. Ils sont néanmoins bien équipés en armement sol-sol.
« - Je ne crois pas qu’on puisse espérer grand-chose de l’UDE, dans les circonstances actuelles, nous déclara Alice, mais si l’UDE signe avec les ASA, il y a des chances – de fortes chances – pour que l’Italie nous prête main forte. La force de l’UDE, c’est son armement sol-sol, mais c’est aussi sa faiblesse, parce que l’Italie est très bien protégée contre ce genre d’assaut. En plus, ils ont une bonne flotte aérienne. D’après Federico, ils ont accès à un bon nombre d’Aeritalia G-222. Ce sont des avions cargos qui sont prêts à nous ravitailler.
- Et il a dit ce que demandait l’Italie en échange ? demanda Descordes. »
  Alice se tourna vers lui.
« - L’Italie a une politique différente de ce qu’on a vu jusqu’à maintenant. Ils n’ont pas votre point de vue capitaliste, Monsieur Descordes. Ils ne nous demandent rien.
- Ils ont quel genre de politique ? demandai-je.
- Federico m’a donné un nom en italien, mais je n’arrive toujours pas à m’en rappeler, admit-elle. Quoiqu’il en soit, si l’UDE est un échec, on aura l’appui de Turin. »
  Au moins une bonne nouvelle. Mais nous évitions tous, pendant ce temps, de parler du vrai problème.
« - Qu’est-ce qu’on va faire, dans les jours à venir ? demanda enfin Katia. On va… »
  Elle hésita.
« - On va se laisser faire ?
- Hors de question, rétorqua Bermuda. Seulement, cette fois, on ne se bat pas contre une faction de Ravenwood, ou une bande de Renégats. On parle d’un gouvernement, de nations entières prêtes à envoyer leurs armées sur nous si on échoue. Et vous ne pouvez pas compter Prahersk qui, en dépit de son intégrité, sera forcé de suivre le gouvernement imposé par l’UDE. »
  Je grognai. J’avais un plan en tête, mais j’avais peur de l’exposer. Parce que c’était… énorme. Trop. Trop pour être réaliste. Dans mon esprit, cela me paraissait ridicule. J’étais perturbé, partagé entre l’envie de leur faire part de ce plan, au risque de passer pour un idiot, ou me taire, au risque de ne pas faire disposer d’une force. Je laissai alors la discussion continuer.
« - Mademoiselle Neuwer, je pense que vous devriez changer la gestion de l’Intendance et ne plus stocker dans un unique entrepôt, affirma Descordes. Si Jennings & Rall tient à imposer son pouvoir, il ne faut pas qu’ils fassent main basse sur la nourriture.
- Plusieurs entrepôts, pour pouvoir au moins en sauvegarder un, ajouta-t-elle.
- Exactement, affirma-t-il.
- Attendez, l’arrêta Alice. Vous allez laisser Jennings & Rall assurer l’administration du territoire au nom des ASA ? Vous êtes dingue ?
- Non. On ne peut pas affronter l’UDE, ni les ASA, dans l’état actuel des choses. Nous sommes trop faibles. Dans un premier temps, nous devons faire profil bas, et accepter leur présence. D’autant plus que ça nous permettra de bien connaître nos ennemis. Après… il nous faudra improviser. »
   Improviser. C’était ce que j’avais fait jusqu’à maintenant. Ca m’avait plutôt réussi, mais cette fois, je ne pouvais pas laisser ça à la chance. On n’avait pas le droit à l’échec.
« - J’ai un plan, affirmai-je. Je sais pas si il vaut quoique ce soit, mais… »
  Je leur expliquai, posément, mon plan. Complexe, mais néanmoins plausible, aux dires de Victor.
« - Tu te rends compte que ça m’oblige à obéir à J&R ? me demanda-t-il avec dégoût.
- Le temps de comprendre comment ils fonctionnent. Mais après… une fois que… »
  Victor parut satisfait par la suite. Marine également. Malory, elle, était beaucoup moins emballée, mais ne dit rien.
« - J’espère quand même que vous avez tous conscience de ce que ce plan apportera si jamais vous acceptez de vous y conformer. Nous prenons de gros risques, cette fois. Le Caporal l’a dit, ce n’est pas comme se rebeller contre les Ravenwood. On joue dans la cour des grands.
- Je crois qu’on est unanime pour accepter votre plan, Monsieur Aminati. Et nous avons tous conscience de ce qu’il implique. »
  Il y eut dans la voix de Katia une lourdeur que je n’avais jamais entendue. Elle prononça cette phrase qu’aucun d’entre nous n’avait osé prononcer. Parce que c’était…trop. Nous étions peu de choses par rapport à l’UDE, mais nous avions fait tant de chemin, accomplis tant de choses en si peu de temps, que je croyais – vraiment, de tout mon être – que nous avions une chance d’y arriver. Finalement, Katia prononça cette phrase :
« - Ce qu’on est en train de préparer, c’est la révolution. »
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#45 08-06-2008 21:47:31

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Part 23 : Pas d’erreurs
133 jours après les bombes
19h
Jonas

  Descordes me demanda si j’étais prêt à endosser mon rôle. J’acceptai, bien que j’étais à la fois impressionné, paniqué, et flatté.
  Pourtant, tous les risques que présentait ce rôle pesaient lourds sur moi. D’abord, j’étais seul. Tout seul, et malgré mon instinct de survie, si je mourrais, qu’est-ce que ça aurait changé ? Puis, est arrivée Malory. Là, j’ai trouvé ma raison de survivre. Parce que, en moi, je savais que, si je mourrais, elle mourrait avec moi. Maintenant, elle attend un enfant. Le nôtre. Je n’ai même plus le droit de mourir.
  Pourtant, on avait l’impression que je cherchais justement à mourir. Toutes ces missions à risque que j’avais choisi de remplir. Beaucoup de gens seraient morts pour moins que ça. Pourtant, je suis toujours là. J’ai changé, je me suis endurci, j’ai dû lutté contre ma sensibilité pour ne pas devenir fou, et mon corps est parsemé de cicatrices qui marqueront cette période de l’Histoire toute ma vie. Vous savez, je suis pas croyant, mais j’avais la sensation, très forte, que quelqu’un ou quelque chose veillait sur moi. Maintenant, je me sentais investi d’une mission. Prétentieux de ma part, j’en suis conscient, mais j’en avais l’intime sensation.
  Avec le Triumvirat, j’ai enregistré la bande son. Chacun des mots que j’y avais prononcé avaient été choisi avec minutie. Quant au timing, il devait être parfait. Il ne restait qu’à déterminer une seule chose :
« - Quand est-ce que Lazarus et moi partons pour le Luxembourg ? demandai-je. C’est ça la question.
- Tu ne peux pas aller là-haut et accuser Ilmessia sans fondement. On n’aura qu’une chance, et sur ce coup-là, il faut être parfait, m’assura Alice. »
  En réfléchissant, il me parut évident que je devais attendre un nouveau coup de téléphone de ce « Monsieur X » qui m’avait transmis les informations concernant l’Arche. Sauf que, cette fois, je devais la jouer plus fine.
  Aucun droit à l’erreur.

134 jours après les bombes
8h du matin

  Pasquary, et l’hélico, avaient ordonné qu’on leur délivre suffisamment de carburant pour qu’ils puissent faire le chemin du retour.
« - Nous nous arrêterons à Jiaire pour nous ravitailler, assura Pasquary. C’est la ville la plus éloignée qui aie rejoint votre Communauté, si je ne me trompe pas ? »
  Nous acceptâmes de lui livrer le carburant. On devait lui montrer des signes de faiblesses. Comme si nous abandonnions par désespoir.
  Alice revint vers moi.
« - Ca fait deux au revoir le même mois, me fit-elle.
- Celui-là risque d’être un peu plus long, répondis-je. »
  Solennellement, elle me fit :
« - Là-bas, je ferai mon maximum avec Paulo Federico pour retarder la signature avec les ASA. Le jour où tu arrives au Luxembourg, cherche l’Hôtel de l’Ernz Noire, dans Luxembourg même. C’est là que je vis, maintenant. Avant de te rendre au Siège, vient me voir, qu’on puisse discuter avec Federico.
- Ok. Soit prudente, là-bas.
- Soit prudent ici. »
  Etreinte. Puis elle ajouta.
« - Veille sur Malory. Elle a toujours eu besoin de toi, mais en ce moment, plus que jamais.
- Je me demande encore comment je peux prendre soin de l’avenir du pays et de celui de ma… famille, répondis-je.
- Tu a bien pris soin de La Croisée et de tes amis. Je compte sur toi pour y parvenir. »
  Subitement, j’eus le vertige. Quelques instants avant que l’hélico quitte le sol, et que la ville retourne à son rythme de travail.
  Les troupes de Prahersk arrivèrent le lendemain.

135 jours après les bombes.
  Prahersk nous annonça que Ventabren avait signé avec Beauréveil, à la condition sine qua none, que Légion devrait répondre de ses actes devant la loi. Franchement, c’était bien le cadet de mes soucis. Ainsi, les entrepôts de Ventabren entrèrent en collaboration avec l’Intendance organisée par Katia, de manière effective immédiatement. De nouvelles fonctions logistiques allaient être formées.
  Le Triumvirat allait continuer l’annexion des villes voisines, mais cette fois, ils fonctionneraient différemment. Les FIRAI ne seraient plus impliquées dans les nouvelles villes. Seules les troupes de Prahersk.
  Au début, j’étais surpris, vu que Prahersk allait obéir au commandement mis en place par la futur administration américaine. Mais la loi était simple à détourner : la CSE étant en charge du sud-est du pays, ils devaient établir la sécurité du territoire. Point. C’est tout du moins l’argument que déploya John Owardy, et que Prahersk accepta.
  Marine se servait, elle, du système de communication radio pour rester en contact avec Bermuda. Celui-ci comptait envoyer une troupe sur le territoire algérien qui, d’après Alice et selon les dires du Sénateur Federico, était prêt au même titre que Turin à soutenir la cause de la CSE. On ne savait pas si ça allait porter ses fruits, mais qu’est-ce que cela coûtait d’essayer ? La vérité était que nous cherchions l’espoir là où il était. Et puis, trois jours plus tard, le 18 février, est arrivé un espoir. Un appel de Monsieur X que Lazarus m’a transmis :
« - Vous allez me dire votre nom, et je vous dirai tout ce que vous devez savoir sur l’Arche, sur Carole Ilmessia, et sur les attentats du 1er Octobre, m’affirma-t-il. »
  Après 140 jours d’attente, ça y est. Enfin, je vais avoir toutes les réponses.
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#46 13-06-2008 19:26:14

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Part 24 : L’appel de Monsieur X
138 jours après les bombes
19h
Jonas

« - A partir de maintenant, Monsieur X, entre nous, il n’y aura ni secret ni mensonge, avertis-je.
- Comment pouvons nous être sûr que l’autre ne ment pas ? me demanda-t-il.
- Confiance indirect. Nous avons des connaissances en commun. »
  Pas de réponse.
« - Monsieur X, avant toute chose, j’aimerais vous poser une question.
- Allez-y.
- Pourquoi vous dites connaître Bobby Lazarus et Robert Hawkins, alors qu’eux deux ignorent votre identité ?
- Pour la raison simple, que j’étais le superviseur et fondateur du Projet Redbell avant l’ascension de Thomas Valente. »
  Silence.
« - Allô ?
- Je vous reçois, répondis-je. Comment puis-je être sûr de pouvoir vous faire confiance ?
- Vous ne le pouvez pas.
- Qu’en est-il de votre localisation ?
- Je suis prêt de votre territoire, si c’est ce que vous voulez savoir, me fit-il.
- Dans ce cas, je vous propose un meeting, Monsieur… quelque soit votre nom. Il n’a qu’ainsi que nous pourrons espérer pouvoir se faire confiance.
- Êtes-vous donc paranoïaque à ce point là ? me demanda-t-il.
- Je suis prévenant, Monsieur. Pour l’instant, tout ce que je sais, c’est que vous êtes au courant des plus grands secrets de notre civilisation, que vous êtes reliés à un meurtre sanglant dans une maison sur la route de La Croisée, et que vous êtes parvenus à tracer la Bombe qui était en votre possession, alors que vous aviez pour mission de faire sauter Marseille. Pardonnez moi si la confiance n’est pas encore totalement construite entre nous. »
  Silence radio.
« - Allô ? demandai-je.
- Je vous reçois, me répondit-il. Vous n’êtes pas n’importe qui, à ce que je vois.
- Si vous aviez vécu ce que j’ai vécu, vous comprendriez.
- Peut-être est-ce le cas, ajouta-t-il.
- Trêve de mystères, nom de Dieu, grognai-je. Vous allez noter les coordonnées que je vais vous communiquer, et nous nous rencontrerons. Seul à seul.
- Vous pouvez amener Bobby Lazarus à vos côtés. En gage de confiance. »
  Le meeting était donc organisé au lendemain.

139 jours après les bombes
9h32

  J’avais choisi le lieu de rendez-vous avec intelligence. Enfin, je crois. Et nostalgie, aussi.
  C’était à bord de la 207 qui m’avait conduit à Carry que je me dirigeai vers le point de rencontre. Le compteur m’indiquait une vitesse « de croisière » de 170km. Surconsommation, je ralentissais. Lazarus restait, quant à lui, muet, à l’arrière de la voiture.
  A La Croisée, c’était Calan qui assurait la sécurité de la Mairie. Il était évident qu’il ne faisait pas partie de « The » Secret. Mais, en protégeant la Mairie, il protégeait la Bombe.
  Le regard perdu dans le vide, j’essayais de me préparer, mentalement, à « la » rencontre. Il y avait beaucoup de pressions, dans mes pensées, alors que tous les scénarios défilaient dans ma tête, tentant d’anticiper comment réagirait « l’individu », et surtout, quels secrets il allait dévoiler.
« - What do you think about it, Lazarus ? demandai-je.
- The less I think, the better I’ll be able to react, me répondit-il sèchement.
- So?
- Think and talk, I’ll fight and hurt. »
  Ce côté barbare que je trouvais chez Lazarus me laissait perplexe. Il devait sûrement être autre chose qu’un ours fonçant la tête la première dans le tas, alors pourquoi conservait-il une façade de marbre ?
  D’ailleurs, une question vint à mon esprit : que savais-je réellement de Lazarus ? De sa famille, de sa vie, en dehors de ce qu’il avait fait contre la Conspiration ? Peut-être était-ce lié à son comportement. Sans doute même.
« - Here we are, annonçai-je. »
  Je tournai la voiture devant le panneau La Croisée. Entre la Mairie en ruine, et la Poste, dans un état à peu près aussi lamentable, il y avait un homme.
  Un homme petit, trapu, avec des cheveux d’une certaine longueur, et en bataille, signe d’un laisser-aller plus prononcé que le mien. Et, une barbe conséquente, lui donnait un air plus vieux qu’il ne l’était sans doute.
  Mais ses yeux donnaient un effet étrange. Ils étaient gris. Vraiment gris, c’était impressionnant.
  Je descendis de la 207, suivi de Lazarus. Je m’avançai vers l’homme. Lazarus également. Et lui avança vers nous.
  Puis, d’un coup, il sortit deux revolvers, et nous pointa avec. Par reflexe, je sortis mon arme, de même que Lazarus. Sans un mot, nous restâmes en triangle, nous deux tenant l’homme en joue, l’homme nous tenant tous les deux en joue.
  C’était l’heure de décision. C’était « l’heure » ou tout se jouait.
« - A chaque pas qu’il faisait, c’était un bois sonore qui résonnait, mais de quel côté penchait-il ? me demanda l’Homme.
- Il y a des chiffres qu’on ne peut oublier, puisque l’écume les a caché, quels sont-ils ? répondis-je. »
  Et, à ces deux questions, si l’un de nous répondait faux… Tous le monde mourrait.
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#47 14-06-2008 18:12:21

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Part 25 : Le temps de l’apocalypse
139 jours après les bombes
9h39
Jonas

  J’avais le bras tremblant sur le flingue. Je regardai fixement l’individu. Ce fut Lazarus qui lui fit :
« - He used it by holding it in his right hand, répondit enfin Lazarus. »
  Mon regard bascula alors vers Lazarus, puis vers l’individu.
  La tension était encore palpable. D’une telle nervosité qu’on pouvait risquer d’appuyer sur la gâchette par mégarde. Et puis :
« - 42° 37’28.18’’ Nord, 4°28’.29’.00’’ Est, finit par répondre l’individu. »
  Un moment de réflexion, puis j’abaissai mon arme. Lazarus suivit mon mouvement, de même que l’individu.
  Ces coordonnées étaient celles à laquelle j’avais planqué la Bombe, en mer. C’était la deuxième partie du code. La première étant de répondre à la question de l’individu, c'est-à-dire, pour Lazarus, de se rappeler dans quel main Thomas Valente tenait sa canne. Bien que je n’aie jamais rencontré Valente, de toute évidence, il semblait avoir marqué les esprits.
« - Je m’appelle Xavier Perpetrov, nous fit-il.
- Et moi, Jonas Aminati, répondis-je. Ca fait un moment que j’attends cette rencontre, Monsieur Perpetrov. »
  Xavier Perpetrov me jaugea du regard.
« - Je vous imaginais plus grand, affirma-t-il.
- Vous devriez méfiez-vous, fit Lazarus dans un français maladroit. Il cache bien les illusions. »
  Je me tournai vers mon camarade de bataille.
« - Vous avez choisi cet endroit par nostalgie ? demanda Perpetrov.
- En partie. Vous reconnaissez, n’est-ce pas ? »
  Xavier Perpetrov regarda tout autour de nous. Je lui fis signe de se diriger vers le Centre Auto.
« - Après l’explosion de la bombe d’Aix, l’atmosphère était saturée, complètement ionisée et m’empêchait de localiser la Bombe après sa sortie de Beauréveil. Quand j’ai retrouvé des relevés aériens qui me permettaient de la localiser à La Croisée, vous étiez déjà parti pour la Méditerranée. J’ai essayé de retracer votre parcours, mais vous aviez déjà caché la Bombe en pleine mer. C’est juste récemment, que j’ai retrouvé par hasard votre trace, dès le moment où vous l’avez remise en surface.
- Ce qui m’amène à vous poser cette question : comment avez-vous fait pour perdre la Bombe ?
- Je ne l’ai pas perdue, me fit-il. »
  Je haussai les sourcils.
« - Quand les Bombes ont explosés, la Station HAARP, aux Etats-Unis, s’est dépêchée de nettoyer l’atmosphère des particules radioactives. C’était instantané, les retombées atomiques étaient minimisées.
- Il y a quand même eu des foyers radioactifs conséquents, j’ai entendu parler de villages dévastés par les radiations. Ventabren, par exemple.
- HAARP a fait de son mieux, mais les données météorologiques ont faussé les scénarios prévus. Certaines particules ont échappé au nettoyage. Par exemple, aux Etats-Unis, le village de Jericho est parvenu à échapper aux radiations, mais pas la zone proche de Denver.
- Pourquoi ?
- Raison stratégique. Les commanditaires n’avait rien à faire de la Zone de Denver, en revanche, Jericho était considérée comme le « point de ralliement » des membres du projet Redbell. En cas de problème, c’est là-bas qu’ils devaient se rassembler.
- C’est justement une raison qui aurait dû pousser les commanditaires à rayer la zone comprenant Jericho de la carte, contredis-je. »
  Je me souvins alors que Robert Hawkins émettait depuis Jericho.
  Perpetrov secoua la tête.
« - C’est pas si simple. Je faisais partie du CINETIC. J’étais rattaché au département DI4, qui devait rassembler les bombes disparues à Mykolaïv. Vous l’avez lu dans le rapporta, ajouta-t-il.
- Oui. Et ?
- Le projet Redbell est une association non-officielle entre le CINETIC et la CIA américaine pour rassembler le matériel nucléaire réparti entre les cellules terroristes du territoire américain. Sauf que, alors que je faisais partie de l’équipe en charge de créer le projet Redbell, Thomas Valente est arrivé, et a corrompu le Projet. »
  A proximité du Centre Auto, je regardai le bâtiment, noirci par les explosions, le ravage causé par Ravenwood. Une certaine gêne s’opérait en moi de découvrir ce bâtiment dans un état aussi pitoyable.
« - Thomas Valente, membre de l’Arche, a foutu le bordel dans le projet Redbell. La mission était toujours la même : rassembler les bombes. Mais j’ignorais à l’époque qui était Valente, et quand je me suis rendu compte qu’il ne rassemblait pas les bombes pour les désamorcer, mais pour les retourner contre son gouvernement, c’était déjà trop tard. Moi-même infiltré dans un réseau terroriste, j’ai été mis en possession de l’une des bombes dans le but de faire exploser Marseille. Dans la panique, les contacts affiliés au CINETIC ont essayé d’évacuer les zones, mais c’était trop tard. Quand j’ai reçu un appel d’un contact à Grenoble, qui m’avertissait qu’une fanatique de l’Arche se lançait à la poursuite des membres infiltrés du CINETIC dans le but de taire la conspiration, j’ai été forcé d’improviser un plan. J’ai désarmé la bombe, protégée par un code, et je l’ai « volontairement perdue » sur le territoire de Beauréveil. Je devais ensuite repartir pour Cilaos, au siège du CINETIC, à la Réunion. Je devais suivre le trajet de la Bombe et mettre un contact sur le coup, mais vous vous étiez déjà emparé du Paquet, et vous étiez déjà en dehors de mon champ d’opération. »
  Une question me tarauda