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#1 05-04-2008 18:36:29

irajonas
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Lieu: Meyrargues (13)
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ACTE 3 : La renaissance d'une nation

A venir...

110 Jours après que des bombes nucléaires aient bouleversé l'histoire de l'humanité, les choses commencent à se reconstruire. L'Amérique est en proie aux changements d'un nouveau gouvernement. Après la catastrophe, les choses semblent retourner à la normale.
  En France, le territoire est toujours sans gouvernement. Beauréveil, dans le PACA, se reconstruit et devient une institution organisée. Jonas, promu à de nouvelles fonctions, travaille à de nouvelles missions avec son entourage. La plus importante : reprendre le territoire PACA et découvrir l'identité de ceux qui ont renverser le monde.


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#2 06-04-2008 13:33:26

irajonas
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Lieu: Meyrargues (13)
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Part 1 : Guest
Jonas
112 jours après les bombes
8h00

  J’étais prêt. Droit comme un i, entouré des troupes des FIRAI. Les Forces d’Intervention et de Reconstruction Autonomes et Indépendantes. A l’aéroport de Marignane, nos deux Hummers derrière nous. L’aéroport avait été déserté après les attaques, nous étions simplement entrés et avions sécurisé la zone. Nous attendions « Guest » : le nom de code pour Bobby Lazarus.
  Avant d’en arriver là, le monde a subi le plus grand choc de son histoire. 112 jours en arrière, la plus grande catastrophe de l’histoire de l’Humanité a éclaté. Le monde entier a été victime de multiples attentats nucléaires. Rares sont ceux qui connaissent la véritable histoire des Attaques. Moi, je la connais.
  Après la Guerre Froide, les têtes nucléaires développées par les états soviétiques ont été vendues au marché noir. Sur le territoire américain, le projet « Redbell » a émergé. Le but : récupérer les têtes nucléaires, au nombre de 25, coûte que coûte. En cours de mision, le groupe en charge a perdu son chargement. De multiples cellules terroristes ont mis en œuvre un plan pour renverser le gouvernement fédéral. Au final, sur 25 cibles, 23 ont explosé. Les survivantes furent New-York et Colombus, respectivement sauvées par Bobby Lazarus et Robert Hawkins, deux agents infiltrés.
  Je croyais que les responsables des attaques américaines étaient responsables de la suite, mais non. Quelqu’un d’autre, j’ignore encore qui et comment, est parvenu à étendre la catastrophe au monde entier. Londres, Francfort, Bombay, Tokyo, Sydney. Et tant d’autres, dont Paris. Pour une raison obscure, Aix en Provence devait également disparaître. Et elle a disparu.
Comme ces deux réseaux terroristes voulaient renverser le monde, mais pas le détruire, ils ont envahi la station HAARP et ont « nettoyé ponctuellement » l’atmosphère et ont repoussé les risques d’expansion des radiations, et a forsuri, d’Hiver Nucléaire.
  Là, J&R, pour « Jennings & Rall », une société américaine très liée à l’ancien gouvernement, a imposé son pouvoir sur l’Amérique, derrière un gouvernement émergeant basé à Cheyenne et portant le nom d’ « Etats Alliés d’Amérique ». Aux dernières nouvelles, Cheyenne espérait signer avec l’état indépendant du Texas pour renforcer leur force militaire.
  Mon contact américain, Robert Hawkins, et ses alliés, ont pour projet de prouver au Texas que le nouveau gouvernement est corrompu et responsable des attentats. En leur apportant une preuve : la dernière bombe, initialement destinée à Colombus, où s’est retranché l’ancien gouvernement.
  En France, ça ne va pas non plus. La France est un pays mort, sans gouvernement. Après la destruction de Paris, d’Aix, de Grenoble, et l’échec de la destruction de Marseille, l’armée a voulu maintenir l’ordre. Mais l’armée a été détruite par Ravenwood, une milice appartenant à J&R. C’était un plan fou, mais néanmoins réel : J&R tentait d’imposer son pouvoir en France. Mais ils n’y parviendront pas.
  Je m’appelle Jonas Aminati. J’ai survécu au village de La Croisée. Tenté de sauver St Martin, terrorisé les Renégats de Ventabren, qui m’ont attribué l’horrible nom de « Légion ». J’ai trouvé une des Bombes, celle destinée à Marseille. Je l’ai cachée dans les profondeurs de la Méditerranée. Contribué à la reconstruction du village de Beauréveil. Et tout ça en étant à la base qu’un étudiant malin et opportuniste, survivant des attaques. Maintenant, j’étais plus qu’un survivant. Bien malgré moi, le sort du pays qui autrefois s’appelait la France reposait sur mes épaules.

8h30
  L’avion se profilait au loin avec un air de jet privé. Je le fixai avec dureté.
« - Compagnons, tenez-vous prêts ! hurlai-je. »
  Les FIRAI étaient une troupe d’intervention à mes ordres. Mais je considérais mes hommes comme des camarades me faisant confiance plutôt que des sous-fifres obéissants.
« - Je vous demande un calme et un silence absolu pendant l’accueil. Pas de réaction sans que je n’en donne l’ordre, pas de coups de feu sans que j’en donne l’ordre ! criai-je. »
  L’avion atterrit alors. Il continua sa course sur la piste. Nous restâmes immobiles. Je restai froid.
  Bobby Lazarus connaissait ma voix, pas mon visage. J’étais un jeune homme d’une vingtaine d’années, en apparence frêle et inoffensif, avec une barbe légère et des cheveux en batailles qui témoignaient d’un certain laisser-aller. Bref, tout, sauf le profil de l’agent ou le soldat.
  Nous arborions les couleurs des FIRAI. Un uniforme couleur camouflage, portant le logo formé de la silhouette d’un oiseau en envol et des lettres FIRAI. La première rencontre officielle organisée depuis longtemps.
  La porte s’ouvrit. Je sentis des gestes nerveux dans mon dos.
« - Le premier qui sort son arme repart à pied ! menaçai-je. »
  Lazarus sortit alors. D’une trentaine d’années, il arborait une carrure imposante, et un crâne presque rasé. Le moteur de l’avion tournait encore, et s’arrêtait progressivement.
« - Who are you ? me demanda-t-il.
- I’m the man you heard the voice, Bobby Lazarus. I am Jonas Aminati. »
  Il sortit une arme et en posa le canon sur mon front. Je cillai, mais ne paniquai pas. Une partie de moi était inquiète, mais je m’étais souvent retrouvé dans cette situation.
« - Where is the dog ? me demanda-t-il. »
  Un gémissement dans mon dos. C’est vrai que Malory faisait partie de mon équipe en tant qu’infirmière. Malory… la fille pour qui mes pensées se répétaient depuis un an et demi, encore et encore, que j’avais retrouvée par hasard, et au final, qui était restée à mes côtés. Sauf que je lui avais une promesse : celle de ne plus jamais partir loin d’elle. Alors, son statut d’infirmière lui permettant d’encadrer les missions des FIRAI, je m’étais débrouillé pour qu’elle reste à mes côtés.
« - He disappeared, répondis-je.
  Le mot de passe donné, Lazarus éprouva un instant de latence, puis baissa son arme. Il tendit la main, sans pour autant effacer de son visage l’expression tendue.
« - I am Bobby Lazarus, me fit-il.
- It’s nice to finally meet you, répondis-je en lui serrant la main.
- So am I. We should move on, Mister Aminati… Are you Major or something?
- I’m too young for it. I am “Coordinateur réglementaire” of this troup. We say “Co-Reg”. We’re independent from the army.
- Well, let’s move on, Mr. Co-Reg, We’ve got stuff to do.

10h00
  Une sale de réunion avait été installée à l’Hôtel St Bayeux. Le Triumvirat au complet attendait en bout de table. Le Caporal Adam Bermuda et ses hommes sécurisaient le bâtiment. Depuis l’arrivée de cinquante Jiairois une semaine auparavant, et de quelques groupes de la région, Beauréveil était redevenue une ville. La condition d’acceptation d’un groupe de plus de cinquante habitants était d’apporter des ressources viables, mêmes minimes, et de participer à la reconstruction de la ville. Mais il fallait maintenant songer à la sécurité.
  Dans la Salle de Réunion, je siégeais en tant que mon double titre d’Administrateur des Services de Renseignement et de Co-Reg. De fait, je siégeais en uniforme à côté de John Owardy, ex-Ravenwood repenti, membre du Triumvirat.
  Nous expliquâmes à Bobby Lazarus les raisons d’un pouvoir à trois têtes : éviter les jugements personnels hâtifs.
  La réunion tendait à expliquer l’Etat de nos deux territoires. Je vous épargne les traductions fastidieuses.
« - Les Etats-Alliés rassemblent les Etats allant du Mississippi au Pacifique, sous la juridiction de Cheyenne, dans le Wyoming. Ils sont forts et se renforcent. De l’autre côté, l’ancien gouvernement est retranché à Colombus, Ohio. Il reste la République Indépendante du Texas qui hésite encore entre les deux gouvernements, ou rester neutre, mais ils sont en passe de rejoindre Cheyenne. S’ils signent avec eux, Chavez, Hawkins et moi-même ne pourrons plus rien faire contre le nouveau gouvernement ou J&R, nous expliqua Lazarus. Ce qui, à vrai dire, revient à peu près au même.
- Qu’est-ce que ça change pour nous ? demanda Descordes.
- Si le Texas signe avec Cheyenne, et vu ce que vous m’avez dit sur les troupes de Ravenwood étendues sur votre territoire, il y a de fortes chances pour que l’ambition du Président Tomarchio les pousse à annexer votre pays. Si le Texas reste indépendant, au mieux, vous entretiendrez avec eux des rapports cordiaux qui vous aideront à plaider votre cause à l’UDE.
- Et si le Texas signe avec Colombus ? demandai-je.
- On ignore les intentions de Colombus, mais il y a de fortes chances qu’ils concentrent leurs forces sur le territoire américain. A ce moment-là, vous devrez vous débrouillez seul, même en disposant de l’appui Texan.
- J’imagine que le Texas ne nous aidera pas gratuitement. Qu’est-ce qu’ils demandent en compensation ?
- C’est un accord à long terme que le Texas demanderait. Il y a un député contre la campagne de Cheyenne qui proposerait, au cas où le Texas resterait indépendant, que votre gouvernement s’engage à des échanges privilégiés et totalement dédouanés avec le Texas, en échange du soutien texan. »
  J’acquiesçai.
« - Ca m’a l’air d’être une garantie équitable. Combien de temps nous laisse le Texas ? demandai-je. Nous devons prendre la décision de manière judicieuse et non à la hâte.
- C’est là le plus gros problème. Nous ignorons quand le Texas prononcera sa décision. Je suis là en tant que représentant de la volonté du Texas indépendant de s’allier, mais également pour parlement avec Jonas Aminati. »
  Je frémis.
« - Je suis recherché en Amérique. En échange de mon aide, dans tous les domaines… »
  Son ton lourd sous-entendait « la bombe ».
« - … je demande l’asile politique, la nationalité de votre pays, et de rejoindre les Forces d’Intervention d’Aminati.
- Les FIRAI sont sous mon commandement non-partagé, coupai-je. J’espère que vous comprenez que rejoindre les FIRAI rient à vous soumettre à mes ordres.
- C’est en cela que je veux parlementer avec vous, Monsieur le Co-Reg. »

14h
  Confiant, nous avions commencer à piocher dans les vivres des CLA (Colis Largués par Aéroportage) pour offrir à notre hôte un repas potable. Puis, une fois le repas passé, Katia et John lui montrèrent son logis. Il l’accepta sans broncher.
« - No rent ? demanda-t-il.
- The rent is work, répondis-je. »
  Puis, nous allâmes dans mon bureau. Là, nous entrâmes dans le vif du sujet.
« - Où est le package ? demanda-t-il.
- Le paquet est caché en mer, à des coordonnées que je suis le seul à connaître. Mais, avant d’aller plus loin, vous devez savoir ceci : chacune des personnes présentes à la réunion sait ce que je sais. Hormis les coordonnées. Nous avons conclu un Pacte de Silence.
- C’est une folie, une confiance aveugle qui prêche la stupidité, me fit-il. Et j’imagine qu’on ne peut rien y faire.
- A vrai dire, à partir de maintenant, les FIRAI et leurs missions sont indépendantes du gouvernement. Nous ne rendons compte qu’à nous-mêmes.
- Vos hommes connaissent-ils le secret ?
- Seulement Malory Elimiet.
- Pourquoi elle ?
- Elle vit avec moi. »
  Lazarus acquiesça. Je comprenais ses inquiétudes.
« - Nous allons tous les deux raconter nos histoires respectives. Pas de secrets entre nous. Si je vous dis tout, acceptez-vous ma présence dans les FIRAI ?
- Je ne peux rien promettre, répondis-je.
- C’est la réponse que je voulais entendre. »
  Et ça a duré.
  Bobby Lazarus était un agent infiltré. Comme Hawkins. Il était lié à la bombe de New-York. Sur place, il a provoqué l’arrestation de ses complices, mais a dû prendre la fuite. Après plusieurs contacts avec Hawkins, il a rejoint le Texas. Il a négocié avec de bons contacts à l’ambassade pour tenter une alliance avec «la « France ». En route, il a dû rétablir le réseau internet, saturé par un fort message qui disait « Europe Touchée ». Il me demanda si c’était moi. Je répondis non, puis lui racontai mon périple. Il comprit alors ce qui m’avait transformé en soldat et propulser à porter le monde sur mes épaules.
  Il me proposa alors un plan.
« - Maintenant, votre objectif est de vous créer les bons contacts au Luxembourg. Si vous connaissez les bonnes personnes, vous pourrez retarder J&R et vous faire passer en priorité.
- Comment procède-t-on, d’après vous ?
- Vous devez envoyer quelqu’un représenter Beauréveil sur les listes d’attente. »
  Il ne me fallut pas longtemps pour penser à
« - Alice Manjero, annonçai-je. »
****
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#3 06-04-2008 22:38:05

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Part 2 : Deuxième fournée
Jonas
112 jours après les bombes
20h00

  J’arrivai à la maison. Je posai mon arme sur la table de la salle à manger et me servit un verre de rosé. C’était une sorte de rituel : « après une dure journée, un verre de rosé ».
  Je fermai les yeux, me laissant tomber sur le canapé. Comme chaque jours, le quotidien changeait. J’avais cette sensation grisante d’écrire une partie de l’histoire. Les choses avaient bien changé depuis La Croisée. Et le temps, l’expérience et les faits m’avaient rendu plus confiant. D’autant que Beauréveil devenait une ville sûre. Sans monnaie, il fallait revoir le système de rémunération. Mais, comme il n’y avait pas de loyer, la rémunération se faisait en nourriture. C’était peu, mais il fallait s’en tenir jusqu’à l’avènement d’un nouveau gouvernement.
  J’étais à la fois confiant et méfiant. Il nous fallait plus de ressources.
« - Dure journée ? me demanda Malory. »
  Elle sortit de la salle de bain, seulement vêtue d’une serviette. Elle s’avançait vers moi, avec un air fatigué qui ne lui ressemblait pas. Malgré cela, elle était toujours superbe. Un petit rayon de soleil au crépuscule.
« - Beaucoup de parlottes. Lazarus a beaucoup d’ambitions, et je trouve qu’il veut aller trop vite. Et toi ? »
  Je me levai. Elle souffla, comme épuisée. Je passai derrière elle, lui dégageai les cheveux de ses épaules, et commençai à la masser.
« - Je me suis pris la tête avec une autre infirmière, à propos d’un patient âgé. Elle a commencé à paniquer pendant une crise et il a failli mourir à cause d’elle.
- Elle a fait quoi ?
- J’ai pas envie d’en parler, gémit-elle. »
  J’arrêtai de la masser et commençai à lui caresser les épaules.
« - Non, continue, c’était bien. »
  Je souris, remontai mes mains.
  C’était dur pour moi d’entretenir une vie de couple sans loisirs. Pas de cinéma, pas de restaurant. Il fallait faire comme on pouvait. J’avais des idées, mais elles devraient attendre un peu.
« - Je te sens plus décontracté depuis que l’électricité est revenue, me fit-il.
- C’est un gros problème de régler.
- On devrait partir en vacances dès qu’on peut. J’en ai marre de tous ces problèmes. Et on a les a méritées.
- J’en ai envie. J’ai vraiment envie qu’on parte tous les deux… mais je ne peux pas maintenant. Ils ont besoin de moi pour convaincre l’UDE.
- Et après ? »
  Je la pris dans mes bras. Lui embrassai le cou. Respirai ses cheveux.
« - Je t’emmènerai où tu veux. »

113 jours après les bombes
12h30

  Cynthia mangeait avec nous à la maison. Je voulais être totalement honnête avec Malory et lui fit part es sentiments que j’éprouvais autrefois. Loin dans le passé. De fait, elle se montrait un peu froide avec Cynthia. Mais je ne pouvais pas lui en vouloir, ni tourner le dos à Cynthia après ce qu’elle a vécu.
  Cynthia travaillait à restaurer certains bâtiments. Son père travaillait à la manutention, Cynthia gérait la logistique. Elle s’était bien entendue avec un type de 27 ans appelé Julien Ford qui était venu voir Katia et John avec une idée ; il voulait s’occuper du commerce entre les villages, et particulièrement Ventabren. Il pensait que, malgré les Renégats, Ventabren avait sans doute accumulé des ressources exploitables. John, Katia et moi devions présenter le projet devant le conseil.
  J’étais moi-même très gêné. Je regrettai de ne pas avoir proposé à Marine ou Victor également de venir.
« - Vous vous êtes rencontrés où ? demanda Cynthia. »
  Malory et moi échangeâmes un regard. Je souris. Malory suivit le sourire, et répondit :
« - La première ou la deuxième fois ? »
  La première fois, c’était au soir de la fête de la musique. Enchaîné par une série d’évènements qui avaient presque transformé la soirée en parcours du combattant. Une bande d’alcooliques dégénérés squattant le Cour Mirabeau, un type protégeant corps et âme sa précieuse bouche d’égouts, une série d’insultes lancées par un homme caché dans une poubelle, un allumé à moitié torché mais complètement déchiré qui terminait sa nuit la tête dans la fontaine avec le pied à l’air. Et, au bout du compte, moi dormant sur un tapis imbibé d’alcool, et elle dormant avec sa meilleure amie dans la chambre à côté. Jusqu’au bout de la soirée, je n’avais cessé d’être à ses côtés. Enfin, jusqu’au tapis imbibé d’alcool.
  Après les quelques jours qui ont suivis, et le fait qu’elle se soit éloignée de moi pendant plus d’un an, nous nous sommes revus, en « deuxième rencontre », au soir qui a précédé la destruction de St Martin. Dans les deux cas, ma rencontre avec Malory avait coïncidé avec une série d’évènements chaotiques.
  Après le récit plus détaillé et surtout plus délicat de Malory, Cynthia se mit à rire.
« - En gros, vous avez provoqué un tremblement de terre dans la vie de l’autre à chaque rencontre. Si ça, c’est pas un signe, je veux bien être pendue. »
  Elle mangea une bouchée. Ses cheveux avaient commencé à regagner une longueur normale, alors qu’à la base, ses cheveux étaient découpés de manière chaotique. Probablement par ceux qui l’avaient… « violentée » après les attaques. Depuis qu’elle était arrivée à Beauréveil, elle souriait plus. Je crois qu’elle commençait à tirer un trait sur cette histoire.
« - L’amour, c’est un quotidien qui ne se répète pas. Vous deux (elle nous montra du bout de sa fourchette), c’est fait pour durer. Croyez-moi. »
  Je souris. Regardai Malory. Elle était soudain plus détendu.
  On dit que, quand on a aimé quelqu’un et qu’on l’a oubliée, c’est comme arrêter de fumer. Ca reste dans le sang. Quand je regardais Cynthia, puis que je regardais Malory, je me disais que cette phrase était fausse.
  J’aimais Malory, corps et âme, de tous mon corps et de toute mon âme. C’était la plus belle chose qui m’était arrivé au lendemain des bombes.

[b)15h30[/b]
« - Vous nous mettez dans une situation problématique, nous déclara Descordes. Nous voulons défendre un nouveau gouvernement. Nous travaillons sur un projet de constitution. SI nous commençons à coopérer avec les Renégats, nous perdons du crédit.
- Il reste la solution de l’amnistie Nationale, proposa Katia. »
  J’intervins.
« - Melle Neuwer n’a pas tort. Ca me fait mal de l’admettre, mais travailler avec Ventabren peut nous aider à faire de Beauréveil une ville vivante et stable. Peut-être même, à forsuri, à rebâtir une monnaie.
- Croyez-vous, en tant que Co-Reg des FIRAI, que les Renégats méritent l’amnistie ? me demanda Descordes.
- L’amnistie ne doit pas être sélective. Ou elle est totale, ou elle est inexistante. Si vous n’amnistiez pas les actes de vandalisme des Renégats, il faudra me condamner pour la destruction d’un bâtiment public, la destruction d’un entrepôt, homicides volontaires et involontaires, multiples vols, rébellion contre une institution désignée par les Nations Unies, au nom de ma survie et de celle de mon village. Au final, je crois, et ne pensez pas que ça me plaise, que je suis aussi coupable que n’importe quel Renégat de Ventabren. »
Et je crois que j’étais le plus choqué des membres du Conseil. Choqué par ma propre remarque.

16h
  La motion était adoptée. Ca sous-tendait que j’étais également amnistié. C’était plutôt bien.
  Sauf que je me sentais coupable, au même titre que les Renégats. Je me sentais mal, et quand bien même, comme je le disais à Katia,
« - Les remords, c’est ce qui fait la différence »
  J’avais la sensation que l’enfer se pavait de mes bonnes intentions.
  Dans mon bureau, je préparai l’annexion de Carry. Village déserté, il était temps que la ville revive. L’arrivée du lendemain m’aida fortement.

114 jours après les bombes
8h

  La faction militaire en provenance de Barricade, centre de troc, avait accepté mon offre. Les troupes arrivèrent avec leurs Hummers et leurs camions. Dans Beauréveil, ce fut le branle-bas de combat. Voir les Hummers et les militaires arriver paniqua les habitants.
« - Mesdames, mesdemoiselles, messieurs ! Calmez-vous ! Ces hommes sont nos amis ! hurla Bermuda. »
  Les militaires Beauréveillens, et les troupes des FIRAI s’efforcèrent de maintenir l’ordre alors que les véhicules s’arrêtaient sur la place, dans un désordre inesthétique.
« - Qui de nous les accueille ? demandai-je à Bermuda.
- Je vais chercher le Triumvirat. Vous, occupez-vous d’accueillir le Colonel Prahersk. »
  Le Colonel Prahersk ne tarda pas, d’ailleurs, à descendre d’un camion en hurlant à ses troupes de le suivre. En leur cœur étaient rangés des infirmiers et des docteurs de la Croix-Rouge, qui avaient lancé une campagne de vaccination contre un virus en propagation en Espagne. Je leur avais exprimé ma volonté de continuer la campagne de vaccination à Beauréveil.
« - C’est ainsi ici que vous avez centralisé vos actions, me fit le Colonel Prahersk. »
  Le Colonel était une forte personnalité qui n’hésitait pas à se montrer sec. La première fois, ça fout un choc, mais après coup, on sait comment s’y prendre.
« - C’est depuis Beauréveil que nous espérons reconstruire la région et lancer notre campagne au siège de l’UDE, affirmai-je. Le Caporal Bermuda a pris congé pour aller chercher le Triumvirat.
- Un pouvoir à trois personnes ? Vous avez voté pour ça ?
- Nous les avons nommé au jour même de notre arrivée à Beauréveil. Personne ne s’est exprimé contre. Pour l’instant, en tout cas.
- Hum. »
  Imaginait-il que le pouvoir en place n’était pas démocratique ? Je l’ignore. Néanmoins, le Triumvirat arriva. Marine, John Owardy, et Nicolas Descordes. Ils accueillirent Prahersk. Et, alors que le Conseil se préparait à se rassembler, je sourais. Marine le vit et vint me voir.
« - Qu’est-ce qu’il te fait sourire ? me demanda-t-elle.
- Vu comme les choses se passent, je crois que dans une semaine, Carry sera annexée. »
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#4 07-04-2008 18:46:47

dell
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

c un connerie!!!!!!!!!!!!!!!

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#5 08-04-2008 12:36:58

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

dell a écrit:

c un connerie!!!!!!!!!!!!!!!

Qu'est-ce qui est une connerie ? hmm
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Part 3 : Le départ d’Alice
Jonas
114 jours après les bombes
12h00

  Prahersk fit l’annonce en public.
  Il annonça que le gouvernement français était mort. Que la France était un territoire déserté de toute institution, et que Beauréveil était le meilleur espoir de reconstruction. Je ne sais pas si il y croyait vraiment, mais il parvint à conserver la population au calme en leur donner un optimisme auquel se raccrocher.
  Devant la population de Beauréveil, j’annonçai également la prochaine annexion de Carry à la juridiction de Beauréveil. Les Carryiens présents demandèrent ce qu’il adviendrait de leurs propriétés.
« - Je suis conscient que les derniers évènements vous ont poussé à tourner entre Beauréveil et Carry. Ce que vous devez comprendre, c’est que, quand vous aviez rejoint Beauréveil, nous étions dans l’incapacité d’assurer votre sécurité chez vous. Maintenant, et grâce à nos amis militaires, nous le pouvons, annonçai-je. »
  Ils me demandèrent un délai. Je leur répondis uniquement que je tenterai de rendre l’opération la plus brève possible, je ne voulais pas faire de promesse impossible.
  Le Triumvirat agréa. Leur confiance n’était pas aveugle, je présumais donc que mon action était de bon augure.
  Après quoi, je mangeais en ville avec Victor, Katia et Marine. Malory était coincée à l’Hôpital. Katia nous avait rapporté des sandwichs en provenance du Supermarché-Intendance.
« - Sans déconner, j’ai l’impression de redevenir un étudiant, leur fis-je. Un sandwich tous les midi.
- Tu mangeais des pizzas, me contredit Marine. »
  Je grimaçai, puis me tournai vers Katia.
« - Comment ça se passe, avec John ? lui demandai-je.
- Au niveau de la langue… du langage, je veux dire, c’est un peu dur parfois, mais on arrive à bien s’entendre. C’est dingue comme il peut être à la fois aussi nerveux et aussi doux ! »
  Je lui souris. C’est vrai que John Owardy était un peu un OVNI à Beauréveil. Jusqu’à l’arrivée de Bobby Lazarus, il était le seul à ne pas parler français. Du coup, il était totalement dépendant des quelques personnes qui parlaient plutôt bien anglais. C'est-à-dire Victor, Marine et moi. Katia n’était pas dans son élément avec l’anglais.
« - Vous êtes un couple improbable, avouai-je.
- Mais un beau couple ! assura Marine. »
  Alice vint alors nous rejoindre. Ca faisait longtemps qu’on n’avait pas passé du temps ensemble.
« - Hey, Alice ! la saluai-je. »
  Elle nous sourit et nous rejoint. Ensemble, nous nous mîmes à parler un peu de tout et de rien. Surtout de tout pour ne rien dire. Ca faisait du bien de vivre « normalement ». Je lui signalais néanmoins :
« - Alice, j’aimerais que tu passes à mon bureau cette après-midi. Je dois te parler de quelque chose. »

114 jours après les bombes
14h20

  Je m’asseyais derrière mon bureau en soufflant. J’avais également demandé à Bobby Lazarus de se joindre à notre conversation.
« - Alice. Avec M. Lazarus, on a un plan. Ca concerne l’UDE. »
  Bobby Lazarus lui expliqua que nous avions besoin d’un membre représentatif de la ville pour proposer au Luxembourg l’institution de Beauréveil. De nous faire gagner du temps pendant que Bobby Lazarus et moi nous chargions de remonter la Bombe, et que les FIRAI et le Triumvirat s’attacheraient à reconstruire la zone périphérique de Beauréveil.
« - Je voulais te proposer d’être ce membre représentatif, fis-je à alice.
- Moi ? Je suis trop jeune pour être ambassadrice d’une institution !
- Je suis trop jeune pour être Administrateur des Services de Renseignement, ou pour prendre la tête d’une milice. Mais le fait est que tu es la seule en qui j’aie confiance. Tu connais l’histoire telle que je la connais. Tu sais ce que sont les Ravenwood et tu sais comment fonctionnent le Triumvirat, les militaires et les FIRAI.
- Jonas… j’ai ma sœur…
- Il y a un logement prévu pour les ambassadeurs, là-bas. Tu y logeras avec ta sœur le temps que nous envoyions un membre député qui leur présentera tout ce que nous pouvons faire, lui dit Lazarus après ma traduction.
- Je sais pas quoi dire, Jonas… j’ai besoin de temps pour réfléchir…
- Nous manquons de temps, Alice. J’aurais voulu ne pas te mettre cette pression sur le dos, mais j’ai confiance en toi. Si tu acceptes, tu pars dans trois jours. »

  J’avais conscience d’avoir pris Alice de court. Mais je ne voyais pas d’autres solutions. La vérité, c’est que j’avais peur. Peur de découvrir que nos efforts étaient vains et que Ravenwood avait gagné avant nous.
  Comment pouvais-je être sûr que les Ravenwood était une menace pour le territoire entier ? Je n’en étais pas sûr. Mais les éléments se recoupaient. La présence d’une milice américaine n’avait pas de sens. Les militaires français se seraient débrouillés probablement sans que l’ONU fasse appelle à Ravenwood, sous la tutelle de Valente, du DHS Américain. Dans ce cas, l’ONU était-elle liée aux intentions de Valente, ou bien avait-elle suivi aveuglément ses conseils ? Bref. Quoiqu’il en soit, Ravenwood sévissait sur le territoire français. Avait réduit le point de contrôle militaire 118 détaché au territoire PACA. Ils avaient contribué à faire du territoire français un désordre sans gouvernement. Pourquoi étaient-ils là, sinon pour imposer une influence extérieure ?
  Dans la Salle des Théories, c’était la théorie la plus en valeur par rapport aux actes de Ravenwood. Ca, intimement lié à l’espace privilégié de la France : un accès par voie maritime au territoire européen. Dépourvu de gouvernement, traverser la France ne poserait pas de problème géopolitique majeur. Mais ça ne pouvait pas durer. Pas éternellement. Bientôt, la population française, en dépit d’une communication presque inexistante, allait comprendre qu’elle était livrée à elle-même. Elle finirait par se rendre compte que personne ne réagit.
  Quelqu’un devait faire renaître la nation. Le gouvernement en projet de Beauréveil me paraissait digne de confiance. Avais-je raison ? Ou étais-je un outil capable de mener à une dictature ?
J’espérais lutter pour le bien. Je l’espérais de tout mon cœur.

117 jours après les bombes
11h30

  Alice avait accepté. Face au conseil, nous avions rassemblé tous les plans et toutes les conclusions que nous avions tiré sur le territoire PACA. Nous n’avions pas dévoilé l’intégralité des projets : nous n’avions fait qu’évoquer la reconstruction militaire, la remise en place d’une police publique et le fonction des FIRAI. Nous avions parlé de l’institution formée du Triumvirat. Tout cela était inclus dans le dossier confié à Alice.
  Nous avions volontairement omis quelques faits : les villes en projet d’annexion, la Bombe, ce que nous savions des « évènements » de septembre.
  Une escorte lui avait été attribuée. Une escorte de quatre soldats. Ils partiraient d’ici dix minutes.
  Elle et sa sœur étaient tournées vers nous. Par nous, j’entendais le Triumvirat, et ceux qui l’avaient accompagnée depuis La Croisée. Marine, Victor, Katia, et moi. Elle arriva vers moi.
« - Ca s’est pas passé comme on l’avait dit, hein ? me fit-elle.
- Non. Pas du tout comme on l’avait dit.
- Qu’est-ce qu’on fera si le plan échoue ? me demanda-t-elle.
- Si le plan échoue, tu seras en sécurité au siège de l’UDE. En cas de problème, on viendra te rejoindre, lui assura Katia.
- Dans tous les cas, il viendra un moment où nous devrons venir à l’UDE. Dès que M. Lazarus et Jonas auront mis leur plan en œuvre, rajouta Marine. »
  Nous étions confiants. Et, même si ça faisait quelques temps que je voyais de moins en moins Alice, elle allait me manquer.
  Je détestais les départs. Les arrivées sonnent mieux. Plus réjouissantes. Plus souriantes. Le départ d’Alice, même étant dû à ma proposition, me touchait énormément. Elle le vit, mais ne dit rien.
« - Au moindre problème pendant le trajet, tu sais où te replier, lui rappelai-je.
- Je sais. Des alliés à Jiaire, à Barricade, ou alors, je chercherai à traverser la frontière Suisse, énuméra-t-elle. »
  Je soupirai.
« - Tout se passera bien. Je suis flattée que tu aies pensé à moi pour ça. »
  Elle était si optimiste, que pendant quelques secondes, je le fus aussi.
  Lorsque le camion franchit les frontières de Beauréveil, nous nous regardâmes tous, silencieux. Puis, bien forcés, nous repartîmes travailler.
  Précédé des FIRAI, je suivis le Colonel Prahersk et ses troupes sur le chantier ferroviaire. Là d’où allaient partir les futurs Carryiens.
****

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#6 11-04-2008 16:20:06

Rashkar
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

J'ai commence a lire, et franchement j'adore. Je comptais me lancer dans l'ecriture d'une fiction parallele se deroulant en Irlande, et ton texte me motive a fond.

Felicitation, j'pas encore finis, mais ++ pour ton imagination smile

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#7 11-04-2008 18:09:00

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Rashkar a écrit:

J'ai commence a lire, et franchement j'adore. Je comptais me lancer dans l'ecriture d'une fiction parallele se deroulant en Irlande, et ton texte me motive a fond.

Felicitation, j'pas encore finis, mais ++ pour ton imagination smile

Je t'encourage à écrire ta fiction parallèle, ça fait plaisir que ça te motive big_smile

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#8 11-04-2008 19:19:49

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Part 4 : Armelan
Jonas
120 jours après les bombes
8h

  Nous respectâmes la promesse. Les délais furent courts.
  Depuis quelques semaines déjà, un chantier ferroviaire s’était mis à œuvre depuis la gare de Beauréveil. Les troupes Militaires de Bermuda avaient contrôlé la ligne entre Beauréveil et Armelan, une ville proche de Carry, pour s’assurer qu’elle était opérationnelle. De là, ils étaient parvenus à effectuer des travaux, moyennant une quantité intensive de travail, pour remettre une locomotive en marche.
  Par quel moyen, je l’ignore. La mission qui m’était déchargée était d’assurer l’accueil des Carryiens. Du point de vue de la sécurité.
  A 8h, nous étions tous dans Armelan. Nous avions rapidement repéré la présence de survivants quand les coups de feu ont éclatés.
« - On ne réplique pas, les gars ! hurlai-je après que nous nous soyons mis à l’abri. »
  Les coups de feu se stoppèrent.
« - Bougez pas, leur dis-je en signe. »
  L’un de mes hommes commença à se lever.
« - Non ! hurlai-je. »
  Il se paralysa. Mon visage devait exprimé une certaine fureur, car il obéit. Je lui fis un signe, très expressif, qui lui fit comprendre qu’au moindre mouvement, si c’était pas eux qui le tuaient, ça serait moi.
« - SORTEZ ! hurla une voix. SORTEZ, LES MAINS DERRIERE LA TÊTE !
- On est là en paix ! hurlai-je. On n’est pas…
- Vous venez jamais en paix, chiens de Ravenwood !
-… On n’est pas des Ravenwood, grognai-je. »
  Je restai cramponné à mon arme. Etaient-ils des survivants ? Des Renégats ? Quoique ce soit d’autre ? J’hésitai. Comme à chaque fois.
  Et puis, j’ai soufflé.
« - On fait partie d’une troupe d’intervention française, on…
- Sortez, nom de dieu ! Sortez les mains derrière la tête ! me coupa la voix hurlante. »
  Je grognai à nouveau.
« - Monsieur… Monsieur le Co-Reg, on devrait peut-être… commença l’homme à ma gauche.
- Quoi ? coupai-je.
- Faire le tour et prendre le bâtiment à revers. Il y a forcément une porte de secours, on pourrait les encercler.
- C’est une bonne idée, mais on ne sait pas combien ils sont, on ne sait pas ce qu’ils veulent et on n’est pas là pour jouer à la guerre. »
  N’empêche que j’étais à court de solution. Je me mis alors à hurler.
« - Je m’appelle Jonas Aminati ! Je suis là pour recevoir des gens à la gare d’Armelan et les transporter à Carry. Je viens pas pour me battre ! »
  Pas de réponse.
« - Oh, nom de dieu, je crois que je suis un crétin, grognai-je. »
  Je jetai mon arme par-dessus le muret derrière lequel j’étais planqué.
« - Les gars, je sors, désarmé ! hurlai-je. Vous autres, vous bougez pas d’ici. »
  Je levai les mains, en évidence, au dessus de ma tête.
« - Désarmé, les g… »
  Un coup de feu éclata, et je retombai derrière mon muret.
« - Wow ! hurlai-je. J’obéis, là, merde ! »
  Je vérifiai s’il s’agissait d’un de mes hommes, mais non.
« - ON VEUT PAS DE FUSILLADE ! PAS DE BALLES PERDUES ! hurla une voix. »
  Ok. Y avait de l’avancement. Il y avait quelqu’un de sensé de l’autre côté.
« - Je recommence, et cette fois, me canardez pas ! criai-je. »
  Je me relevai. A nouveau. Les mains en l’air. Il n’y eut pas de coup de feu.
« - Regardez ! hurlai-je. »
  Lentement, je descendis une main vers le logo FIRAI.
« - FIRAI. Pas Ravenwood, les gars. Je suis de votre côté ! »
  Pas de réponse. J’éclatai :
« - DE VOTRE CÔTE ! »
  Une porte s’ouvrit d’un immeuble sur ma droite. Je me tournai vers eux. Une femme sortit, avec des vêtements en lambeaux, et une arme pointée vers moi. Suivie de quatre hommes.
« - Faites sortir vos hommes sans leurs armes, ou je vous abats ! hurla-t-elle.
- Ma survie personnelle n’est pas ma priorité, rien ne les oblige à obéir à cet ordre, répondis-je, calmement. »
  Enfin, le plus calmement possible.
« - Il y a un homme derrière les fenêtres des quatre immeubles qui nous entourent. Vos hommes feraient mieux d’obéir s’ils tiennent à leur survie personnelle, me répondit la femme. »
  Je marquai un moment de silence. A nouveau. Conservant un air dur et sûr de moi, car je ne voulais pas qu’elle ne me voit douter.
« - Les gars, sortez les armes le long du corps ! criai-je. »
  Ils obéirent. Tous, sauf un, qui conserva son arme levée.
«  Servanti, prévins-je. Baisse ton arme.
- Pas pour tous l’or du monde, me recracha-t-il.
- Je suis ton officier supérieure, BAISSE TON ARME ! ordonnai-je. »
  Un de mes hommes eut une réaction un peu stupide, mais efficace. Il attrapa l’arme de Servanti et le frappa au visage avec. Servanti tomba à la renverse, sans son arme, que l’autre envoya au sol. Il se tourna vers la femme.
« - Voilà, vous êtes armés. On a nos armes baissées. On n’est pas là pour faire la guerre, on est là en paix. »
  La femme regarda autour d’elle, puis fit un signe de main.
  Elle n’avait pas tort, elle avait bien des hommes cachés derrière les fenêtres, car ils descendirent des immeubles et nous entourèrent. Servanti se releva, et protesta :
« - Et là, vous êtes contents d’avoir baissés vos armes ?
- Dites-moi ce que vous faites là, et ce que vous pouvez faire pour nous. »

8h30
  Version courte de l’histoire, et la femme se présenta alors comme s’appelant Solène Sivitia. Ils survivaient ici en se cachant à chaque passage humain et en éliminant sans question chaque menace. Pratiquement chaque menace. Nous étions une des rares exceptions.
  Nous parvînmes à convaincre Sivitia et les siens du bien fondé de nos intentions. Pour ce faire, la démarche était simple.
  Ils allaient voir ce qu’on faisait pour que les Carryiens et les volontaires regagnent Carry. Que le boulot que les FIRAI faisait était justifié.
  A la gare, Solène Sivitia et ses hommes étaient devant la gare avec ses hommes et moi.
« - C’est la première fois que je suis hésitante dans ma propre ville, grogna-t-elle.
- Je vous demanderai un peu plus de confiance en vous, Madame Sivitia.
- Vous débarquez chez moi, en disant vouloir m’aider, vous vous servez de ma gare, et vous me dites maintenant quoi faire. J’ai le droit d’être hésitante. »
  Je vis le train arriver au loin.
« - Messieurs, hurlai-je à mes troupes. Préparez-vous. »

Et les habitants arrivèrent. 300 personnes à escorter entre Armelan et Carry.
****

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#9 11-04-2008 20:12:33

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Part 5 : Annexée
Jonas
120 jours après les bombes
10h

  J’avais un fulgurant flash-back du moment où j’ai dû prendre la tête de l’exode des St Martinois vers La Croisée. Sauf que cette fois, je n’étais plus empli des doutes et de mes crises existentielles de l’époque. « Pourquoi ça me tombe dessus », « pourquoi j’échoue », et tout le tralala.
  J’avais changé, évolué. Grandi. Appelez ça comme vous voulez. Je n’étais plus le pseudo-ado en crise jouant au pseudo-héros.
  Je savais ce que je faisais. Arrivé vers Carry, nous stoppâmes l’allure.
  Le Caporal suivait et encadrait la protection personnelle des Carryiens. Moi, je devais sécuriser le terrain. A l’arrivée à Carry, les FIRAI se déployèrent dans les rues. Comme à Armelan.
  Les hommes de Servanti restaient en retrait alors que le Caporal assurait la sécurité du groupe à l’entrée de la ville. Dans ce groupe était compris Bobby Lazarus.
  Pendant le temps où ils m’attendaient, je ratissai Carry qui, contrairement à Armelan, était vide.
« - Caporal Bermuda ? appelai-je à la radio.
- Je vous reçois, Co-Reg Aminati, me répondit-il.
- La zone est sécurisée. L’annexion peut commencer, annonçai-je. »

  Les habitants entrèrent alors dans la ville, entourés par le Caporal Bermuda. Le Caporal Bermuda s’approcha de moi, sur le port de Carry.
« - Vous prenez le relais, maintenant, Caporal ?
- Oui. Prahersk va faire venir deux camions avec des vivres, et nous allons commencer à ratisser les environs à la recherche d’essence. Avec l’aide des militaires de Barricade, et l’état plutôt bon de Carry, on peut espérer qu’elle atteigne le niveau de vie de Beauréveil d’ici deux semaines.
- Et dans l’immédiat ? demandai-je.
- On manque toujours d’ordinateurs, alors, en attendant, chaque habitant est venu avec son propre dossier constitué par l’administration de Beauréveil. Ils vont tous passés auprès de mes hommes qui en feront une copie sous leurs yeux. Ca va prendre un peu de temps, mais comme ça, les Carryiens seront recensés, et on pourra établir une élection. »
  J’acquiesçai. Je redoutai ce que pouvais apporter ces élections, mais une chose était à conserver : la démocratie. Je ne voulais pas, et le Triumvirat ne voulait pas, que le pays soit protégé contre son gré. Les troupes du Caporal serviraient de police à Carry, dépendante de l’autorité de Beauréveil. Mais l’administration de Carry relèvera, au long terme, d’une Mairie mise en place par les Carryiens eux-mêmes. Je redoutais que nous ne reformions le même schéma défectueux d’avant les bombes, mais nous devions poser des bases saines.
« - Vous n’avez plus besoin de moi ? demandai-je à Bermuda. »
  Celui-ci fit des signes de main à ses hommes, et dans son dos, je vis passer Malory, à qui je fis signe.
« - Vous pouvez disposer, Aminati. Bon boulot. »
  J’acquiesçai. J’ajoutai :
« - Maintenant, Mademoiselle Elimiet est sous ma charge.
- Je sais. »
  Bermuda nous tourna le dos, et Malory et moi nous dirigeâmes vers Bobby Lazarus.
« - Une étape supplémentaire dans ton grand plan de secourisme nationale, me fit-elle.
- Ce n’est pas mon grand plan, Malory. C’est celui de l’administration de Beauréveil.
- Ca sonne faux, quand t’es modeste, me dit-elle en souriant.
- Arrête, murmurai-je. »
  J’arrivai devant mes hommes.
« - Ok, les gars, notre boulot pour Carry s’arrête là. Un camion va arriver d’ici deux heures pour apporter des vivres à Carry. Il vous ramènera à Beauréveil. En attendant, remettez-vous en au commandement de Calan, mon second.
- Vous ne restez pas avec nous, Co-Reg Aminati ? »
  Je regardai Malory, puis Bobby Lazarus, qui m’avait rejoint à l’instant.
« - A partir de maintenant, je suis en mission de haute confidentialité. Désolé, les gars, mais je ne peux pas vous impliquez. Si n’importe qui vient, et vous pose des questions, vous avez interdiction formelle de répondre. Si quelqu’un d’étranger à l’administration de Beauréveil vient vous parler de Jonas Aminati, considérez qu’il n’a jamais existé. Est-ce que j’ai été clair ? »
  Hésitation.
« - Eho, je vous cause, les gars ? les bousculai-je.
- Oui, Monsieur le Co-Reg, me répondit Calan. »
  Calan avait la tête sur les épaules. C’était lui qui avait assommé Servanti. Il saurait gérer la troupe. Je lui faisais suffisamment confiance pour ça.
  Ma nouvelle attribution avait une importance autrement plus conséquente. Malory et Bobby me suivirent sur le bateau de mon oncle. Celui-là même avec lequel Malory et moi étions partis auparavant.
  Nous mîmes le bateau en état de navigation. Vérifiant l’état de chaque organe de navigation. GPS, radar, moteur, etc. Quant à Lazarus, il chargea à bord son matériel de plongée, trouvé à Carry. Dans une ville portuaire, le matériel de plongée se trouve facilement. Même après la fin du monde. Quand le moteur du bateau se mit à vrombir, qu’il reculait, et que nous sortions du port, Lazarus me fit :
« - Let’s go get the package. »

  Je dirigeai le bateau vers les coordonnées. Je n’avais plus de soucis à me faire pour les FIRAI, toutes mes pensées devaient se concentrer sur la Bombe.
« - Why did you choose the sea ? me demanda Lazarus. »
  Je lui expliquai que je voulais que la Bombe soit en sécurité sans devoir la garder avec moi. D’où l’intérêt de la mer. Il me répondit qu’il était possible de détecter la bombe par sa faible émission nucléaire à l’état stable, par détection aérienne. Je lui affirmai que je le savais et que j’espérais qu’ils imaginaient la bombe planquée à Terre, qu’il était peu probable qu’ils tentent une détection sur les zones maritimes. Lazarus acquiesça. Il était avéré que ceux qui pouvaient rechercher la bombe avaient la faculté de la voir, mais encore fallaient-ils qu’ils sachent où pointer leurs outils de détection. Je doutais, et Lazarus également, qu’ils ne pointent leurs outils sur la Méditerranée. C’était probable à 5% qu’ils n’en prennent l’idée.
  Nous nous arrêtâmes aux coordonnées. Celles-là même que j’avais mémorisées. Et, comme pour me confirmer que ma mémoire ne me faisait pas défaut, le radar détecta le trou d’eau, au fond, dans lequel j’avais glissé la Bombe, dans son tonneau de 33 galons.
  Malory me rejoignit alors que Lazarus se préparait à plonger.
« - Qu’est-ce qu’il va se passer après ? me demanda-t-elle.
- On va continuer la reprise du territoire PACA. Si Ventabren signe avec nous, les PACA seront le début du nouveau territoire gouvernemental. »
  Je déglutis.
« - Si on y arrive, Jonas… si on y arrive… »
  Elle n’osait pas terminer.
« - Alors, on aura gagné. Je crois, Malory… je crois qu’on peut y arriver. »
  Lazarus plongea alors.
****
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#10 12-04-2008 17:11:51

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Part 6 : Remontée
Jonas
120 jours après les bombes
12h

  Je déteste l’eau.
  C’était pire que de ne pas aimer l’eau. J’étais, en quelque sorte, aquaphobe. Aller dans l’eau d’une piscine ne me posait aucun problème. Mais les lacs, la mer, l’océan, me donnait le vertige et une horreur monstrueuse. Je redoutais la température, les courants, et particulièrement, ce que je ne voyais pas.
  Si j’avais été à la place de Lazarus, j’aurais certainement été paralysé à mi-chemin, incapable de descendre ou de remonter. C’est une peur qui se transforme en horreur chez moi.
  Néanmoins, je ne pouvais m’empêcher de regarder l’eau avec une certaine fascination, non dépourvue de crainte.
« - Jonas… »
  Je sursautai, sortant de ma torpeur. Les yeux de Malory plongèrent dans les miens, et je bénis le ciel que ses yeux ne soient pas d’un bleu azur, mais d’un marron profond.
  Je lui parlai de ma peur de l’eau. Un aspect de ma personnalité qu’elle ignorait encore. Un aspect de ma personnalité qui me rendait honteux et me donnait la sensation d’être faible.
« - C’est idiot de penser ça, me fit-elle. Ca me rassure que tu sois capable de me dire ce dont tu as peur.
- Pourquoi ça ?
- Quand on n’est pas capable d’en parler, c’est que ce truc nous fait peur, m’affirma-t-elle. »
  Elle me ressortait une des phrases que je lui avais dites. J’aimais cet aspect là, chez elle. Elle me donnait des leçons que je n’étais pas capable de me donner à moi-même.
« - Et, si tu m’en parles, c’est que tu me fais confiance. Et après tout, si t’avais pas peur, à quoi ça te servirait d’être courageux ? me fit-elle. »
  Je souris, plus chaleureux.
« - Tu sais que tu es mon courage ?
- C’est trop mignon, me fit-elle après une petite moue. »
  Elle m’embrassa, furtivement. Lazarus apparut alors à la surface, brusquement. Malory et moi nous dirigeâmes de l’autre côté du bateau, où il était apparu.
  Nous l’aidâmes à remonter, remontant avec lui non pas la Bombe, mais une corde épaisse.
« - Je suis dégoûté qu’on n’aie pas de poulie, ça aurait été beaucoup plus simple, fis-je à Malory.
- I extract the sand from the package, m’annonça Lazarus.
- Qu’est-ce qu’il dit ? me demanda Malory.
- Il dit qu’il a enlevé le sable, traduisis-je. Ca fera toujours un poids en moins. »
  Lazarus ôta rapidement son équipement de plongée. Il récupéra dans ses affaires un téléphone portable. Je lui demandai ce dont il s’agissait.
« - It’s a secured cell phone that helps me to communicate with Hawkins.
- You’re going to tell him you got the package ?
- Yeah. »
  Je réfléchis.
« - Wait, l’arrêtai-je. Don’t tell him yet.
- Why ?
- Jonas, qu’est-ce qu’il se passe ? »
  Je leur expliquai :
« - Avant d’avertir qui que ce soit de l’extraction de la Bombe, je veux être sûr du résultat.
- Toutes nos opérations dépendent de la Bombe, m’avertit Lazarus après traduction. Hawkins a des choses à faire avec le « paquet » de Colombus.
- Est-ce que ces opérations dépendent de cette bombe ? demandai-je. »
Hésitation de la part de Lazarus. Son air sûr était néanmoins toujours présent.
« - No.
- Wait for three days to contact him. Trust me.
- Ok. »
  Nous commençâmes à extraire la bombe du trou. A bout de bras.

Marine
13h

  J’étais avec Nicolas Descordes et le Colonel Prahersk.
« - On a eu une réponse de Carry. Les FIRAI sont rentrés en contact avec des survivants d’Armelan qui vivaient dans une politique autarcique auto-protectrice. D’après le Caporal Adam Bermuda, Armelan demanderait à signer avec l’administration de Beauréveil, annonça Prahersk. »
  Je me mis à réfléchir.
« - Beauréveil, puis Carry. Maintenant, peut-être Armelan et Ventabren. Dans combien de temps pourrons-nous espérer prévenir le siège de l’UDE ? demandai-je.
- Je ne sais pas. Tout dépend de Ventabren, me répondit Prahersk. D’après ce que vous m’avez expliqué, cette ville est sous le contrôle d’une bande de Renégats.
- Ils ont pillé plusieurs villages au lendemain des attaques. Je sais comment ils fonctionnent, affirmai-je. Je viens de là-bas. »
  Prahersk m’observa attentivement.
« - Messieurs dames les Consuls, me permettez-vous un avis objectif ? nous demanda-t-il.
- Bien sûr.
- Ventabren est un centre à double tranchant. Si vous ne parvenez pas à convaincre le village, ils resteront une zone de violence et une menace pour la sécurité publique. En revanche, si vous signez avec le village, vous aurez un allié de poids pour réorganiser une économie, mais il restera une certaine méfiance de l’UDE à l’égard de notre administration.
- Et de notre administration à l’égard des Ventabrennais, ajoutai-je, en grimaçant. »
De toute évidence, Ventabren était la grosse problématique du Triumvirat. Ca m’inquiétait, car il faudrait, à un moment ou à un autre, que je renoue avec un village que je déteste.
« - Vous allez bien mademoiselle Elgim ? me demanda Nicolas Descordes. »
  Je me repris. L’anxiété devait se lire sur mon visage.
« - Ca fait beaucoup de choses à gérer pour une personne de votre âge, me fit Prahersk.
- Non, non, c’est bon. C’est juste que je n’ai jamais porté Ventabren dans mon cœur, et pour vous dire la vérité, ce village me fait peur. »
Nicolas Descordes nous regarda tour à tour.
« - Peut-être devrions nous accélérer le mouvement quant à Ventabren. Colonel Prahersk, pourriez-vous avertir John Owardy que je voudrais réunir le Triumvirat ? demanda Descordes à l’intéressé.
- Bien sûr, Monsieur le Consul. »

Jonas
13h

  Le bateau revenait à vive allure vers le port. Lazarus restait avec la bombe, et semblait vérifier quelques petits trucs. Il voulait, selon lui, s’assurer que la bombe était stable.
« - Maintenant, tout doit se faire très vite. Vraiment très vite, hein ? me fit Malory.
- Si quelqu’un cherche la bombe, il doit certainement disposer des instruments de détection dont parlait Lazarus. Maintenant que la bombe est à l’air libre, il faut qu’on rétablisse l’ordre au plus vite, avant que la bombe soit retrouvée.
- Qu’est-ce qu’il se passera s’ils retrouvent la bombe ? me demanda-t-elle. »
  J’ai toujours réponse à quelque chose. J’ai toujours une réponse qui vient s’émerger, même hésitante, qui me permettait de considérer chaque hypothèse pour en faire sortir une piste. Mais là, chaque piste venant de cette question émanait à une chose :
« - Je ne sais pas, et ça me fait trop peur pour vouloir le savoir maintenant. »

13h30
  Nous débarquions au port le Paquet, qui allait porter indéfiniment ce nom. Un des hommes de Bermuda me demanda :
« - Qu’est-ce que c’est ?
- Il s’agit d’un colis destiné à la représentation de Beauréveil à l’UDE, répondis-je. Un colis confidentiel. Tenez, tant que vous êtes là, il y a un entrepôt à 300 mètres du Casino. Allez me chercher de quoi charger ça dans un camion.
- Je ne dépends pas de votre autorité, Co-Reg Aminati, me répondit-il.
- Ah oui ? Alors j’irai moi-même, fis-je. Pour poser des questions, vous êtes un champion, mais pour donner de l’aide, vous êtes aussi compétent qu’un castor pour aller chercher un frisbee. »
  Je m’attelais à la tâche avec Lazarus. Malory me regarda.
« - Tu as besoin de moi ? me demanda-t-elle.
- Jusqu’à la fin de ma vie, répondis-je du tac au tac. »
  Je me retournai vers elle avec un sourire.
« - Mais j’arriverai à survivre maintenant. Tu peux retourner à ton boulot. Et fais savoir à Bermuda que l’objectif est atteint. »
  Elle acquiesça, m’embrassa, puis s’en alla.
« - She’s cute, me fit Lazarus. »
  Je me retournai vers lui en souriant.
« - Lucky you, m’ajouta-t-il.
- Yeah. Yeah, Lucky me. »
  On y était. Le baril touchait le sol du port. L’autre course prenait forme.
  Lazarus m’expliqua que le soutien du Texas dépendait du contact au Texas. Pas Hawkins, mais Chavez. C’était lui qui l’informerait une fois que le Texas serait prêt à tendre la main à notre administration. Si le Texas sera prêt un jour.
  En gros, c’était Chavez qui allait déterminer l’étape suivante de la Bombe. C’était lui qui allait déterminer quand nous pourrions courir vers l’UDE avec la Bombe. J’espérais plus de réponse venant de cette bombe, qui contenait tous l’avenir du territoire, et tous les mystères qui l’entouraient.
« - Now, I can find out where it comes from, m’assura Lazarus.
- Ca fait au moins une bonne nouvelle aujourd’hui, grognai-je. Bon, on rentre à Beauréveil. »
  Lazarus me regarda, sans comprendre ce que je disais.
« - Let’s go back to Beauréveil, lui fis-je. »

14h17
  Pour l’instant, tout allait bien. Il fallait que je me concerte avec le Conseil, mais en même temps, ils tenaient à ce que je conserve le secret autour de la Bombe et des agissements qui l’entouraient.
« - Tu fais fausse route, Jonas, me fit Victor. Tu as deux jobs, il faut que tu arrives à faire la différence entre les deux.
- Sans déconner…
- Tu es Coordinateur Réglementaire des FIRAI. Et tu es Administrateur des Services de Renseignements. Le premier est indépendant, mais ses actions sont ouvertes au regard du Triumvirat, et le deuxième est dépendant de l’administration de Beauréveil, mais doit rester secret. C’est pas très logique.
- Tu l’as dit, mon gars. »
  Je n’avais rendez-vous qu’à 16h. J’avais le temps. Et Malory était au Centre Médical. Quant à Victor, son statut à la police de Beauréveil lui laissait une certaine liberté, tant que son talkie-walkie ne l’appelait pas.
  Dans l’attente, nous étions assis chez moi. Dans mon salon. J’en profitai pour manger l’équivalent de trois jours de repas.
« - C’est déjà pas normal que je sois au courant de tant de choses qui sont supposées être confidentielles, rajouta-t-il.
- La plupart de ces infos remontent à avant l’administration Beauréveillienne. Donc, tant qu’on le divulgue pas, on considère que tu le sais pas.
- C’est de bonne guerre, assura-t-il.
- Tu nous aurais imaginé en train de sauver le monde, il y a six mois ? lui demandai-je.
- Jamais. Surtout pas toi en leader charismatique.
- Je suis pas charismatique.
- Ca, tu l’as dit. »
  Je rigolai. Il avait raison, j’ai pas la carrure d’un leader. Mais tant pis. C’était ma place, dans un boulot que je faisais bien. Je devais juste y mettre de l’ordre.

16h
  La salle de réunion accueillait le Conseil complet. Le Colonel Prahersk y remplaçait Bermuda, qui assurait l’administration temporaire de Carry.
« - La prochaine étape est celle de Ventabren. Co-Reg Aminati, voulez-vous encadrer la sécurité des négociations avec Ventabren ? me demanda Descordes.
- Avec tout le respect que je vous dois, je crois que vous devriez confier cette opération aux troupes conventionnelles, intervint Prahersk. »
  J’étais surpris.
« - Je vous demande pardon ?
- Le Co-Reg Aminati est trop impliqué personnellement dans les affaires de Ventabren pour prendre le risque de compromettre les négociations.
- C’aurait été l’occasion de mettre les choses au clair avec Ventabren.
- Ils vous ont donné le nom de « Légion ». Je dois vous briefer sur les significations de ce surnom ?
- Soit. Dans ce cas, quelle stratégie préconisez-vous pour Ventabren ? demandai-je.
- Je préconise une stratégie offensive. Avant d’intenter des négociations, Ventabren doit savoir qui est en face d’elle. Si nous voulons que Ventabren signe avec nous, nous devons nous imposer face à eux.
- Dans ce cas là, ce ne sont pas des négociations, rétorquai-je. C’est une dictature. »
  Il y eut un blanc particulièrement pesant, durant lequel le Colonel Prahersk et moi nous dévisagions.
« - Vous avez donc une meilleure proposition ? me demanda Prahersk.
- Ce Conseil est réuni ici pour construite une administration étatique DEMOCRATIQUE ! affirmai-je, sûr de moi. Je n’oublie pas les horreurs dont Ventabren est coupable, et des horreurs dont ils sont capables. Mais nous devons nous comporter en tant que démocratie si c’est ce que nous voulons instaurer. »
  J’étais rarement virulent pendant un débat. Mais là… non, je voulais que la démocratie prenne le pas sur l’autocratie de Ventabren, ou la « démocratie par la force » de Prahersk.
« - Faisiez-vous donc partie des activistes des manifestations étudiantes, avant les explosions ? me demanda-t-il.
- Je sais où est ma place, répondis-je. Messieurs-dames les Consuls, je vous demande un peu de discernement. Je suis prêt à laisser les FIRAI hors du champ d’action des négociations de Ventabren. Je suis même prêt, exceptionnellement, à disposer de mes troupes sous le commandement du Colonel Prahersk pour ces négociations, en cela pourvu que sa stratégie suive les idées du Conseil. »
  Je regardai tour à tour Marine, puis Nicolas Descordes, puis John Owardy, qui ne s’étaient pas exprimés.
« - Nous avons annexé Carry. Armelan a réclamé l’annexion. Mais dans le cas de Ventabren, il s’agit d’une négociation, affirma Descordes. Messieurs, veuillez nous laisser. Mes collègues Consuls et moi-même allons débattre quant à cette question. »
  C’est ainsi que je me suis retrouvé seul avec Prahersk dans les couloirs de la Mairie. J’étais remonté contre cet homme qui conservait une façon de faire purement martial. Ce que je redoutais plus que tout, c’est qu’il ait raison. Qu’il n’y ait pas d’autres solutions que de forcer Ventabren à accepter.
  Ce que je redoutais, c’était de me tromper.
****

I'J'


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#11 14-04-2008 00:28:02

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Pour les lecteurs de cette saga, je dois avouer que, jusqu'à maintenant, j'écrivais la ligne scénaristique de la conspiration en savant plus ou moins où j'allais. Maintenant, toute la ligne scénaristique des évènements précédant et suivant les explosions mondiales sont écrites, mises à plats, et que TOUT est expliqué. La station HAARP, qui a orchestré les explosions mondiales, le lien avec les explosions américaines, pourquoi Aix était ciblée, comment les autres villes étaient choisis, pourquoi le fait que Helsinki et Marseille aient survécu est un fait crucial.

I'J', écrivant la suite


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#12 14-04-2008 15:24:12

Rashkar
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

*finit, ecrit sa chronique en attendant la suite*

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#13 14-04-2008 20:33:42

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Part 7 : Les contacts
Jonas
120 jours après les bombes
15h

« - Je serais vous, je prendrais un peu de repos après le succès de l’opération de Carry, me conseilla Prahersk.
- Sauf votre respect, Colonel Prahersk, j’ai passé les quatre derniers mois à courir sur le territoire français pour sauver cette région. Cette ville a eu tellement à faire que nous n’avons même pas été capable de voir la couleur de Noël, ou du nouvel an. Ventabren est une menace, et je leur ai causé des dégâts. Ils m’en veulent au moins autant que je leur en veux, et j’espère bien enterré la hache de guerre pour la suite de l’Histoire. En attendant, je ne me reposerai pas, à moins que la fin du monde ne survienne une fois encore.
- Vous avez beaucoup de verbe, Co-Reg Aminati. Et beaucoup d’ambition en dépit de votre modestie. Mais il serait temps que vous appreniez à voir quand les choses doivent être gérées par d’autres instances que votre décision. »
  Je ne relevai pas. Je respectai Prahersk, ses conseils et son expérience. Mais j’avais mes convictions. Je devais être impliqué dans l’affaire de Ventabren. Et il ne s’agissait pas de quelque chose personnel, à voir avec Légion.
  Ou peut-être que si, mais pas personnel. J’étais une figure importante aux yeux de cette ville. Il fallait leur montrer que Légion était du côté de Beauréveil. Parce que, si nous le leur cachions, et qu’il le découvrait, se serait pire que de les avoir contre nous. Ils nous trahiraient.
  Le Triumvirat sortit alors.
« - Nous donnerons notre délibération demain, m’affirma Marine, me regardant dans le blanc des yeux. Dans l’intervalle, nous ne pouvions rien vous dire.
- Vaquez à vos occupations. Vous avez rendez était Consul du Triumvirat. Vous avec tous le conseil demain à la première heure pour délibérer de la composition de l’équipe en charge de l’opération de Ventabren. »
  Nous échangeâmes un regard assez long, que j’essayai de traduire. Mais rien sur son visage ne trahissait le secret du Triumvirat. Elle avait beau être ma meilleure amie, elle était aussi Consul, et moi, Co-Reg. Elle n’avait pas le droit de divulguer d’informations.
  Je retournai donc, pensif, à mon bureau, au Service des Renseignements.

15h33
  L’ordinateur était une banque de données très conséquente. Je travaillais dessus, et chaque jour, je découvrais de nouvelles informations.
  Hawkins avait coupé tout contact. Depuis que Lazarus était arrivé en France, Hawkins avait coupé les ponts. Lazarus et moi étions maintenant livrés à nous-mêmes, la Bombe cachée dans l’arrière de mon bureau.
  Lazarus n’avait toujours pas appelé Hawkins, et le contact Texan, Chavez, ne donnait pas de signe de vie.
  Puis, je reçus alors un mail, venant de Hawkins. Je l’ouvris, et lus son message :
« - ASA have information about more than 25 nukes. Thought it should help you. Don’t reply. »
  J’ouvris la pièce jointe. Il s’agissait d’un rapport complet sur la provenance du matériel fissible des bombes à l’origine des attaques du 30 septembre aux Etats-Unis.
  Je me ruai vers la porte, et l’ouvris brusquement. Il y avait une employée de la Mairie dans le bureau du Hall.
« - Jessica, envoyez tout de suite quelqu’un chercher Bobby Lazarus.
- A quel sujet ? me demanda-t-elle.
- Faites leur dire que c’est très important. Voire même vital. »

15h36
J’étudiais attentivement le rapport. Il y avait une liste impressionnante. Comment se faisait-il que tant de têtes nucléaires avaient pu existé ? Ca ne me paraissait pas cohérent.
  Et pourtant. 25 têtes sur les Etats-Unis. 19 dans le reste du monde, si on compte celles dirigées sur Helsinki, et celle qui était en ma possession. Peut-être plus encore, dans d’autres villes dont j’ignorais l’état actuel. Ca ne faisait pas moins de 44 bombes qui avaient renversé l’histoire de l’Humanité.
  Je remarquai que la provenance des différentes bombes était très variée. De part le monde, quantité de matériaux fissibles avaient été créés, et avaient servi à créer des armes nucléaires. Le reste des informations était très difficile pour moi à cerner.
  Néanmoins, j’étais satisfait. Terrifié, mais satisfait. Mes recherches avançaient, grâce au concours de Hawkins. Le voile allait commencer à se lever.
  Lazarus arriva alors.
« - They told me you needed me.
- Yes, répondis-je. Please, sit. »
  Il s’assied de l’autre côté de mon bureau, et je tournai l’ordinateur portable face à lui.
« - Ce sont des documents sur les matériaux fissibles des différentes bombes au sortir de la Guerre Froide, expliquai-je en anglais. Hawkins me l’a envoyé en me disant qu’il contenait des informations allant au-delà des bombes employées sur le territoire américain.
- Ca veut dire que le nouveau gouvernement américain a au moins une petite implication dans les attentats mondiaux. Grâce à ça, je vais pouvoir déterminer où la Bombe que vous possédez a été construite. Je… »
  Le téléphone de Lazarus se mit alors à sonner. Il le sortir de sa poche, et regarda l’écran. Il parut alors très suspicieux.
« - What ? demandai-je. »
  Il ne me répondit pas. Il se leva brusquement, et répondit.
« - Who the hell is this ? demanda-t-il. »
  Je n’entendis pas l’interlocuteur. J’espérais lire sur le visage de Lazarus des reactions probantes.
« - How do you know ? »
  Encore un moment de flottement. Il se tourna alors vers moi, et m’ordonna :
« - Shut the laptop down.
- Quoi ?
- SHUT IT DOWN ! me hurla-t-il. »
  J’éteignis l’ordinateur portable, et regardai Lazarus. La tension se lisait sur chacun de ses traits. Dans ses gestes, jusque dans l’atmosphère du bureau. Il ferma le bureau à clef, et me tendit le téléphone.
« - He knows we’re here together, me fit-il lourdement. »
  Je le regardai dans les yeux, et me levai à mon tour. Je pris le téléphone, hésitant. J’étais inquiet. D’abord Hawkins nous envoyant les infos sur les matériaux fissibles, ensuite ce coup de fil… non, c’était trop. C’était trop « gros », il y avait un truc.
« - Allo, fis-je.
- C’est vous qui avez mon matériel, me fit la voix. »
  Je sursautai. Un français ?
« - De quoi parlez-vous ? Qui êtes-vous ? D’où avez-vous eu ce numéro ? questionnai-je.
- Calmez-vous. Je parle de mon ordinateur. Celui que vous employez pour communiquer avec le territoire américain. Vous l’avez trouvé dans la maison, sur la route de La Croisée, n’est-ce pas ? »
  Je frémis. Gros frisson désagréable qui me donnait la sensation que des bris de verres s’enfonçaient sous ma peau.
« - C’est vous, grognai-je. C’est vous qui suiviez la Bombe.
- Je ne suivais pas la Bombe, me répondit calmement la voix, très lourde. C’était moi qui étais chargé de la conduire et de la faire exploser à Marseille, à 2h30, le 1e octobre. »
***
I'J'


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#14 15-04-2008 10:36:31

opahl
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

houlaa irajonas, il faut que tu ailles doucement, j'ai même pas fini l'acte 1!!!roll

non, plus sérieusement, t'es bien lancé là, c'est le dernier acte??? (*au fond d'elle meme n'espère pas*)
bon pour la lecture, je te dirais plus tard parce que il faut que je termine l'acte 1 et que je commence l'acte2.

allez bon courage.


vaut mieux mourrir que d'en perdre une miette.
un jour un sage m'a dit: "un brin de bravoure pour trois grains de folie."
http://karutchev.antiville.fr
lol

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#15 15-04-2008 10:45:07

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Normalement, je pense faire uniquement une sorte de "trilogie" intitulée "In the end". après, soit je reprendrai "away from jericho" là où je l'ai laisse, soit je ferai une série de petites nouvelles dans l'univers de Jericho.

Mais, sauf erreur de ma part, "la renaissance d'une nation" devra être le dernier acte de "in the end".

I'J'


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#16 15-04-2008 13:45:25

Rashkar
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Ca serait cool de lire la suite de away from jericho.

Les persos m'avaient l'air bien barres. Comme je l'ai dis, ils risquent de mal finir

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#17 15-04-2008 17:55:35

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Ci-joint : Une carte des villes mondiales détruites, dans l'ordre chronologique

Part 8 : Fin de transmission
Jonas
120 jours après les bombes
15h40

  Le téléphone à l’oreille, j’étais comme paralysé. Je regardai Lazarus, avec un regard dur.
« - Qui êtes vous, nom de dieu ?
- Je préfère ne pas vous donner mon nom. J’ignore encore le vôtre. Mais si vous êtes avec cet homme, vos intentions doivent être louables.
- Vous le connaissez ?
- Pas directement. Mais je sais qu’il était membre de la cellule anti-terroriste de la CIA détachée au projet RedBell. Si cet homme vous suit, c’est que vous savez.
- Je sais ce qu’il s’est passé aux Etats-Unis. Je sais qui est Thomas Valente, et je sais qu’un autre organe terroriste est responsable du reste du monde.
- Vous ignorez donc de qui il s’agit, me répondit-il.
- Parce que vous le savez ? »
  Silence.
« - Vous recevrez des informations sur l’ordinateur portable dans un maximum de trois jours.
- Non, attendez ! »
  Trop tard. L’individu avait raccroché.

15h45
  Le numéro était sécurisé. Intraçable, en tout cas, avec les moyens dont je disposais. Je demandais l’avis de Lazarus.
« - We can’t trust him before we know who he is, m’assura-t-il.
- Je veux bien vous croire, lui avais-je traduit. Mais comment a-t-il pu remonter jusqu’à nous ? Comment a-t-il pu savoir où était « sa » bombe, « son » ordinateur, et que nous étions ici tous les deux ? »
  Lazarus parut pensif. Puis il eut un éclair de génie.
« - Tracking system, me fit-il.
- Quoi ? La bombe aurait un système de traçage? »
  Lazarus m’expliqua que c’était plus que probable. Que la personne qui avait commandité les attentats aurait tenu à suivre l’évolution de ses bombes. Que, sous l’eau, la bombe était intraçable. Mais, une fois revenue à la surface, elle a pu réapparaître.
« - What can we do ? demandai-je. »
  Il me proposa divers systèmes. La cage de Faraday, le plomb, le béton.
« - On n’a pas les moyens de la cacher dans le plomb, mais…
- Concrete seems to be the best idea. »
  J’acquiesçai. Nous nous attelâmes alors à cacher la Bombe plus profondément, dans les sous-sols de la Mairie. Nous avions manqué de précautions, et pris le risque de laisser la Bombe en surface.

16h30
« - We’ve been lazy, m’assura Lazarus.
- L’appel de ce type nous aura au moins permis d’être plus vigilant. Mais il va falloir redoubler de précaution, ou tous les travaux de Beauréveil n’auront mené à rien.
- I’ve been thinking. »
  Il m’expliqua qu’il pensait que ce « Monsieur X » avait pu tracer son ordinateur. Ca expliquerait qu’il aie pu détecter la présence de la Bombe et de son ordinateur chez nous. Dans ce cas, Lazarus allait travailler sur l’ordinateur pour le sécuriser, et pour essayer de retrouver la trace de Monsieur X.
« - Il a forcément dû, d’une façon ou d’une autre, marqué sa présence dans l’ordinateur pour pouvoir le détecter. En l’étudiant de près, je devrais pouvoir remonter jusqu’à lui.
- Je vous laisse carte blanche, dis-je en lui tendant l’ordinateur. »
  De mon côté, je travaillais intensément sur les cartes de la Salle des Théories. Me rappelant chacune des villes bombardées de part le monde, dont je connaissais l’existence des faits. Selon les informations que j’avais tirées de l’ordinateur, et des conversations radios que j’avais captées, il y avait eu deux attaques différentes : d’abord le territoire américain, puis le reste du monde. Dans cette deuxième attaque, il y avait eu une chronologie distincte à chaque attaque, s’étalant de 2h18 à 3h13 au 1e Octobre. Cette chronologie se séparait en 4 vagues : 2h18, 2h30, 3h, 3h13. Il y avait sûrement un sens au choix de ces villes, et à l’ordre dans lequel elles devaient disparaître.
  Aix était parmi les dernières villes à être bombardée. J’essayais de savoir pourquoi. Mon hypothèse était que la première vague ciblait les villes à puissance économique. Puis, la deuxième vague devait évincer les centres boursiers et portuaires. La troisième vague devait, à mon opinion, venir à bout des centres de croisement des lignes de transports. Mais ce qui m’échappait, c’était la quatrième vague :
  Aix, Dublin, Oslo, Hong-Kong. Ces villes n’avaient rien en commun. Mais pourquoi ? Pourquoi ces villes précisément ? Et surtout Aix, qui n’avait rien au niveau mondial ?
  Ca me dépassait. Il y avait quelque chose d’illogique dans tous ces plans, dans toutes ces cartes.
  Le seul continent qui s’en sortait sans dégâts, c’était l’Afrique. Et si…
***

I'J'

Dernière modification par irajonas (15-04-2008 17:56:34)


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#18 16-04-2008 22:05:37

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Part 9 : L’Arche
Jonas
120 jours après les bombes
19h

« - Renverser la tendance Nord/Sud, affirmai-je. »
  Malory était avec moi dans le bureau. Nous mangions ensemble, et en même temps, je lui expliquai mon hypothèse la plus probante.
« - Tous les pays atteints sont des « Nord ». Tu te souviens de nos cours de géo ?
- Les pays du Nord sont les pays développés, les pays du Sud sont des pays pauvres, se rappela-t-elle. C’est la base.
- C’est peut-être une évidence, mais… qui que ce soit qui a commandité les attentats dans le monde, c’était dans de le but de renverser la tendance Nord/Sud, d’après moi.
- Qu’est-ce qui te permet de dire ça ?
- L’ordre des attaques. D’abord, la puissance économique et politique la plus forte. Un premier organe terroriste fait tomber les Etats-Unis, et crac. Rien qu’avec ça, le monde est retourné. Et puis, il y a le deuxième organe terroriste qui s’occupe du reste du monde. Les pays du Nord ne sont pas tous touchés, mais les retombées atomiques et le bordel occasionné, ça a étendu le chaos sur toute l’Europe.
- En gros, les attaques ont détruit l’Union Européenne, c’est ça ? »
  Je grimaçai. J’avais une piste, et je m’y accrochai.
« - Les attaques auraient dû détruire l’Union Européenne. Mais il y a eu deux ratés.
- Marseille et Helsinki, ajouta Malory, comprenant la logique de mon raisonnement.
- Chaque ville était choisie pour une bonne raison. Chaque cible était stratégique. Pour que leur plan fonctionne, il fallait que chacune de ses villes soit détruite. Mais comme Marseille a survécu, les Nations Unies ont conservé un port proche du reste de l’Europe pour débarquer.
- Et Helsinki est restée une puissance économique en reconstruction. »
  J’acquiesçai. Malory souriait.
« - Tu y arrives.
- A quoi ? demandai-je.
- Tu te mets dans leur tête. C’est comme ça que tu sais quoi faire, c’est comme ça que tu devines les raisons pour lesquelles ils ont fait ça. »
  Nouvelle grimace désappointée de ma part.
« - Il y a encore plein de zones d’ombres. A commencer par la question : qui a…
- Commandité les attentats, et comment, termina Malory. »
  Je me tus. Nous nous regardâmes. J’étais assis derrière le bureau, elle, sur le bureau. Le regard perdura. Un long moment.
« - Pourquoi tu me racontes tout ça à moi ? me demanda-t-elle.
- Tout ce que j’apprends, je dois le garder secret jusqu’à ce qu’on décide que les gens sont prêts à l’entendre. Tout ça… c’est lourd pour une seule personne. J’ai besoin de le partager avec quelqu’un… avec toi. »
  Nouveau temps de silence. Elle s’approcha, et s’assied en travers de mes cuisses.
« - Tu veux vraiment partager tout ton univers avec moi ? me demanda-t-elle.
- Il y a des filles qui trouvent les mecs mystérieux « sexy ». Mais je ne veux pas avoir de secrets pour toi.
- Les mystères, c’est marrant seulement au début, me répondit-elle. »
  Elle se blottit contre moi.
« - Ton univers est flippant, mais ça me plaît de le partager, ajouta-t-elle. »
  Je souriais. Et quelqu’un frappa à la porte. Malory se dégagea, et j’invitai :
« - Entrez. »
  Lazarus entra avec l’ordinateur. Il arborait encore cet air inquiet du type toujours perdu dans les théories paranoïaques.
« - What’s wrong ? lui demandai-je.
- It’s Mister X, me répondit-il. He sent you something. »
  Je me levai. Lazarus posa l’ordinateur sur le bureau et m’ouvrit l’écran. Un dossier s’afficha alors à l’écran. Il portait un logo en rond, avec, en son centre, une arche de pierre.
« - C’est quoi, ça ? demanda Malory.
- Il nous avait dit trois jours, fis-je à Lazarus. He said « three days ».
- I know, this is why it’s weird. I’ve never heard of it, me répondit-il.
- Jonas… commença Malory.
- On a reçu un appel venant d’un type qui prétendait être chargé de la bombe de Marseille. Tu te souviens, la maison où on a trouvé l’ordinateur ?
- Là où on a retrouvé un corps charcuté. La maison où on a vu les photos qui suivaient la bombe, continua-t-elle.
- Je sais pas qui était ce corps, mais à mon avis, c’est l’homme que nous avons eu au téléphone qui fliquait la bombe. Dès qu’on l’a remonté, il a su qu’elle était là, et que Lazarus était là.
- Tu penses que c’est une menace ? me demanda-t-elle.
- J’en ai sincèrement aucune idée. Il suivait la bombe, ça veut dire qu’il sait le parcours qu’elle a suivi. Mais il a pas réagi avant que la bombe remonte. Si il la fliquait, il aurait pu la récupérer lui-même en Méditerranée.
- Tu m’as dit qu’elle n’était pas détectable sous l’eau, me contredit-elle.
- Peut-être que j’avais tort. »
  Lazarus ajouta que Monsieur X pouvait avoir fliqué la bombe et l’avoir ciblée en Mer aux coordonnées où elle a disparu, mais comme il ne l’a pas récupérée, le mystère reste complet.
« - Et ça, c’est quoi ? me demanda-t-elle.
- She’s too curious, me fit Lazarus.
- No, she’s not, contredis-je. »
  Je regardai le dossier intitulé « l’Arche ». Je refermai l’ordinateur.
« - Je travaillerai dessus plus tard. Il s’est passé trop de trucs aujourd’hui, j’ai besoin de décontracter. Thank you, Mr. Lazarus, fis-je à Lazarus. »
  Il me regarda, comme s’il était déçu. Il grogna, et prit congé. J’échangeais un regard incrédule avec Malory.
« - C’est un nouveau mystère. »
****
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#19 17-04-2008 12:33:47

Rashkar
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

*continu a suivre*

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#20 20-04-2008 16:48:21

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Part 10 : Le choix stratégique
121 jours après les bombes
9h

« - Le Consul a délibéré, annonça Descordes. Et nous avons décrété que les troupes du Colonel Prahersk assureront la bienséance des négociations. »
  Je donnai un léger coup de poing contre la table, mais n’exprimai pas davantage mon mécontentement.
« - On pense que tu t’es trop investi, émotionnellement parlant, avec Ventabren, pour pouvoir prendre en charge correctement les opérations, ajouta Marine.
- Trop investi émotionnellement parlant ? répétai-je avec énervement.
- We all know how they affected you, ajouta John Owardy.
- Je sais que vous le savez, rétorquai-je. Mais… »
  Je croisai le regard de Marine, qui m’obligea à me taire. Elle me connaissait par cœur. Elle savait mes réactions, ma nature. Elle savait m’anticiper. Si une personne savait ce que je devais faire ou pas, c’était elle. Alors, peut-être qu’ils avaient raison. Peut-être que je devais rester loin de Ventabren, cette fois.
« - Ok. Ok, fis-je, remué par quelque gestes nerveux. Dans ce cas… Colonel Prahersk, vous pourriez nous éclairer sur votre stratégie ?
- On va suivre les instructions de Julien Ford. C’est lui qui veut négocier avec Ventabren. Tant que les choses se passent bien, je laisserai Monsieur Ford s’occuper de son travail comme bon lui semble.
- Et en cas de crise ? demandai-je.
- Je sais vos méfiances, Co-Reg Aminati. Mais je sais aussi que Mademoiselle Elgim a vécu dans ce village, connaît sa géographie et comment les Renégats fonctionne. J’écouterai ses conseils avisés, ce qui devrait vous rassurer. »
  J’acquiesçai. Le conseil se tourna alors vers Katia.
« - Mademoiselle Neuwer, si les négociations viennent à conclure, vous aurez la responsabilité d’assurer la logistique des transports de marchandise. Pensez-vous avoir les moyens de… »
  Ils repartirent sur des discours commerciaux. Des trucs dans lesquelles je n’y entravais que les mots « profits » et « pertes ».
  L’attitude de Prahersk était illisible. Même pour moi. Il n’était pas insensible au fait qu’il avait « gagné » l’opération Ventabren, mais il ne montrait aucun signe satisfait. Qui plus est, il semblait déjà en train de penser à son opération avant même que je lui ai « mis en exergue » les données dont il parlait.
Quant à Katia, elle était maintenant à la charge d’une nouvelle responsabilité. Elle l’accepta sans broncher.

10h
  Je sortais de la salle du Conseil, d’un pas décidé.
« - Jonas ! m’appela Marine. »
  Je ne m’arrêtai pas. Je continuai, très contrarié.
« - Jonas ! répéta-t-elle. »
  Les autres du Conseil me passèrent devant alors que je me retournai. Marine m’attrapa par le bras, Descordes et Owardy à ses côtés. Me passèrent devant Prahersk, Katia, Victor, Julien Ford, ainsi que le responsable des énergies non renouvelables.
« - On a à te parler, Jonas, m’affirma Marine.
- D’un truc où je suis pas trop investi émotionnellement, j’imagine, rétorquai-je froidement. »
  Elle me regarda avec dureté.
« - Qu’est-ce qu’il y a ? demandai-je sèchement.
- On sait comment le colonel Prahersk fonctionne. On connaît son comportement, on sait qu’il m’écoutera, me répondit-elle. Je lui dirai quoi faire. Alors arrête ta putain de crise de nerfs et écoute-nous. »
  Je me calmai. J’inspirai un grand coup.
« - Ca va, qu’est-ce qu’il y a ? demandai-je à nouveau.
- On a besoin des FIRAI, et donc de vous, ici, à Beauréveil, affirma Descordes.
- Pourquoi ? questionnai-je. »
  Finalement, j’espérais bien que Prahersk allait bien prendre en main Ventabren. Cela restait mon problème. D’une certaine façon, tous ce qu’il se passait dans cette ville, dans cette région, était mon problème. « T’as le poids du monde sur tes épaules », me disait ma mère. Voilà que c’était ma fierté, maintenant.
  Alors, ils m’expliquèrent que leur radio à ondes courtes avait capté un signal en provenance du Vaucluse. Ils voulaient m’affecter à cette opération. Ou, tout du moins, me proposer d’y participer, dans la mesure où les FIRAI sont indépendants de la juridiction Beauréveillienne.
« - Pourquoi vous me proposez ça à moi ? leur demandai-je.
- Parce que t’es vachement sexy en uniforme, me rétorqua Marine. »
  Je haussai les sourcils.
« - on te fait confiance cette fois, ajouta-t-elle avec un sourire. On sait que tes troupes ne sont pas sous nos ordres, mais on compte sur toi et tes troupes. »
  Et, au risque de répéter une phrase qui me devenait propre :
« - Sans déconner… »

12h
  A la maison, j’arrivai, à quelques secondes près, en même temps que Malory.
« - Tu tombes bien, me fit-elle. Quand je suis parti, ce matin, j’ai pas réussi à allumer le gaz. Je crois que la bouteille est vide. »
  Je grognai.
« - On est en manque de gaz, en ce moment, on va devoir se débrouiller autrement, répondis-je.
- Acheter un micro-onde ? demanda-t-elle. »
  Je la regardai avec surprise. Elle sourit.
« - Ok. Trouver un micro-onde, rectifia-t-elle. »
  J’ouvris la porte, et elle entra. Je la suivis. Je pris le temps de vérifier le gaz.
« - C’est vide, ouaip, confirmai-je. On va pas pouvoir se faire un repas du diable.
- C’est pas encore demain la veille, ça, Jonas, rigola-t-elle. »
  Nous nous posâmes, tranquillement, quelques instants.
« - J’ai une mission urgente cette après-midi dans le Vaucluse. Si tu veux m’accompagner, il faudrait que j’aille prévenir le Centre Médical tout de suite. En plus, il nous faut une assistance médicale d’urgence.
- Non, cette fois, ça ira. »
  Je m’étonnai.
« - Tu ne veux pas…
- Je sais ce que tu penses, me coupa-t-elle. Mais pour une fois… j’ai besoin de me poser un instant.
- Et… tu ne m’en veux pas, de partir encore ?
- C’est ton boulot, et j’ai envie que tu me manques… »
  Je me mis alors à rire.
« - Quoi ? qu’est-ce qu’il y a.
- Rien. Tu es géniale. C’est tout. »

15h30
  J’étais à la place passager du Hummer, qui avançait sur la route de Pertuis, à l’horizon des débris du village de St Martin. En voyant la silhouette du village fantôme, au loin, je me demandai s’il était possible qu’un jour, St Martin revienne à la vie. Ravenwood avait vraiment rasé la ville. Le château dominait toujours le territoire, mais il n’était plus que ruine. Un héritage ancestral dévasté par la fureur de Ravenwood d’avoir perdu le contrôle du village.
  Je me demandais encore comment pouvait-il exister des gens capable de cette violence gratuite. Il n’y avait pas de raison de détruire St Martin pour eux, sinon la logique égoïste de l’homme : « puisque je ne peux pas l’avoir, personne ne l’aura. »
« - Vous croyez qu’on pourra faire quelque chose pour St Martin, Co-Reg ? me demanda le conducteur.
- Un jour peut-être. Mais on a encore du temps devant nous, et des priorités bien définis. On en est où de notre point de destination ? voulus-je m’informer.
- A approximativement dix minutes. On a passé la frontière des Bouches-Du-Rhône, on va arriver sur Pertuis. La Tour d’Aigues est tout près. »
  J’appuyai sur ma radio.
« - Co-Reg Aminati aux FIRAI, m’exclamai-je. Je veux les véhicules Un et Trois avec moi dans le centre-ville. Deux, Quatre, vous me faites un tour de la ville et vous m’assurez que la zone est sécurisée. Cinq, vous vous postez à l’entrée de la ville.
- Reçu, Co-Reg. »
  Je regardai le paysage. J’étais froid. Nous n’avions qu’à peine traverser le Vaucluse avec Bermuda quand nous nous sommes dirigés vers Barricade. La question qui ne cessait se retourner dans ma tête, c’était « qu’est-ce que nous allions bien pouvoir trouver en arrivant à la Tour d’Aigues ? » Surtout qu’ils avaient été atteints par l’épidémie en provenance d’Espagne. La variole. Ou tout du moins, une variante de la variole, renommée « Variole du 1e Octobre. »
  J’étais là pour ça. Parce que mes troupes étaient vaccinées. Et parce que nous étions, probablement, le dernier espoir de la tour d’Aigues.

****
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#21 26-04-2008 01:09:15

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Part 11 : Arrivée des problèmes
121 jours après les bombes
16h

« - Sacré nom d’une merde ! m’exclamai-je. »
  Les rues étant vides, je m’étais instinctivement tourné vers la Mairie. Mais non, le bâtiment était désert. Toutes les maisons étaient désertes. Tout, il n’y avait personne nulle part.
« - Co-Reg Aminati, Un et Trois ont fait le tour du centre-ville et n’ont trouvé personne. On attend toujours Deux et Quatre au rapport, m’annonça mon second.
- Ratissez-moi la ville et trouvez moi où ils se sont réfugiés. Le Triumvirat n’a quand même pas reçu un appel fantôme, nom de Dieu ! m’exclamai-je.
- On peut essayer de les recontacter, me proposa Calan. L’équipe Quatre a une radio à ondes courtes.
- Ok, faites ça, approuvai-je. Contactez Quatre et dites-leur que…
- Co-Reg ! Co-Reg ! hurla une voix paniquée. »
  Je me tournai dans la direction dont provenait la voix. Je partageai un regard d’un instant avec Calan, et nous courûmes dans cette direction, suivi du reste de mon groupe.
  En retrait, devant le château de la Tour d’Aigues, se tenait l’équipe Un, composée de cinq personnes levant haut leurs armes. Plus haut que la normale.
  Un rugissement, et je vis ce qu’ils tenaient en joue. Je levai mon arme à mon tour, soudain pris d’une nervosité grandissante.
« - Nom d’une saloperie, qu’est-ce que ce truc fout là ? m’exclamai-je.
- Silence, me conseilla un homme sur le côté. On doit pas l’effrayer. »
  Ca ne m’empêchait pas de garder mon arme levée. Ce truc n’était rien à foutre ici.
« - Il y a le parc naturel du Luberon pas loin, m’intima Calan.
- Il n’y a pas d’ours brun dans le parc du Luberon ! répondis-je. »
  Un ours brun se tenait donc devant nous, à quatre pattes, nous regardant avec intensité. Il poussa une sorte de grognement sonore, et se leva sur ses pattes de derrière.
« - Put… commençai-je.
- Attendez, attendez, continua l’homme qui m’avait conseillé le silence. »
  L’ours tourna la tête et regarda derrière lui. Il retomba alors sur ses pattes de devant et poussa un rugissement. Il se mit alors à charger.
« - Dégagez ! hurlai-je. Dégagez, laissez le courir, dégagez ! »
  Nous dégageâmes, à part un de mes hommes, qui resta pétrifié de terreur dans la trajectoire de l’ours brun. Il voulut prendre ses jambes à son cou, mais perdit l’équilibre.
« - Nom de…
- Hervé ! hurla quelqu’un. Bouge, bouge, bouge ! »
  Il se traîna au sol alors que l’ours chargeait.  Il fut alors percuté par la patte de l’ours et roula sur le côté en hurlant.
« - Laissez-le ! hurlai-je. Attendez ! »
    L’ours continua sa course, puis se retourna. Il se leva sur ses pattes de derrière, secouant avec maladresse ses pattes de devant. Il poussa un grognement, nous dominant de toute sa hauteur.
« - Tirez-pas ! »
  Trop tard. Geste nerveux, j’appuyai accidentellement sur la gâchette et l’ours reçut la balle dans la hanche. Il rugit de douleur et retomba, s’écroulant lourdement.
« - Merde ! hurlai-je, rageant. »
Il se releva, en colère, s’avançant dangereusement vers mes hommes.
« - Ne gaspillez pas vos balles ! Calan, visez la tête ! La tête ! »
  Un coup de feu, la balle n’atteint pas sa cible.
« - LA TÊTE, CALAN ! hurlai-je. »
  Je tirai en même temps que lui. L’ours reçut une balle dans le ventre, et une balle dans la tête. Il rugit, une dernière fois, dans une superbe sauvage et agressive. Puis, se perdant dans les airs, son rugissement s’éteint, en même temps qu’il s’écroula, de toute sa masse, sur le légionnaire blessé.

16h07
« - Co-Reg Aminati à équipe Trois, venez aussi vite que vous le pouvez devant le château de la Tour d’Aigues. On a un blessé grave, je répète, on a un blessé grave.
- Reçu, Co-Reg Aminati. On arrive le plus vite possible, me répondit le médecin-chef. »
  Je m’agenouillais devant le corps du légionnaire, prénommé Hervé, dont les jambes étaient bloquées sous le corps inerte de l’ursidé.
« - Rassemblez-vous, les gars ! hurlai-je.
- Vous voulez soulever ce truc ? me demanda Calan.
- On va pas laisser Hervé là-dessous, bordel ! m’exclamai-je.
- Mais… hésita un homme. Il est vraiment mort. »
  Je me relevai.
« - En fait, maintenant que tu le dis, j’ai un doute. Tu devrais aller vers sa gueule et vérifier son pouls. »
  J’étais sec, mais je n’avais pas envie de discuter. J’étais nerveux. De ne pas savoir d’où sortait cet ours, qui n’était pas dans son environnement. Les Pyrénées étaient loin, alors qu’est-ce qu’il foutait là ? Mais qu’est-ce qu’il foutait là ?
« - A trois, les gars, hurlai-je. Un…
- Deux, continua Calan.
- Trois ! criai-je. »
  Nous tentâmes de soulever l’ours, sans succès. Nous recommençâmes une nouvelle fois, puis encore. Et là, nous parvînmes à le soulever, légèrement, suffisamment pour qu’un des hommes viennent tirer Hervé de sa situation. Le légionnaire hurlait de douleur.
« - Mes jambes, putain, mes jambes ! »
  J’ignorais si la chute de l’ours avait eu un impact sur l’état d’Hervé, mais sa jambe était ensanglantée au travers du tissu.
  Je tombai à la renverse alors qu’on lâchait l’ours. Je vis alors des silhouettes canines bouger dans les buissons, en retrait, repartir au loin. Sauf que c’était trop gros pour être des chiens.
« - Des loups, affirma Calan.
- Ca explique pourquoi l’ours a chargé, répondis-je. Il attaquait pas, il fuyait.
- Mais qu’est-ce que des loups font dans la Tour d’Aigues ? questionna un de mes hommes.
- J’ai une hypothèse, fit Calan. »
  Je me tournai vers lui, en même temps que j’entendais le bruit d’une camionnette qui arrivait.
« - On a l’équipe médical en vue, Co-Reg, m’annonça-t-on. »
  Je me tournai vers Hervé, qui grimaçait de douleur. Il en chialait même. Je lui attrapai le bras, et l’épaule.
« - Les secours arrivent, mon gars. Ils vont s’occuper de toi. »
  Tout ça, c’était ma faute. J’avais pas géré avec l’ours, j’avais fait n’importe quoi. Par appréhension, par incompréhension, et c’était ce gars, Hervé, qui en subissait les conséquences.
« - Monsieur, on a détecté une activité dans le château, m’informa Calan.
- Où ? demandai-je.
- Derrière les fenêtres. »
    A peine je me retournai vers le château que je vis une personne ouvrir une fenêtre. Je regardai avec plus de distinction. Je distinguai un visage. Un fusil. Un coup de feu.
« - Ouh putain ! m’exclamai-je.
- A couvert ! hurla Calan. »
  Je tombai au sol alors que d’autres coups de feu résonnaient. C’était le chaos, et je n’avais aucune idée de ce qu’il se passait. J’étais purement et simplement terrifié.

Marine
121 jours après les bombes
16h07

  Prahersk rassemblait ses hommes sur la place principale. Ils s’apprêtaient à partir. En arrière plan, je pouvais voir un sculpteur s’activer là où nous avions fait brûler un grand feu, dès notre arrivée à Beauréveil. Le sculpteur avait fait venir un bloc de pierre, ou de je sais pas trop quoi, et entreprenait d’y sculpter un monument commémoratif, en la mémoire des disparus des explosions.
  Autour de lui s’activaient les camions de Prahersk. J’étais un peu appréhensive. Prahersk était quelqu’un d’extrêmement ambigu. J’ignorais s’il allait mener l’Opération de Ventabren à bien, aussi lui avais-je clairement fait comprendre ceci :
  Ventabren doit nous rejoindre de son plein gré et non de force. J’espérais sincèrement que Prahersk l’avait compris. J’aperçus Julien Ford, et m’avançai jusqu’à lui.
« - Monsieur Ford, appelai-je. »
  Il se retourna, et me regarda.
« - Oui, Consul ? me demanda-t-il.
- Appelez-moi Mademoiselle Elgim. Ou même Marine. Enfin bref. Vous savez dans quoi vous vous lancez, n’est-ce pas ?
- Je sais ce que veut le Triumvirat, m’assura-t-il. Mais j’aimerais que cela relève davantage de ma volonté, que de celle du Colonel Prahersk.
- Je suis désolée de vous l’imposer, mais vous aurez besoin d’une protection militaire. Nous savons comment Ventabren réagit aux menaces extérieures. Ils sont virulents. Ils tirent d’abord, et ils s’expliquent après, fis-je. Ecoutez, Monsieur Ford… quand vous serez sur place, n’ayez pas peur de prendre le Colonel de haut. Faites lui comprendre qu’il n’est pas le chef, qu’il assure seulement le service de sécurité.
- Vous ne lui faites pas confiance ? me demanda-t-il. »
  Je réfléchis avant de répondre. Je n’avais pas confiance en grand monde. Seulement en les gens avec qui j’avais survécu. Et encore. Les temps de crises révèlent ce qu’il y a de pire chez l’Homme. Pouvais-je vraiment compter sur les gens qui m’entouraient, si demain, le chaos des bombes devaient se renouveler ? Nous avions eu la chance, de probabilité minime, de nous retrouver dans le village de La Croisée lorsqu’il était encore stable. Nous avions réussi à reconstruire une juridiction stable, grâce aux militaires, grâce aux Carryiens, grâce à Jonas, et grâce à la chance. Tout pouvait s’effriter. La plus grande menace était bien sûr Ravenwood. Ce qu’ils étaient capables de faire.
« - Tenez vous en simplement au plan, répondis-je. Négociez avec Ventabren. Proposez leur l’amnistie, et des privilèges à la douane.
- Vous pensez qu’ils vont accepter ?
- Je ne sais pas. Ce sont des Renégats, ils chercheront à y voir leur intérêt. Ils espèrent sans doute abuser de notre bienveillance. Essayez de miser là-dessus. »
  Julien Ford acquiesça, et rejoint les militaires. Prahersk donna l’ordre de partir. Alors, ils partirent.
  Victor avait dégagé, en menant la police locale, la route devant les militaires. Il sécurisait également leur sortie, avant de retourner à leurs prérogatives. Pour ma part, je retournai dans la salle de Conseil.
  Nous n’y étions que trois. Nicolas Descordes, John, et moi. Nous nous regardâmes.
« - Les projets avancent bien. On peut espérer une soutenance devant le siège de l’UDE d’ici deux mois, selon mes estimations, m’informa Descordes.
- Vous m’avez l’air bien confiant à ce sujet, affirmai-je en m’asseyant.
- Trop confiant, ajouta-t-il. Nous n’avons pas de plan de secours, en cas de problème. Et un problème, il y en a un qui va arriver. »
  Je regardai Descordes.
« - What’s wrong ? demanda John Owardy.
- La météo, répondit Descordes. The weather. J’espère me tromper, mais il y a de fortes chances que les vents nous apportent des pluies violentes, voire de la grêle, dans les jours à venir.
- Et ? demandai-je.
- Les infrastructures sont encore fragiles, me répondit-il. Surtout les conduits électriques, et l’eau potable. Je crains que la météo viennent poser des problèmes.
- A quoi on peut s’attendre ? demandai-je.
- Des inondations. De grosses inondations. »
*****
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#22 30-04-2008 22:15:22

irajonas
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Re: ACTE 3 : La renaissance d'une nation

Part 12 : La Variole du 1e Octobre
121 jours après les bombes
16h15

  D’un seul coup, les coups de feux cessèrent.
« - Nom de dieu ! hurlai-je. »
  Je restai à terre. Je vis des hommes aux fenêtres, tenant des fusils fermement dans notre direction.
« - Vous pouvez vous lever ! nous hurlèrent-ils. Ils sont partis !
- Qui est parti ? hurlai-je. »
  Je me relevai, hésitant, regardant dans leur direction. Quelque chose clochait, sur leur visage. Mais je n’arrivais pas à voir quoi.
« - Les loups ! Ils sont partis ! »
  Je me relevai, fou de rage. Peut-être à cause des nerfs.
« - Ces types sont fous ! m’exclamai-je.
- Au moins, on sait qu’ils sont de notre côté, me répondit Calan. »
  Je le regardai, puis entendit des bruits de moteurs. Le dernier véhicule en ville arrivait.
« - Ils arrivent après la guerre, eux, grognai-je. »
  Les habitants ouvrirent alors les portes du Château. Je fis signe aux troupes de se rassembler. Le chaos se terminait enfin. La carcasse de l’ours reposait derrière nous, inerte. L’équipe médicale se dépêchait de porter les premiers soins à Hervé. Un homme sortit du Château, et vint nous accueillir. J’essayai alors de réprimer un gémissement de dégoût.
  Son visage était partiellement recouvert de pustules repoussantes. Certaines d’entre elles avaient été percées, donnant à l’individu un aspect très difficile à supporter au regard.
« - Oh mon dieu, lâcha Calan involontairement.
- Calan, réprimai-je.
- Ca ira, me fit l’homme. On a été habitué à ce genre de réactions.
- C’est contagieux, ce… truc ? demanda un homme.
- On a été vacciné contre la Variole du 1er Octobre, Monsieur Roland, répondis-je. Vous ne risquez rien. »
  L’individu se présenta alors.
« - Gérard Carsellier. C’est moi qui ai formé le SOS que vos dirigeants ont reçu.
- Enchanté, monsieur Carsellier, fis-je. Je m’appelle Jonas Aminati. Je suis le Coordinateur Réglementaire